THÉ^E
Eh! tous ses maux ne sont-ils pas les miens?.,.. Découvre son visage.
AMPHITRYON
Mon fils, écarte ce voile de dessus les yeux, écarte-le et montre-toi aux regards de l'astre du jour. Rappelle ton courage (jui peut seul modérer ta douleur. Je t'en conjure par ton visage, par ta main , par tes genoux que j 'embrasse , par ces larmes de la vieillesse que je viens répandre^à tes pieds. 0 mon fils ! adoucis ce chagrin pareil aux fureurs d*un lion sauvage , de peur qu'il ne te livre encore à d'homicides, à de sacrilèges rugissemens; veuxtu ajouter de nouveaux malheurs à ceux dont tu es accablé?
Oui, ô infortuné! qui demeures immobile sur ce siège de douleur! je te demande à mon tour de découvrir ton front aux yeux de ton ami. Hélas! est-il quelques ténèbres -dont les noires ombres puissent cacher l'excès de tes malheurs?.... Pourquoi m'écartes-tu de la main et me fais-tu signe d^ fuir ^ ? tu crains que tes paroles ne s'oient une souil-
' Le mot Jbir n'est pas dans le texte d^ n^an\^scrits , c'est ^B€ conjecture de M. Reiske que j'ai beaucoup hésite d'adme^re* Voici le sens qu'offre la leçon vulgaire : « Pourquoi tendant la » main vers moi , me montres-tu ces corps sanglans , de peur que » la souillure de tes paroles ne m'atteigne? »
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Jure pour moi et ne me portent une funesteatteinte? Je ne m'alarme point d'un mal que je partagerai avec toi; car j'ai aussi partagé ton bonheur. Voilà ce que je ne dois point oublier. Tu m'as rendu à la lumière, tu m'as fait sortir du séjour des morts. Loin de moi ces lâches amis chez qui vieillit la reconnaissance , dont l'amitié mercenaire veut jouir des succès sans partager les revers et sans afironter la tempête! Lève toi, découvre ta tête infortunée, ne crains pas d'envisager un ami. Un mortel généreux supporte les calamités que les dieux dispensent et ne s'oppose point à leurs décrets les plus rigoureux ï.