‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 40 sur 100 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MERCVHE »««•''

CiÈS palais et les remparts munis de tours qui protègent cet Etat ^

N'ont pas ete fond& par le faste <jui se plaît à éta»- 1er Tor de toutes parts.

La souveraineté de cet Etat> et ce palais^ ouvrage des dieux ,

Appartiennent à Acrisius; il est roi de cette contrée*

Cette ville est appelée Argos par les Grecs.

Acrisius ^ possédé du désir d'avoir un enfant mâle^

Partit pour Pytjio , et parla ainsi à Phébus :

•c Comment pourrait-il naître , au sein de mon pa- » lais^ un fils de mon sang?

» Quel dieu ou quel mortel faudrait-il me rendre >» favorable? >î

Le dieu prononça cet oracle difficile à pénétrer : XI la

178 DANAB,

» n naîtra , il naîtra un enfant mâle^

» Non de lui. Il faut d'abord cjuHl devienne père

M d'une fille ; » Ensuite celle-<â , qudique jour, » Connaissant et ne connaissant pas les nœuds d'un

» amour clandestin, » Enfantera à son père un lion aîlé , » Qui régnera sur cette contrée et sur beaucoup

» d'autres. »

Ayant ouï un tel oracle, prononce par Loxias, Il résolut de s'abstenir de tout connnerce avec son

épouse; mais, oubliant sa résolution , il devint

père.

Vaincu par le désir présent.

Il appela cette fille Danaé, parc^ que Un long - temps s'était œoulé avant qu'il eût def

enfans.

Sur-le«<^b«np il ht confia , pour être gardée avec

soin, dans Tappartement virginal qu'il avait fait

construire exprès , A des femmes (JiMes) Argiennes , Prenant bien garde qu'elle ne fût exposa à la vue

d'aucun homme.

Ensuite, lorsqu'un long temps écoulé eût &ît croître Danaé, Gomme sa beauté surpassait celle de toutes les

femmes de la Grèce ,

TRAGÉDIB d'eURIFIDE. ^79

Jupiter^ le père des dieux ^ saisi par un philtre inévitable ;

Forma le dessein de s'unir à elle en secret.

Mais ne pouvant l'y engager ouvertement^ il eut recours

A cet artifice : il se métamorphosa en or pur.

Sachant que ce métal est l'objet des désirs des mortels.

Et il coula sous cette forme , à' travers le toit , jusque dans les bras de la princesse*

Celle-ci donc ne connaissant pas la ruse cachée,

Reçut dans son sein le dieu qui s'y précipitait.

Enfin, s'étant vue enceinte.

Elle fat saisie d'étonn^nent et frappée de terreur, ne sachant

Comment elle était venue en cet état, et craignant les reproches..

Comme die s'efforçait de s'y dérober par la fuite.

Son père, qui en eut connaissance^ la fit enfermer dans son palais.

Outré de colère, il Ty tint ensevelie dans l'obscurité ,

Afin d*apprendfe par ses propres yeux la vérité.

Et, comme il a vu enfin que ce qu'il craignait était

vrai et certain.

Il a résolu de précipiter à la fois dans la mer

Sa fille et le fruit qui doit naître d^dle. C'est pour cela que je suis envoyé,

i8o DAnAé>

Pour faire à Danaé un récit consolant^

De la part de Jupiter. Je vais lui déclarer tout

sans délai* Car un serviteur qui a du sens doit exécuter Avec zèle les ordres dont il est chargé.

Page 1