MS PRÉCÉDENS , LA PYTHIE
LÀ PYTHIE
Arrête , mon fils ! entends la voix de la prêtresse d'Apollon , qui quitte le trépied fatidique pour t'adresser la parole. C'est moi que Delphes honore ^ comme la fidèle dépositaire des oracles du dieu»
' On couTrait les autels de couronnes et de guirlandes :
Araque gramineo y iridis de cespite fiât , •
£t yelet tepidos neza corona focos, Oykl. Trist.y ,^
tnAGÉDiJB d*euïiipide; 297
ION
Je TOUS salue ^ 6 mère chérie! 6 vous, h qui la tendresse et les soins donnent sur moi les droits de la nature.
LA PYTHIE
Je reçois avec joie le titre que ton cœur me
donne.
low.
Vous savez sans doute les noirs complots que eette femme trame contre moi ?
LÀ PYTHIE
Je les connais 9 et je blâme ta rigueur.
ION
Dois*je épai^ner celle qui a youlu me perdre?
LÀ PYTHIE
Les enfiaoïs nés d'une étrangère sont toujours odieux à une épouse.
lONi
Et moi> je hsds une marâtre qui m'a choisi pour sa victime.
LÀ PYTHIE
Non, mon fils; quitte ce temple, suis ton père.
ION
Quel est donc le conseil que je reçois de votre prudence?
298 lOW,
LA FSTBIE.
CTest Athènes qui t'appelle; pan innocent et sous d'henreux auspices.
ION
C'est partir innocent que de paitir venge.
LA. PYTHIE
Reviens de ton erreur, et prête Foreille à ma voix.
ION
Oui, je suis prêt à vous entendre : et que pourriez-vous dire, qui ne fiit inspiré par l'amour et la bienveillance?
LÀ PYTHIE
Je viens mettre sous tes yeux un trésor digne que tu le considères.
ION
Quelle est cette corbeille antique, ornée de bandelettes?
LÀ PYTHIE
C'est celle où tu étais enfermé , lorsque je te trouvai et que je te pris dans mes bras.
ION
Quel est ce mystère dont vous avez tant tardé à m'instruire?
LÀ PYTHIE
J'ai dû me taire ; il est temps dé parler.
TRAGÉPIE D*EURIPIDE. 299
Quelle raison....
LA. PTTHIE.
Le dieu voulait cjue tu le servisses dans son temple.
ION
Pourquoi mon ministère a-t-il cessé de lui être agréable? à (juel signe puis-je connaître ce qu'il ordonne? t
LA. PYTHIE
Il a nommé ton père , et veut que tu suives ses
pas.
ton.
Est-ce pat" son ordre que vous avez conservé ce monument de ma naissance ?
LA. ï»tTflIÉ.
Ses inspirations m'ont dirigée.
ION
Que vous ont-elles prescrit? achevez. ...
LÀ PTTBIE.
De conserver ton berceau jusqu'à ce jour.
ION
Quel bien en puis-je espérer?
LA PYTHIE
Il renferme des choses dont tu sentiras bientôt le prix.
3oo loir,
Y trouverai-je des indices de celle à qui je dois la vie?
LÀ PYTHIE
Voici l'instant où le dieu veut qu'ils te soient présentes.
ION
0 spectacle cher à mon eœur! 6 jour trop fortuné !
LÀ PYTHIE
Prends et cherche en tous lieux celle qui t'a donné le jour. Parcours l'Europe et l'Asie , et ne t'en fie qu'à ton zèle. Mon respect pour le dieu que je sers, me fit un devoir des soins que j'eus de ta tendre enfance ; je te rends ce gage précieux qu'il voulut que je conservasse par un mouvement libre de mon cœur; mais il n'est pas en mon pouvoir d'expliquer la raison de sa volonté sainte. Nul mortel n'eut connaissance du dépôt que je te confie. Adieu, reçois les vœux de ma tendresse maternelle, et sois docile à mes conseils. Examine d'abord si ce n'est point une citoyenne de Delphes qui t'a donné le jour, qui t'a exposé dans ce temple : si tu ne trouves point ta mère en ces lieux , cherche parmi les autres Grecques* Voilà ce que je devais te prescrire et ce que te dit par ma bouche Apollon^ qui s'intéresse à ton sort.
«OTRAGÉDIE d'eURIPIBE. 5oi