‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 10Chapitre 62 sur 101 · MS PRÉCÉDENS , LA PYTHIE · texte numérisé non relu

MS PRÉCÉDENS , LA PYTHIE

LÀ PYTHIE

Arrête , mon fils ! entends la voix de la prêtresse d'Apollon , qui quitte le trépied fatidique pour t'adresser la parole. C'est moi que Delphes honore ^ comme la fidèle dépositaire des oracles du dieu»

' On couTrait les autels de couronnes et de guirlandes :

Araque gramineo y iridis de cespite fiât , •

£t yelet tepidos neza corona focos, Oykl. Trist.y ,^

tnAGÉDiJB d*euïiipide; 297

ION

Je TOUS salue ^ 6 mère chérie! 6 vous, h qui la tendresse et les soins donnent sur moi les droits de la nature.

LA PYTHIE

Je reçois avec joie le titre que ton cœur me

donne.

low.

Vous savez sans doute les noirs complots que eette femme trame contre moi ?

LÀ PYTHIE

Je les connais 9 et je blâme ta rigueur.

ION

Dois*je épai^ner celle qui a youlu me perdre?

LÀ PYTHIE

Les enfiaoïs nés d'une étrangère sont toujours odieux à une épouse.

lONi

Et moi> je hsds une marâtre qui m'a choisi pour sa victime.

LÀ PYTHIE

Non, mon fils; quitte ce temple, suis ton père.

ION

Quel est donc le conseil que je reçois de votre prudence?

298 lOW,

LA FSTBIE.

CTest Athènes qui t'appelle; pan innocent et sous d'henreux auspices.

ION

C'est partir innocent que de paitir venge.

LA. PYTHIE

Reviens de ton erreur, et prête Foreille à ma voix.

ION

Oui, je suis prêt à vous entendre : et que pourriez-vous dire, qui ne fiit inspiré par l'amour et la bienveillance?

LÀ PYTHIE

Je viens mettre sous tes yeux un trésor digne que tu le considères.

ION

Quelle est cette corbeille antique, ornée de bandelettes?

LÀ PYTHIE

C'est celle où tu étais enfermé , lorsque je te trouvai et que je te pris dans mes bras.

ION

Quel est ce mystère dont vous avez tant tardé à m'instruire?

LÀ PYTHIE

J'ai dû me taire ; il est temps dé parler.

TRAGÉPIE D*EURIPIDE. 299

Quelle raison....

LA. PTTHIE.

Le dieu voulait cjue tu le servisses dans son temple.

ION

Pourquoi mon ministère a-t-il cessé de lui être agréable? à (juel signe puis-je connaître ce qu'il ordonne? t

LA. PYTHIE

Il a nommé ton père , et veut que tu suives ses

pas.

ton.

Est-ce pat" son ordre que vous avez conservé ce monument de ma naissance ?

LA. ï»tTflIÉ.

Ses inspirations m'ont dirigée.

ION

Que vous ont-elles prescrit? achevez. ...

LÀ PTTBIE.

De conserver ton berceau jusqu'à ce jour.

ION

Quel bien en puis-je espérer?

LA PYTHIE

Il renferme des choses dont tu sentiras bientôt le prix.

3oo loir,

Y trouverai-je des indices de celle à qui je dois la vie?

LÀ PYTHIE

Voici l'instant où le dieu veut qu'ils te soient présentes.

ION

0 spectacle cher à mon eœur! 6 jour trop fortuné !

LÀ PYTHIE

Prends et cherche en tous lieux celle qui t'a donné le jour. Parcours l'Europe et l'Asie , et ne t'en fie qu'à ton zèle. Mon respect pour le dieu que je sers, me fit un devoir des soins que j'eus de ta tendre enfance ; je te rends ce gage précieux qu'il voulut que je conservasse par un mouvement libre de mon cœur; mais il n'est pas en mon pouvoir d'expliquer la raison de sa volonté sainte. Nul mortel n'eut connaissance du dépôt que je te confie. Adieu, reçois les vœux de ma tendresse maternelle, et sois docile à mes conseils. Examine d'abord si ce n'est point une citoyenne de Delphes qui t'a donné le jour, qui t'a exposé dans ce temple : si tu ne trouves point ta mère en ces lieux , cherche parmi les autres Grecques* Voilà ce que je devais te prescrire et ce que te dit par ma bouche Apollon^ qui s'intéresse à ton sort.

«OTRAGÉDIE d'eURIPIBE. 5oi

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