‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 10Chapitre 89 sur 101 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE CHŒUR , seul.

Les chœurs, les chœurs et les festins, voilà l'objet des soins de la ville sacre'^ de Thébé. Un changement heureux^ un changement qui tarit nos larmes, enfante des chanta de joie. L'illustre roi a disparu , notre ancien maître est sur le trône ; il est sorti du port de l'Achéron. L'espérance a brillé au sein du désespoir.

Les dieux, les dieiîx sont attentif aux discours de l'impie et à ceux de l'homme juste. L'or ei la prospérité forment d'ambitieux projets et traînent après eux les revers. Dédaignant de porter les yeux sur les vicissitudçs du temps, négligeant les lois et se livrant à l'injustice , ils brisent le char éclatant de l'opulence et du bonheur.

Ismène! charge-toi dé couronnes : dansez^ palais brillant de la ville aux sept tours ! Dircé , qui roules de belles eaux ! et vous, nymphes de l'Asopus! sortez de l'onde paternelle , venez chanter de concert le combat triomphant d'Hercule ! 0 rocher ombreux de Pythos! palais des nymphes d'Hélicon! accourez , faites retentir d'accens joyeux les murs de ma patrie; ces murs où des héros sortirent du sein de la terre, bataillon guerrier, couvert de boucliei*s

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d'airains; vaillant soldats qui ont transmis cet État aux enfans de leurs enfans, lumière sacrée des Thébains.

O double nœud de la couche nuptiale , formé par un mortel et par Jupiter! oui, la fille ^ de Persée reçut dans son lit le maître des dieux. O Jupiter ! ton ancienne alliance devient à mes yeux digne de foi , et se (manifeste enfin au-delà de tnes espérances. Le temps a montré la valeur d'Hercule brillante d'un éclat immortel; on a vu ce héros sortir des antres de la terre; il a quitté le palais infernal de Pluton.... Nous l'aimons mieux pour notre maître que le fils dégénéré de nos rois^.... C'est en ce jour qpi'on peut jugeï* , par le succès du combat honiicide, si la justice est toujours agréable aux dieux. >

Une furie paratt dans les aira, conduite par la déesse'Iris.

— 0 ciel ! vieillards , partagez- vous mon effroi ? Quel est ce spectre que j'aperçois sur le palais 7...

' Grec : La Perseide , c'est-à-dire Alcmène, Elle n'ëtait pas fille , mais petite-fille de Persëe. Son père était Electryon- Mais je n'ai pu exprimer cela dans le texte. Voyez la note sur les Héraclides , acte V, scène I.

" Hercule ëtait e'tranger. Lycus se vantait d'être descendant de Thébë. Je crois que le chœur prévient cette remarque, et qu'il oppose à dessein le droit de la vertu k celui de la naissance. U dit qu'Hercule est un tyran meilleur^ qu'un chef légitime , mais dégénéré.

TRAGÉDIE I>'eUIIIPIDB. /f-Jj

Fuyons. ••• fuyons*. •• pressons nos pas tardi&««. éloigne-toi'.

0 roi Pëan^ ! sois notre défenseur, et détourne les maux qui menacent nos têtes !

' Il s'adresse à Tun des vieillards du chœur. ■ ApoUon.

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