SCÈNE IX
LE CHOEUR seuL
vaisseaux glorieux! que les ramos innombrables des Grecs portèrent aux rivages troyens , lorsque vous voliez sur les flots, on vous vayaii former des chœurs avec les filles de Nérée. Le dauphin^ ami de la flûte harmonieuse , bondissait autour de vos proues azurées : en se jouant dans les eaux, il accompagnait à Troie le fils de Thétis; il con^ duisait, aux bords du Simoïs, Achille aux pieâs légers, et notre roi Agamemnon.
Les Néréides quittant le rivage d'Eubee, avaient pris sur Tenclume d'or de Vulcain le bouclier elles armes, ouvrage du dieu, pour Tapporter au jeune héros. S'élevant au dessus du Pélion, au dessus des sacrées foréis de l'Ossa et de ses sommets les plus hauts , elles parcourent des yeux les retraites des nymphes , et s'arrêtent aux lieux où
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TRAGÉDIE d'eURIPIDE. jS
un père, ami des coursiers, élevait Tastre de la Grèce, le fils de la déesse de la mer », le défenseur des Atrides , vVchille aux pieds légers.
Fils de Thélis , j'ai entendu décrire à un Grec, revenu dllion dans le port de Nauplie , les emblèmes sculptes sur l'orhe de ton bouclier glorieux , effroi des Phrygiens. Sur le cercle extérieur, on yojaitPersce planant sur les mers, porté par ses talonnières ailées, et tenant dans sa main la tête sanglante de la Gorgone. Près de lui , paraissait Hermès^ , le messager de Jupiter, le fils de Maïa, le plus habile des chasseurs^.
Au milieu^u bouclier, brillait le disque radieux du soleil, emporté dans les airs par de rapides coursiers, tout le chœur des astres éthérés, les Pléiades, les Hyades, objet d'effroi aux yeux d'Hector. Sur son casque, orné de figure^ d'or , s'élevaient des Sphinx tenant dans leurs serres la proie que leurs chants avaient séduite. Sur la cuirasse dont ses flancs étaient revêtus, la lionne au souffle de feu précipitait sa course pour saisir dans ses griffes le coursier de Pirène 4.
' Grec : La race marine de Thétis.
* Mercure.
'Je pense que Mercure est désigné par l'ëpithète de chasseur , * cause de son habileté à dérober et à découvrir les choses précieuses.
^ U lionne , c'est-à-dire la chimère qui yeut saisir Pégase inoiitépar Bellérophon.
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Sur sa lance * homicide , quatre chevaux soumis au joug s'élançaient à la fois. De noirs tourbillons de poussière s'élevaient sous leurs pas'^.... Hélas! le chef de tant d'illustres guerriers est mort de la main delà cruelle fille de Tyndare.., Mais les dieux un jour puniront un tel attentat, en te précipitant dans le royaume de la mort ; et nous-mêmes peutêtre nous verrons ton sang versé parle fer meurtrier sortir en bouillonnant de ton sein homicide.
' Musgrave substitue le glaive à la lance , par une conjecture assez heureuse. ^
^ On voit bien qu'Euripide fait allusion aa bouclier décrit par Homère. lien rappelle quelques traits , d*autres sont ajoutés. Homère ne parle ni de Mercure, ni de Persëe; mais Euripide a. conservé presqu'entière la partie intérieure du tableau. Voici le passage qu'il a imité : «c II ( Yulcain ) grave au centrç et la terre » et le ciel et l'océan , le soleil infatigable dans sa course, le » globe arrondi de la lune , la foule des astres dont se couronne » la voûte des cieux, ^s Pléiades , les Hyadea, F Or ion brillant , » et l'Ourse, dont le nom vulgaire est le charriot, qui regarde » POrion en tournant autour du pôle, ei qui seule ne se baigne «jamais dans les flots de l'océan. » Iliad. xvui. M. Bitaubé, dont je rapporte la traduction , a donné le tableau et la description de ce bouclier , expliqué allégoriquement par M. Court de Gébelin, dans le t. YIII du Monde Primiùf
La cuirasse , le casque et l'épée sontdft l'invention d'Euripide. Homère dit en peu de mots : « le divin artiste , après avoir adievé » cet ouvrage immortel , fait au héros une cuirtsse plus éblouisu santé que le feu , un casque solide , adapté au contour de tm» » front, embelli d'une admirable gravure , surmonté d'un pana- » che d'or , et emploie un métal pliable et léger pour lui former » un beau cothurne. » Jbid.
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