‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 10 sur 100 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ELECTRE, LE CHOEUR

LE CHOEUR

Electre , fille d'Agamemnon , je viens vers votre demeure champêtre vous répéter ce qu'annonce un citoyen de My cènes, berger des montagnes, nourri du lait de ses troupeaux; il vient d'arriver en ces lieux. Les Argiens, nous a-t-il dit , ordonnent de consacrer trois jours à des sacrifices solennels ; toutes les vierges d'Argos doivent aller au temple de Junon.

ELECTRE

Chères amies , l'éclat de la parure me touche peu , les colliers d'or n'ont point d'attraits pour moi • vous ne me verrez point conduire les chœurs des vierges d'Argos , et faire résonner la terre sous mes pas cadencés. Infortunée , je &is des libations de larmes ; les larmes sont chaque jour l'unique soin auquel se livre mon triste cœur. Voyez mes cheveux souillés de poussière , voyez ces lambeaux qui me servent de vêtemens. Voilà la parure de la fille d'Agamemnon, née sur le trône. Et Troie toutefois n'a point oublié qu'Agamemnon fut son vainqueur.

TRAGÉDIE d'eURIPIDE. 53

C'est une grande déesse. Venez, souffrez que je vous prête des robes richement tissues et des ornemens d'or potu* en relever Téclat. Pensez-vous , par vos larmes, en négligeant le culte des dieux, triompher de vos eane;nis? Non, ce n'est pas par les gémissemens , ô fille d'Agamemnon ! que vous obtiendi-ez un plus heureux sort , mais en honorant les dieux par vos prières.

ELECTRE

Aucun des dieux n entend les cris d'une infortunée, aucun n'entend la voix du sang de mon père. Hélas! ce père n'est plus.... et mon frère ne vit que pour errer dans un étemel exil ; ... fils malheureux d'un illustre père, il fuit dans une terçe étrangère , et cherche un asile au foyer des épaves. Et moi , je vis dans une maison 01^ lÊgne l'indigence , le cœur consumé de tristesse, proscrite du palais paternel , réfugiée à l'ombre de ces sauvages rochers : tandis qu'une parricide mère, unie à un nouvel époux , repose sans trouble dans la couche d'Agamemnon.

LE CHOBITR.

Que de maux, Hélène, la sœur de votre mère n V Vellepoint causés aux Grecs et à votre maison ' !•••

' On peut supposer que le chœur allait dire quelque chose de^

5^ ELECTRE

Dieux ! . . . chères amies! . . . je suspends le cours de mes gëmissemens. . . . Voyez-vous ces étrangers près de la maison? ils étaient cachés en ces lieux et sortent tout à coup de leur embuscade. Fuyons ; Yous dans ce sentier, et moi au sein de mes pé^ nates, dérobons-nous à leurs perfides desseins^

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