SCÈNE IV
LES MEMES , HERCULE dévoilé \ HERCULE.
Thésée, as-tu vu les corps sanglans de mes fils?
Je sais tout , j'ai sous les yeux ce douloureux spectacle.
' Le grec dit seulement : El ne refuse point, J^ai craint que ce mot employé seul en français ne manquât de clarté.
*I1 parait du moins que Thésée Poblige ici à se découvrir à ses regards. Et j*ai cru devoir marquer cette circonstance par un changement de scène , quoiqu'il ne paraisse aucun nouveau personnage.
tUAGÉDIE D^EURlPtOË. /fi6
BERCULB.
Gomment doac oses-tu dëcouviir mon front aux regards de Tastre du jour?
THÉSÉE
Pourcjuoi les éviter? Un dieu » peut«il être souille par les regards d'un mortel?
HERCULE
Fuis> ô malheureux ! fuis la contagion de mon crime.
THÉSÉE
Il n'en est point pour un ami.
HERCtTLE.
0 noUes sentimens ! je sais que mon amitié te servit avec zèle.
TAÉSÉE.
Je reçus tes bienfaits , je dois partager tes disgrâces.
HERGtTLE.
Prends pitié d'un malheureux père couvert du sang de ses en&ns.
THÉSÉE
Je viens mêler mes larmes aux tiennes. •«..
HEEGULE.
Vis-tu jamais un mortel en prde à des maux si cruels?
Diqitized byCjOOSlC
On ne voit sous les deux que des infortunes".
BERCULK.
Et c'est pour cela que je me prépare à mourir,
THÉSÉE
Penses-tu que les dieux soient touchés de ces menaces?
HERCULE
Si les dieux sont suptrbes^ Hercule Test comme eux.
THÉSÉE
Arrête : crains par de tels discours de t'attirer de nouvelles peines.
Ils ont comby ^ mesure 4^ naux^ et naai jJus de tourmens pour déchirer mon cœur^.
THÉSÉE
Que vas-tu faire? où t'entraînera \o^ cpuxroux?
' Je oe me flatte pas d'avoir traduit le texte d'Euripide dans ces trois phrases de dialogue : « Je viens , etc. — infortunés. » Ce texte est altéré ,^ et les con)0<|taf 4^<|ff commentateurs peu satisfaisantes.
^ Le sens littéral de ce beau vers que je n'ai pas su. consj^rve^ , est celui-ci : « Je regorge de maux : il n*est plus de place où on » en puisse mettre. »
Diqitized by
TKAGBDXB o'sTJRIPIDE. l^J
HIRGULB.
Je veux mourir et rentrer dans \e^ enfei^s d'où j.e suis SQrti.
THÉSÉE
Tu tiens là des discours dignes d'un homme vulgaire.
HERCULE
Et toi, exempt des maux que je souffre, tu me prodigues des conseils.
Qu6i ! celui que j'entends est ce même Hercule qui a brave tant de maux....
HERCULE
Je n'en souffris jamais de pareils, si, du moins, on peut mesurer les douleurs.