TRAGEDIE D'ELECTRE
« Plusieurs critiques, dit Voltaire », ont douté que la tragédie à! Electre , itjue nous avons sous le nom. d'Euripide, fût de ce grand maître. On y trouve moins de chaleur et de liaison ^ ; et Ton pourrait soupçonner qu'elle est l'ouvrage d'un poète fort postérieur. On sait que les savans de la célèbre école d'Alexandrie ont non-seulement rectifié et corrigé , mais aussi altéré et supposé plusieurs poèmes anciensl Electre était peut-être mutilée ou perdue de leur temps ; ils en auront lié tous les fragmens pour en faire une pièce suivie. Quoi qu'il en soit, on y retrouve les fameux vers cit& par Plutarque , dans la yie de Lysandre^ qui préservèrent Athènes d'une destruction totale , lorsque Lysandre s'en rendit le maître. En effet, comme les vainqueurs délibéraient le soir dans
' Diêsertadon sur les principales tragédies qui ont paru sur le sujet d'Oresce, par M. du Molard.
' L'auteur yient de parler de celle de Sophocle .
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un festin s'ils raseraient seulement les muraiUes de la ville, ou s'ils la renverseraient de fond en comble , un Phocéen chanta ce beau chœur , et tous les convives en furent si cmus qu'ils ne purent se résoudre à détruire une ville qui avait produit d'aussi beaux esprits et d'aussi grands personnages. »
Le chœur dont il s'agit, est celui qui commence la scène IV de l'acte I. Plutarque en cite les premiers vers, qu'Amyot traduit ainsi :
Dame Électra, fille d'Âgamemnon^ En Yostre cour jadis de grand renom, Ores cliampétre et déserte , je viens.
Les doutes qu'on a élevés sur l'authenticité de cette tragédie et dont Voltaire fait mention , sont fondés en partie sur ce qu'elle a été retrouvée plus tard que les autres pièces du même auteur ; elle manquait aux manuscrits qui ont été employés les premiers > et par cette raison les plus anciennes éditions d'Euripide n'oflFrent que dix-huit tragédies. Ce fut en i54.5 que P. Vettori découvrit celle-ci, et l'envoya au Cardinal Ardinghello, pour qu'il prit soin de la faire in^primer. Il indique dans sa lettre les raisons qu'il a de croire qu'elle est d'Euripide, et son sentiment a été adopté par tous les bons critiques. Il paraît difficile de supposer qu'eUe ne soit qu'uii assemblage
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de fragmens : on y remarque bien des défauts^ mais non ceux que devrait entraîner une telle réu'» nion ; il y a de la suite dans le plan ; on n'y voit pas ces inégalités, ces disparates , ces fai;isses liaisons , ces transitions forcées que n'auraient vraisemblablement pas su éviter ceux qui se seraient chargés d'une enu-eprise aussi délicate. Enfin il me paraît qu'on ne peut nier que cette pièce ne soit d'Euripide, quelque inférieure qu'elle soit à Y Electre de Sophocle et à la plupart des autres pièces d'Euripide'lui-méme,
Voici comment Voltaire la juge en l'analysant a la suite de ses réflexions sur V Electre de Sophocle : ce Dans Euripide , Electre a été mariée par Egisdie à un honune sans biçn et sans dignité , qui demeure hors de la ville dans une maison conforme à sa fortune. La scène est devant cette maison; ce qui ne produit pas une décoration bien magnifique. Cet époux d'Electre, qui, à la vérité, par respect, n'a aucun conunerce avec elle, ouvre la scène et fait l'exposition dans un long monologue, qu'on peut, regarder conune un prologue. Ce défaut, qui se trouve dans presque toutes les premières scènes d'Euripide, rend ses expositions la plupart froides et peu liées avec la pièce.
» Oreste est reconnu par un vieillard en présence de sa sœur, par une cicatrice qu'il s'est faite
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au-dessus du sourcil, en courant, lorsqu'il était enfant, après un chevreuiL
» Des critiq[ues ont titmve cette reconnaissance trop brusque, et celle de Sophocle trc^ traînante. Il semble qu'ils n'aient fait aucune attention aux mœurs de la nation grecque, et qu'ils n'aient connu ni le génie , ni les grâces des deux tragiques.
» Oreste va ensuite avec son ami Pylade assassiner Égisthe par derrière, pendant qu'il est penché pour considérer les entrailles d'une victime. Ils le tuent au milieu d'un sacrifice et d'une cérémonie religieuse, parce que tous les droits divins et [humains avaient été violés dans l'assassinat d'Âgamemnon, commis dans son propre palais, par une ruse abominable, et lorsqu'il allait se mettre à table et faire des libations aux dieux. Ainsi ce récit de la mort d'Egisthe contient la description d'un sacrifice. Les Grecs étaient fort curieux de ces descriptions de sacrifices, de fêtes, de jeux, etc. ainsi que des marques, cicatrices, anneaux, bijoux , cassettes et autres cïioses qui amènent les reconnaissances.
» Le récit qu'Electre et son frère font de la manière dont ils ont assassiné leur mère, qui ne vient sur la scène que pour y être tuée, me paraît beaucoup plus atroce que la scène de Sophocle que j'ai rapportée ci-dessus. Oreste est livré aux
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furies , poiu' avoir exécuté l'ordre des dieux , pendant qu'Electre , qui se vante d'avoir vu cet horrible spectacle, d'avoir encouragé son frère, d'avoir conduit sa main, parce qu'Oreste s'était couvert le visage de son manteau , Electre , dis- je , est épargnée. Sophocle certainement l'emporte ici sur Euripide; mais les Dioscures, Castor et Pollux, frères de Clytemnestre, surviennent; et, loin de prendre la défense de leur sœur, ils rejettent le crime de ses enfans sur Apollon, envoient Oreste à Athènes pour y être expié, lui prédisent qu'il courra risque d'être condanmé à mort, mais qu'Apollon le sauvera en se chargeant luimême de ce parricide. Ils lui annoncent enstiite un sort heureux, après qu'Electre aum épouse Pylade , époux digne en effet d'une aussi grande princesse, puisqu'il était fils d'une sœur d'Agamemnon, et qu'il descendait d'Eaque, fik de Jupiter et d'Egine. C'est ce qui justifie le reproche d'un critique à Racine, d'avoir fait de Pylade un confident trop subalterne dans Andronuique ^ et d'avoir d^honoré par là une amitié respectable entre deux princes dont la naissance était égale. »
Il y a quelques inexactitudes dans cet exposé; Electre ne se vante pas d'avoir conduit la main de son frère, die s en repent au contraire amèrement. L'Electre de Sophocle est dure et inflexible jus-
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qu'à la fin : celle d'Euripide s'attendrit et sent de» remoi^ds après que le meurtre est commis. Oreste même le fait remarquer : « Ton cœur change » tout à coup comme le souffle des vents légers, » dit-il à sa soeur; tu n'as en cet instant que de }) pieux sentimens; ayant que le coup fût porté, >\ tu te livrais à d'autres pensées. » Euripide ne donne pas la raison qu'indique Voltaire, pour faire périr au milieu d'une fête solennelle les meurtriers d'Agamemnon, mais c'est une supposition ingénieuse et vraisemblable. La décoration champêtre que suppose cette tragédie, pouvait, sans être magnifique, plaire par sa simplicité même, et sur un théâtre vaste elle devait offrir un tableau riche et varié. Enfin, je ne sais s'il suffit, pour justifier la reconnaissance, d'alléguer les mœurs grecques et le génie propre d'Euripide. Ce sont là des expressions un peu générales , et dont il est difficile de se contenter.
Voltaire donne ensuite l'extrait de la pièce d'Eschyle, et énonce ainsi son jugement sur les trois tragédies grecques qu'il vient de comparer.
c< Cette courte analyse des deux pièces rivales de V Electre de Sophocle suffit pour faire connaître combien elle est préférable aux deux autres, par rapport à la fable et par rapport aux mœurs. »
(( Mais le principal mérite de Sophocle , celui qui lui a acquis l'estime et les éloges de ses con- XI lo
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lemporains ei des siècles suiyans jusqu'au nôtre, celui qui les lui procurera tant que les lettres jgrecques subsisteront , c'est la noblesse, l'harmonie de la diction. Quoiqu'Euripide l'emporte quelquefois sur lui par la beauté des pensées, Sophocle est au-dessus de lui par la grandeur, par la majesté , par la pureté du style et par l'h^monie. C'est ce que le savant et judicieux abbé Dubos appelle la poésie de style. C'est elle qui a fait donner à Sophocle le surnom à! abeille y c*est elle qui lui a fait remporter vingt-trois victoires sur tous les poètes de son temps. Le dernier de ses triomphes lui coûta la vie, par la surprise et par la joie imprévue qu'il en eut ; de sorte qu'oh .peut dire de lui qu'il est mort dans le sein de la victoire^ »
Je rapporte ce jugement sans y déférer tout à fait. Le style d'Euripide a beaucoup de charmes; il a souvent de l'élévation et de la magnificence; il est toujours pur et harmonieux , et il est peut-étt-e fort difficile de ne point commettre d'injustice en comparant la manière d'écrire de deux poètes qui ont joui d'une égale célébrité, et dont la langue n'est plus parlée. C'est moins le style, à ce qu'il me semble, qui distingue pour nous VJÉlectre de Sophocle de celle de ses deux rivaux, que l'art admirable avec lequel la pièce est conduite, la sagesse de l'ordonnance et la régularité du dessein, la grandeur, la simphcité de l'action, la
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force et la constance des caractères. On ne voit dans ce chef-dœuvre ni traits informes et grossièrement dbauchés , comme dans les Choéphores d*Eschyle, ni omemens frivoles et ambitieux, comme dans V Electre d'Euripide. Tout y porte l'empreinte du génie, et tout y annonce la perfection de Tart. Il n'est rien qu'on puisse enlever à cet ouvrage sans lui nuire, et on ne pourrait peut-être y ajouter aucune beauté nouvelle , sans que ce fût au prix de quelque beauté plus digne d'être respectée. Voltaire l'a senti et l'a fait remarquer en l'analysant. Ce mérite me parait supérieur et d'une appréciation plus sûre que celui de la diction, quelqu 'importance qu'on doive attribuer à celle-ci, et quelqu 'influence qu'eUe puisse 'avoir sur le succès d'un ouvrage.
Je joindrai à ce jugement de Voltaire celui qu'une femme d'esprit a porté de la tragédie d'Euripide, et j'aurai soin de conserver ses expressions :
« Rien n'est plus attachant que quelques-unes des scènes de cette tragédie; mais l'ensemble . manque d'intérêt; elle ne laisse dans l'imagination aucune trace profonde, et parmi les beautés qu'on y admire, il en est qui peuvent^araître des cMauts, parée qu'elles produisent un effet contraire à celui que l'auteur a dû se proposer. »
lO..
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a II est incertain, dit-on, lequel de Sophocle ou d'Euripide a fait le premier son Electre j mais en lisant cette pièce, je ne puis m'empechei: de me persuader qu'Euripide a été le dernier des trois poètes à traiter ce sujet. Le caractère d'Electre ébauché par Eschyle avait été peint par Sophocle dans toute sa lugubre majesté. Eschyle avait introduit dans les Choéphores la nourrice d'Oreste et ses touchans regrets. Sophocle avait imaginé plus heureusement encore Chrysothémis , cette douce et timide sœur de la courageuse et inflexible Electre. C'étaient les deux personnages secondaires les plus intéressans que le sujet pût fournir. Eschyle avait employé , pour la reconnaissance , des moyens puériles , si l'on veut , mais touchans par leur simplicité ; et l'avide crédiJilé avec laquelle Electre saisit les plus faibles indices, rend cette scène intéressante» Dans la scène de l'urne, qui amène la reconnaissance, Sophocle, déployant tout son génie, ôte à ceux qui voudraient marcher sur ses traces l'espérance de l'égaler jamais. Euripide vient après eux {qu'on , me pas^e ma supposition), et pour obtenir les mê- ' mes succès, il faut qu'il tente une route nouvelle, qu'il imagine d'autres situations , des personnages nouveaux , S; qu'il supplée par des beautés de détails aux grandes beautés dont les autres se sont emparés. Jjcur Electre, haïe, redoutée, traitée
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en esclave ', vit avec les meurtriers de son père : Euripide suppose la sienne mariée à un ciJtivateur, bien ne, quoiqu'obscur, dont les vertus, l'hospitalité et la philosophie ont sûrement fourni quelques traits au Philémon de La Fontaine. Ce qu'il dit, ce qu'il fait, plaît et attache; mais après s'être attiré l'estime et les respects d'Electre, d'Oreste et des spectateurs ,' on n'a pu lui donner aucune part à l'action , et il ne reparaît plus auprès de sa cabane^ Ce personnage est remplacé par un autre, le vieux gouverneur d'Agamemnon, qui reconnaît Oreste; non à la couleur d'une boucle de cheveux, mais à une cicatrice au front : ce qui n'est pas I>eaucoup plus adroit; et Euripide, qui Ta senti peut-être, distrait le spectateur en rappelant la reconnaissance d'Eschyle, sur laquelle il jette du ridicule, »
«A tous ces traits, à cette situation, à ces circonstances nouvelles^ à ces personnages en quelque sorte étrangers, enfin au lieu même de la scène , je crois reconnaître l'embairas d'un poëte qui travaille après Eschyle et Sophocle; mais quand je compare les expositions , je me demande comûient Euripide, ayant sous les yeux celle de Sophocle, si naturelle qu'on ne pense pas même
* Non en captive chargée de fers, comme l'ont supposé Crébillon et Voltaire , sans doute pour donner une grâce de plus, à ractrice qui jouait ce lôle* (Note de madam e de G.)
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que c'en soit une , a pu se contenter pour la ^enne
du long monologue de son cultivateur? »
« Quant à la reconnaissance, Euripide n'aurait pu imiter Sophocle lors même qu'il l'aurait voulu. On ne voit pas bien pourquoi, dans sa pièce, Oreste tarde à se découvrir à Electre, Il n'a pas répandu la nouvelle de sa mort, le succès de son entreprise ne dépend pas du secret qu'il se propose de garder, et Euripide n'avait pas imaginé, comme Voltaire, de lui faire ordomier ce secret par les dieux. »
ce Oreste reconnu , on ne songe qu'à inmioler le meurtrier d'Agamemnon et sa coupable épouse.
Le sacrifice qu'Egisthe se prépare à oflFrir aux nymphes , est une circonstance dont on veut profiler, et Clytenmestre sera attirée dans le piège par une feinte adroitement concertée. La description du sacrifice n'est que trop attachante : elle fait oublier les crimes d'Egisthe : on le voit recevoir les deux étrangers avec autant de cordialité que de politesse. Il s'effraie à la vue des entrailles de la victime sans en devenir plus soupçonneux , ^t on est fôché de voir Oreste réaliser l'augure en lui enfonçant dans les reins un couteau qui lui avait été donné pour un autre usage. Pylade et lui $ont obligés de se d^endre un moment contre des esclaves; mais sitôt qu'il se nomme, tout se soumet. Cependant Electre et le chœur appellent cela une
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glorieuse victoire, et lui-même l'appelle une grailde victoire dont il renvoie l'honneur aux dieux. Remarquons en passant que joindre la ruse à la valeur, blesser son ennemi par derrière, * n'avait rien qui choquât les anciens. Il y a une noblesse de procédés et une pompe de paroles qui sont de date plus récente ; et la hauteur chevaleresque de Philoctète, ddLiisVOEdipe de Voltaire, n'est pas plus antique que son amour. »
« Egisthe mort est oflfert aux yeux satisfaits d'Electre , et après un peu de scrupule que son frère prend soin de lever, elle l'outrage par les discours les moins mesurés. Clytemnestre arrive. A peine Oreste l'aperçoit, que soi! cœur s'attendrit : « Qu'al- M lons-nous faire, s'écrie-t-il!.... Egorgerons-nous » une mère?... Phébus ! tu as prononcé un ora- » cle insensé..... Tu m'ordonnes de tuer ma mère, » tu me commandes un crime. » Avouons qu'ici Euripide surpasse Sophocle ; et que s'il rend Electre odieuse, il rend Oreste bien intéressant et la situation bien théâtrale ; mais Electre reste seule avec Clytemnestre, et Euripide prodigue de nouveau des beautés déplacées. Electre et sa mère agitent des questions tellement intéressantes , on apprend des anecdotes si curieuses qu'on en oublie le fil de la pièce : on oublie que Clytemnestre n'a été mandée que pour être immolée , ou si on se le rappelle , c'est poftr la plaindre et pour détester le
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sang -froid d'Electre > ses perfides égards et ses cruelles ironies. Elle devait craindre qu'Qreste, déjà ébranlé et laissé à lui-lnéme pendant cette longue conversation, ne renonçât à sa vengeance, que la nature ne l'emportât sur un oracle qu'il avait déjà soupçonné d'imposture. Elle devait craindre qu'où ne vînt tirer Clytemnestre de sa sécurité en lui apprenant la mort du roi , mais elle ne craint rieu , et rien aussi de ce qu'elle devajt craindre n'arrive. La punition n'est pas plutôt consommée , que le chœur, qui n'avait cessé de la demander aux dieux, s'en indigne, et Electre même la condamne. On s'attendrit aux regrets d'Oreste , maîi non à ceiit de sa sœur. Elle n'excite aucune pitié. »
« L'arrivée des Dioscures n'ayant lieu qu'après le dénouement, ne sert qu'à éclaircir le sort des pirincipaux personnages. Leurs longues prédictions et les to^chans adieux du frère et de la sœur font oublier la mort de Clytenmestre , qui était pourtant le vrai sujet de la pièce, et elle finit laissant une impression peu tragique et une faible émotion. »
<Juelque rigoureux que soit ce jugement, on ne peut s'empêcher d'y souscrire. Euripide est inférieur à Sophocle, dans la manière dont il a traite ce sujet, n en a négligé les parties principales» Mais il a' su l'embellir par d'interessans épisodes^
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et anin^r la scène par un spectacle nouveau. C'est loin des palais et au milieu des champs qu'il nous transpor%e, pour nous oflfrir le tableau des mœurs simples et pures de leurs paisibles habitans. Le cultivateur, le vieux gouverneur d'Agaçiemnon , Ellectre même, au milieu de leurs occupations rustines, plaisent par leur simplicité et par les souvenirs que reveille toujours l'image de la vie champêtre. Le caractère de Clytemnestre a une teinte de douceur qui rend sa mort plus touchante. C'est une beauté que Voltaire a sentie et imitée. On trouve enfin dans quelques scènes de cette pièce des traits d'une sensibilité profonde , de beaux * zneuvemens, des sentimens nobles et heureusem^t exprimés ; et, malgré de nombreux défauts, on y reconnaît encore l'auteur ^Hippoljte et à^Jphigénie.
FIN DE l'examen D*ÉLECTRB.