‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 10Chapitre 57 sur 101 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LE CHŒUR , seul.

Fille de Cérès , divine Hécate , qui règnes sur les spectres nocturnes et sur les fantômes du jour, verse toi-même la coupe empoisonnée , et dirige les pas du vieillard envoyé par mon auguste reine; . que le sang venimeux tiré des veines de la Gor- . gone prévienne un coupable attentat, et que le trône d'Erechthce ne soit point occupé par un usurpateur.

S'il échappe à la vengeance de ma souveraine, si !e succès ne couronne point l'audace de la fille d'Erechthée, le fer ou le lacet fatal la déroberont à la honte ; les maux , en s'accumulant sur sa tête , . l'arracheront pour jamais à la vie et à la douleur. Pourrait-elle supporter la vue d'un étranger devenu son maître, et dégrader son illustre naissance?

Quelle honte pour le dieu qu'Athènes honore par des hymnes saints * , si ce jeune inconnu se mêle à ses mystères, s'il voit briller le flambeau des Icades'^ près des sources pures où l'on célèbre les danses sacrées , à l'ombre de ces nuits solen-

' Bacchus.

' On appelait icade ( du mot mayt , vingt) un des jours des grands mystères ou des grandes fêtes de Cérès et de Baccbus. Les «étrangers et les enfans illëgitimes ne pouvaient pas y assister.

Qoo^^

?So ION ,

celles, où réther radieux, sorti du sein de Jupiter, conduit le chœur brillant des astres lumineux ; la lunese joint à ce chœur auguste; les cinquante filles de Nërëe dansent au fond des eaux et dans les gouffres des fleuves éternels^ pour honorer la déesse qui porte une couronne d*or , et sa mère, objets de la vénération des mortels'. Cest là qu*espère régner^, et s'emparer des fruits d'une vertu qui lui est étrangère, un vagabond qu'Apollon protège ! 0 vous , qui par vos chants insultez à noti*e sexe , et l'accusez sans cesse d'inconstance et de perfidie ; voyez combien les hommes sont plus injustes et plus infidèles ! C'est sur eux seuls que doivent retomber vos reproches et vos outrages. Un prince issu du sang de Jupiter^ se rend coupable de la plus noire ingratitude ; il oublie une tendre épouse; au lieu de mettre son bonheur à le partager avec elle, il l'a cherché dans les bras d'une autre , et veut élever sous ses yeux le fruit de cet indigne amour !

' Proserpine et Cërés.

' Régner, -pent^éire présider» On nommait Basiteus , roi, celui qui présidait aux mystères.

3 Xuthus. •

PHï DU TROISIÈME ACTE.

»»»%»<»(»»%»<%»»»»»»»»'»WMJ>%»»»»»»»»%^(»»»W»»tH^MM<WM^»l<»M»»WM^^^<Mi»»MW»MM*<»%^W>

Page 1