SCÈNE PREMIÈRE
AMPHITRYON, LE CHOEUR, HERCULE dormant.
• • ÀMPHITATON.
O Thébains! ô vieillards ! silence. •••. silence,.. • laissez cet infortuné dans les bras du sommeil oublier un instant ses maux^
LE CHOEUR
o vieillard! je pleure à la fois et toi, et tes enfans, et celte tête chargée de triomphes.
AMPHITRYON
Eloignez -vous,.... ne faites point de bruit,... n'élevez pas la voix. Craignez de troubler un repos si précieux.
LE CHOEUR
Dieux! quel carnage!
AMPHITRYON
Âh ! ... ah !.. • Retirez-vous Son corps étendu
vient de se soulever. Ne pouvez-vous, ô vieillards!
' Cette scène a un rapport remarquable ayec la scène IV de l'acte I (VOreste.
TRAGÉDIE d'eURIPIDE, ^Sx
gémir sans élever la voix? tremblez, s'il s'éveille, de lui vpir briser ses liens, porter la destruction dans ces murs, immoler son père et renverser le palais de ses aïeux,
LE CHOEUR
Je ne puis, je ne puis imposer silence à ma douleur^,
AMPHITRYON
Paix! je veux observer sa respiration;
laissez-moi prêter une oreille attentive.
LE CHOEUR
Dort-ib?
AMPHITRYON
Oui, il dort,., d'un funeste sommeil,... meurtrier de son épouse,,., meurtrier de ses enfans,,... qui reposent percés des traits dont il a fait résonner la corde de son arc homicide,
LE CHCœUR.
Donne un libre cours à tes larmes.
' AMPHITRYON
Je pleure les enfans que j'ai perdus.
LE CHOEUR
Hélas ! je gémis sur le sort de ton fils. Hélas ! hélas ! ô malheureux vieillard !
' Le grec dit seulement : Impossible , impossible à moi, ' Il paraît que le chœur est à sa place ordinaire, à l'orchestre , assez loin d'Hercule.
AMPHITRYON
Paix, paix!.... il s'éveille.... il se retourne de nouveau. Il est temps de me retirer et de chercher un asile dans le palais.
LE CHOEUR
Rassure-toi. La nuit couvre ses paupières.
AMPHITRYON
Observez ses mouvemens. Hélas ! au comble du malheur je ne cherche point à me dérober à la mort; mais en immolant un père, Tinfortuné ajouterait des maux plus grands à ceux dont il est accablé; aux furies dont il est agité, se joindraient celles qui vengent le sang paternel.
LE CHOEUR
Ah ! le destin devait terminer ta vie le jour où tû vengeas la mort des frères de ton épouse ' , où tu renversas la citadelle des Taphiens éïevée au milieu des flots !
AMPHITRYON
Fuyez, vieillards, fuyez loin du palais ;•••• il s'éveille, fuyez, dérobez-vous à ses transports... •• Bientôt accumulant meurtres sur meurtres, il va remplir la ville de Cadmùs de toutes les fureurs des Bacchantes.
' Les frères d'Alcmène tues par les Taphiens.
TUAOÉDIE d'eURIPIDE. 453