FRAGMENS DE UHIPPOLYTE VOILÉ
JciURipiDE avait composé une tragédie sous le nom ^Hippoljte voilé '. Cette pièc^^ dont il ne nous reste que peu de fragmens^ paraît avoir été désignée de la sorte, parce qu'à la fin on voyait apporter le corps d'Hippolyte couvert des voiles mortuaires. Il y a apparence que c'est ce premier Hippoljte qui a servi de modèle à Sénèque.
Les fragmens dont j'offre ici la traduction, sont presque tous tirés de Stobée ou de Plutarque. Les éditeurs d'Euripide en ont recueilli dix-huit, mais quelques-uns ne sont qu'un seul mot , ou une phrase imparfaite* Je n'en ai trouvé que douze dont la traduction pût avoir quelqu'intérét^^.
* Celle qui nous est parrenue entière , fut éompos^e après celle-là , et porte le titre à*Hippolfte couronné. Voyez la note i , "pag. 3 du tom. VII.
^ J'ai ctu. devoir placer ces fragmens A^VHippolyte voilé, à la suite de ceux de Danaé, parce qu'ils n'offrent, comme ces derniers, que des pensées ou des sentences détachées. R.-B.
l88 FRA6MENS DE l'hIPPOLTTE VOILÉ 9
Pour moi je pense que, dans le danger , on ne » doit point respecter la loi plus que la nécessité.»
Ce mot paraît avoir été prononcé par la nourrice de Phèdre, pour déterminer celle-ci à suivre ses conseils-.
« O sainte Pudeur ! plût au ciel que, devenue n la compagne de tous les humains, tu arrachasses » de leur cœur l'audace du crime l j^
On peut attribuer ce mot à Hippolyte , ôu peutêtre à Thésée.
a Car le sort des mortels ne dépend point de » leur piété. C*est par l'audace et par la force i> qu'on parvient à tout, et qu'on s'empare de » tout. »
<c Car ceux qui évitent Cypris avec trop de soin, n ne s'égarent pas moins , que ceux qui la pour- » suivent avec trop d'ardeur, »
Onconjectureque cette sentence était mise dans la bouche du vieil officier d'Hippolyte.
« J'ai un maître fécond en ressources, qui m'eft- » soigne le courage et l'audace, Amour, le plus » invincible des dieux^ »
TRAGEDIE b'bUAIPIDE. 189
On soupçonne que c'est ici Phèdre qui parle.
« Thésée, je t'exhorte ^ bien examiner quel est » le meilleur parti à prendre. Ne cède point à une » femme , même en supposant que tu viens d'en- » tendre un récit plein de vérité.»
Ces mots paraissent dits par le chœtir.
vu.
(( Dieux ! pourquoi les actions des hommes ne )) peuvent-elles élever la voix , et feire rentrer » dans ie néant ces formidables orateurs? Mais » maintenant, libres de cette crainte, ils couvrent » la vérité des flots de leur éloquence, et perver- » tissent tous les jugemens des hommes. »
n paraît que c'est Thésée qui témoigne son indignation contre Hippolyte.
vin.
« La richesse enfante ou l'avarice ou Tinso- » lence. «
« Je vois que chez la plupart des hommes d'an- >» ciennesr prospérités enfantent l'insolence.»
c< O brillant éther , ô lumière pure du jour ! » que votre vue a de douceur pour les mortels » heureux et pour les infortunés tels que moil »
igO FRAGMENS DE l'hIPPOLTTÉ VOILÉ, etC.
ce Une amitié indiscrète ne diffère point de la
)) haine. »
xn.
c( O Hippoly te ! divin héros ! quels honneurs )) tu as acquis par ta chasteté! Il n'est chez les » hommes aucun pouvoir plus grand que la vertu. )) Tôt ou tard la piété obtient un prix glorieux. »
Il paraît que ces mots étaient prononcés parle chœur, et qu'ils terminaient la pièce. Ils sont écrits en vers lyriques.
Fllf DES FKAGMENS DE L^HIPPOLYTE VOILÉ.
SUR LE CYCLOPE DïlURIWDE,
ET