‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 45 sur 100 · SUR LE SPECTACLE SATYRIQUE · texte numérisé non relu

SUR LE SPECTACLE SATYRIQUE

satytique, sans compter les mimes qui font le quatrième^ et dont j*ai parle '.

Le savant Isaac Casaubon ^ va plus loin , et prétend trouver Torigine de tout cela dans la nature même. Il dit que comme elle est la mère de tous les aits, elle Test ^ssi des fêtes ; que les fêtes ont enfante les danses et les bons mots ; que de la danse est venue la musique ^ et que les bons mots ont produit tous les spectacles dont nous parlons. On ne saurait remonter plus haut. Mais de même que la tragédie et la comédie ne prirent leur forme qu'à peu près au temps et de la manière que je lai expliqué ^ , de même aussi le poème satyrique n'a-t-il pris couleur que de cette manière et dans ce temps , c'est-à-dire au siècle d'Eschyle , et par ses soins. Des œuvres si semblables pour le plan doivent avoir eu le même père, et du même principe Ton doit tirer les mêmes conséquences. L'inventeur du dialogue est sans contredit l'inventeur de tous les spectacles de son siècle.

En efiet, à en juger par le Cjclope^ ( preuve parlante^ plus précise que toutes les conjec-

' Dans le cbap* VI de la coaclosion générale. • De Satjrricd Poesi, liv. I , chap. I.

3 Tome I , Discours II.

tures du monde, preuve unique , el qui l'élait même du temps d'Euslalhe , le célèbre commentateur d'Homère , il y a environ cinq cents ans) à en juger, dis-je, par ce rare morceau, on doit reconnaîu-e dans les spectacles satyriques , la marche de la tragédie et de la comélie en règle. Même évolutioâ de sujet, même tour d'intrigue, même façon de dénouement, nul épisode, nul incident qui retarde l'action. Au contraire, comme cette pièce n'a guère plus de sept cents vers, il paraît que les pièces du même genre étaient très-courtes ; et si nous n'avions pas d'autres preuves, l'on serait bien fondé sur cette brièveté seule , à comparer ces poèmes aux petites pièces que l'on donne aujourd'hui en France à la suite des gi*ands spectacles. L'on sait d'ailleurs que cliaque poète manquait peu à joindre une pareille pièce aux tragédies qu'il donnait pour disputer le prix, et qu'on la représentait après elles , pour tempérer l'émotion de tristesse qu'elles avaient dû causer. Pour achever la comparaison du genre tragique avec lesatyrique, l'on verra que celui-ci avait une sorte de sérieui» différent de la majesté qui règne daiïs celui-là, des sentences assez relevées , des discours étudiés.

SUR liE SPECTACLE SATYRIQUE. 20I

d'assez beaux traits de morale ; mais rien d'extrêmement passionné.

Ce spectacle singulier (en mettant à part son plan) s'éloigne encore plus de la comédie anciemie que de la tragédie. Car on n'y verra , sur la scène, ni le gouvernement, ni les particuliers de la république athénienne^ comme chez Aristophane. Le plaisant y bon ou mauvais, avait ses dégrés bien marqués dans l'antiquité. Celui de la comédie n'était pas celui des mimes, et le plaisant des mimes était beaucoup moins le plaisant des pièces satyriques. L'étude prdTonde du cœur humain et de l'aliment qu'il lui &Uaitpour le réjouir, avait sous-divisé cela d'une manière étonnante. C 'étaient autant de classes de di vertissemens, dont aucune u'osait anticiper sur 1^ autres : bien'' éloignée en ceci de noti*e manie qui voudrait quelquefois réunir des choses inalliables, la tragédie, la comédie , l'opéra. C'est essayer de nouveaux assaisouneinens pour réveiller un spectateur dédaigneux et las des beautés naturelles. Les poètes y sont bien embarrassés. Ils Pétaient déjà du temps de Phèdre dont j'ai rapporté la fable ^ , du temps de

jTomc V, pag. 4o3.

202 pisGouns

La Fontaine qui Fa si agréablement appliquée aut censures qu'il avait soiis les yeux , du temps même d'Esdbyle. Mais quelqu asservis que soient les poêles de chaque siècle au goût^ ou plutôt au caprice régnant, il ne tient qu'à eux de se tirer d'esclavage et de revenir au vrai goût qui ^ pour plaire eiEcacement, veut qu'on ne confonde pas des œuvres diffénaites par leur nature , renferme les talens dans les limites de la sage vraisemblance, ne souffre pas qu'on donne un roman pour une tragédie, exige enfin qu'il en soit de même s'il s'agit du comiquir, et^de même aussi de quelque genre que Ton tente pour toucher ou pour amuser des personnes que l'on suppose raisonnables. C'est ce qu'avaient compriS' les anciens ^ et si nous les * blâmons à juste titre d avoir trop sous-divisé les -espèces de spectacles, que le bon sens réduit a deux principales y du moiitô<ievons*nouis leur savoir gré d'avoir conservé dans chaque oi-dre de divertissemens le caractère particulier qui leur convenait, à l'imi^tion de la nature , qui donne toujours à chaque être son espèce , ses propriétés et sa pervfectron^[)écif]que.

C'est; ce que firent les Athéniens par rapport

SUR LE SPECTACLE SATYRIQUE. 2o3

au qpectadie dont |e paile. Us s'appliquèrent à le cultiver presque avec autant de soin que le plus noble^ dont il n'était qu'un délassement. 11 fit donc une classe particulière. Af ais était-il de natui*e à durer toujours? Etait-ce un fonds solide qui méritât d'établir pour tous le^ siècles à venir un genre de spectacle à part? Le ffiit et l'usage contraire semblent d'abord décider que non; car avant que de dire ce qu'il est devenu et en quoi il s'est métamorphosé^ je dois avouer que le bouffon y gâte le sérieux et le délicat ; qu'il y a du bas comique pour divertir les acheteurs de noix y comme s'exprime Horace; et qu'enfin, à ne rien céler, ce fut le mauvais goût , l'inconstance et le caprice des spectateurs qui lui donnèrent lieu. On se lassa un peu du ti*agiquequi faisait pleurer^ et même du comique qui faisait rire. On voulut du riierveîUeux outré , du bizarre , et du nouveau , comme on en veut quelquefois de nos jours. Mais les poètes , en secondant cette manie, ne firent pas tout à fait ce qu'on a tenté souvent en France. Loin de se perdre dans des idées nouvelles , ils ne firent que i-ajeunir les anciennes. Ils se ressouvinrent des Satyres qui avaient amusé le peuple dès le premier

2o4 DISCOURS

âge de la tragédie informe* Ib les ajustèrent ou peu à la mode et sur le goût de la tragédie for* mée^ qui les avait exclus dèsqu^elle avait songe à s'ennoblir. Elle souffrit que les saljTCs , devenus moins rustiques qu'autrefois ^ prissent un peu de son air pour divertir aussi régulièrement qu'dle, et moins sérieusement. C'est ce que dit Horace : « il fallait rappeler le spectatear par une agréaUe » nouveauté.^ Les Romains même qui suppléèrent au vrai spectacle satyrique des Grecs, parleurs pièces Atellanes, où il n'entrait point de satyres. , n'introduisirent ces farces, dit un vieux scholiaste de Juvénal , que pour mitiger un peu le sérieux triste du tragique. D'où il est aisé d'inférer que la poésie en question , considérée soit pa^r son essence^ soit par sa destination, ne devait pas former un spectacle immortel , comme le sont la tragédie et la comédie. Il en est de ce genre bisarre comme des mimes. C'étaient des avortons de spectacles. Ils devaient avoir le sort du faux goifi , qui. est de passer pour renaître, mais non pas de durer et de plaire toujours.

Toutefois l'œuvre satyrique , toute méprisable qu'elle parait au premier coup-d'œil, mérite ime

«tJR LE SPECTACLE SATYRIQUE. 2o5

attention paiticulière en ce qu'dk a produit, par un changement imperceptible et fin/une sorte de spectacle qui a son mérite ^ sans contredit ; c'est la pastorale. On substitua ^ quoique tard, des bergers gracieux à d'infimes satyres ; on mit Tidylle en action , et Von prit un milieu entre le tragique et le comique , qui fit un spectacle imité de Vun et de Tautre , sans presque être aucun des deux , quoiqu'on le range , avec raison , dans Tordre des comédies. C'est à l'Italie moderne^ si je ne me trompe, que l'on doit cette ingénieuse invention , et je ne doute nullement que le spectacle satyrique n'en ait autant été le modèle que l'églogue: des satyres aux bergers le passage est très-naturel.

Les satyres et les silènes, personnages différens ou par leur âge , ou par quelqu'autre bisarrerie •poétique, composaient le chœur des pièces satyriqucs. Us lui donnèrent leur nom, et en caractérisèrent l'essence. C'étaient des divinités fcbuleuses nées du pinceau <^es peintres et dé l'imagination des poètes. J'ai peine à me persuader -que les anciens les aient jamais bien sérieusement regardés autrement que comme des divinités de la

fable ^ eux qui les produisaient sur la scène pour s'en moquer. La peinture qu'ils en faisaieiit est toute allégorique par rapport à Bacchus, dont ces demi-dieux étaient les suivans. Or^ sur le pied d'allégorie y l'antiquité réalisait tout^ pour frapper davantage les esprits y non pour leur persuader que tout cela fût réel et divin* Il est visible par la pièce du Cjrchpe^ que les satyi^es et les silènes étaient les bouffons de la popukoe. LeuE caractère cynique, mordant , pétulant et lâche ^ montre assez qu'on ne les mettait sur la scène que pour y servir de jouet : folie antique des poètes^ inventée et soutenue pour éterniser cdle des spec* tateurs. Ces mêmes personnages ne laissaient pas de passer pour profonds dans les connaissances abstruses. Nous voyons que l'ivrogne Silène dit des choses fort relevées dans Virgile '. Cicéron ^ met des oracles dans la bouche de Silène pris par; Midas. Platon ^ lui-même compai*e Socrate à ces figures de Silènes que faisaient les sculpteurs ou

« Ectog. VI.

* ToiCMl. lâib. I.

3 Dans ion Bênfuet et dans le Tltéxtéte; mais c'est uniquement sous le rapport des traits et de la conformation du visage, que Platon compare Socrate aux figures dejSilénes. R.- R.

SUR LE SPEGTACXB SIlTYRIQUB. ^ 20J

les peintres, et qui y en «'ouvrant ou se séparant, laissaient vçàt en dedans ou derrière elles, des représentations d'amours et de grâces, comme pour signifier qu'il ne fallait jamais s'arrêter à l'é corce, mais qu'on devait creuser j^us avaiÉt; que, sous un masque difforme , l'on trouvait souv^it une sagesse exquise; et qu'un sens profond pcmvâit être voilé par des bouffonneries.

Sur ces laits , et quantité d'afutres que je sup* prime, on pourrait juger que les pièces satyriques étaient des allégories qui recelaient un sens plus fin que celui qui se présentait d'abord* Et véritablement cette idée n'est pas sans fondement : c^r Donat ' dit u que la poésie satjrique à la vérité » ne nommait personne, mais qu*elle reprenait n les vices des citoyens d'une tnanièré dure et » forte* )) n en prit mal au poëte Philoxène ^ d'avoir désigné, dans un poème satyrique, le tyran

' ProfUgt^m. Terent.

' Ce m\o3tènê était de Cythére^ pKsrdtif âlthyrambiqiM et p^- Miîte de j^ofesâion; il âtaH été e«cUhre. Deny» le TjHtà Vt»^ ▼oya M»t earriéi^ sût dél êonpçônn qu'il e«it du ceAneice dé ce poète , aYcc tîn joneose de flàte etftreténue pat le roi. Philoiède y fit son Cjrchpe, C'était un débanehé et un buveor achevé. C'est de lui qu'Athénée raconté tout ceci , et quantité d'histo-

par le Cyclope^ la &vorite du roi par Galatée^ et lui-même par Ulysse. Les satyres étaient en effiet mordans , et les Romains se servaient de ces p^sonnages dans leurs triomphes pour lancer sur les triomphateurs des traits caustiques, dont il ne leur fût pas permis de se fâcher dans la chaleur d'une fête publique.

S'il est difficile^ malgré ces autorités et ces exemples, de montrer que l'allégorie ait toujours été l'Ame du poème satyrique, au moins prouvet*on passablement qu'elle en a fait quelquefois l'agrément et le sel / aussi bien que la parodie. L'on

riettes et de bons mots , dont plnsiears ont été mis en vers ou en contes dans les Jnaf entre autres ee mot qu'il^dit étant près de mourir pour avoir trop mangé :

M'y ToiUtout résolu Et puis qu'il faut que je meure , Sans £iire tant de façon , Qu'on m'aj^orte tout-à-l'heure Le reste de mon poiss<m.

La FoHTAiHi, après le vieux comique Machon.

Et cette autre plaisanterie : Philoxène étant à la table de Denys, et voyant qu'on avait servi un très-petit poisison pour lui , et un monstre pour le roi, s'avisa d'approcber de, son oreille le poisson fretin. Interrogé pourquoi cette momerie : it c'est, d^t-ii], que je » voulais savoir certaines nouvelles du temps de Nérée -, mais ce ,» jeune hôte de la mer n'a pu me répondre. Le vôtre est plus > yieux , il saura sans doute ce que je demande. »

SUR LE SPECtAOLB SATTRIQDE. 209

sait àù, moins^i cjue &atiniis fit une parodie de VOdjrssée d*Homère. La question serait dé savoir si c^est un Spectacle sàtyrique à la lettre ^ où si ce n^ëtait pas pl.utôt une comédie dans les formes^ comme celle des Grenouilles d'Aristophane. Certes^ «i l'on montrait bien que la parodie ou allégorie eussent été la base de la poésie satyrique > il y aurait de l'injustice à la regarder conune abso^ lument mauvaise^dans sa substance^ quoique bouf* fonne. Mais> à dire le Trai^> nous n'avons presque rien qui nous porte à le penser ainsi , particulièrement du Cjrclope; non qu'il n'y ait des allusions assez délicates ; mais ce n'est pas de quelques traits, qu'il s'a^t : il est question du fond» Or^ j'avou£ francheitient que je n'y vois tien de pareil aux co*,^ médies d'Âxistophane : car celles-ci sont véritablement allégoriques; et voilà ce qui en £sdtle prix>mal^é les grossièr^etés qu'on y réprouve avec tant de raison. Personne même que je sache > ni des anciens^ ni des modernes que j'ai consultés^ ne s'est avisé de vouloir chercher dans la poésie saty-. rique en général y ou du moins dan& le Cjrclope

* Par Plâtbnius.

XI i4

110 Di$,CO,t;fts

en particulier^ cette alle^ie ça parp^i^ 9^^ pi

souhaitais si fort d*y trouver.

Or, si ce sel i^*y' est pas^ il faut convejiir de bonne foi <jue cçtte ç:iptréme différence entre la comédie ancienne et cet autre genre de meciacle, rend ce dernier fort inférieur à la première. Gur si je ne trouve pas un beau sens caché sous une enveloppe vile en apparence ^ cette enveloppe sera vile en effet, puiscju'elle cessera d'être enveloppe, pour devenir le fond et la réalité même du spec-* tade. Bien jdus , si les boufibnneries, q[ueiq[ue sens fin qu^eUos couvrait, ne peuvent jsunais être, s^ès tout, que des bouffonnerie, que sera-ce si elles ne vpik^t rien de (in, c^t qu'elles ne dirent effiBGtiv^ment que ce qu'dle^ veulent dire? Iç crains ébrt que ce n'ait été 1^ tout 1 Vt de la poéne satyrique, et que les poètes n'y aiei^t entendu d'au-* tre fipesse , que celle de divertir le menu peuple par des nouveautés gigantesques et par des plaisanteries libwtines. |Sn ce cas-là, l'on ne saurait se tromper en prononçant que le Cjrelope est peu digne d'une plume < qui a produit tant de belles

' Nous convenons que le genre est mauvais , que ces cjclopes et ces satyres sentent assez les ogres et les fées , av^\\ s'y trofiye

de inàawe gmil«e <iAàiMt é^lémèttit hiiiign^â dé tiém^ c^Èymptààe, îm, M<m les âtppstretices ^ le

des boufi^nneries et qudquefoU des - ti^acénitâs qui , dio^uent également et la pudeur et le bon goût ; qu'il y a même du plat et dn bfti ipii n^t quep&ârlaipe^uUee. ItiMi 9 &>è% ^iie^tissl àb dëobarge d'Eunpide : i°. que ces cjclqpes an tbir(Qt>o^bages n'étaient pas de l' in ventio A du poète, mais une tradition reçue, et ëenftme «n pitxint id'hii**ke daiis l'àiitfi^iliî M^iOêilèe ; ^. q^ TeiqMression «elèye bien des ehoses : dans Virgile ^ patr exetnple^ le rëclt tait par Acliëmënides des repas monstrueux de ce foéme Pplypbém^ est« de fareti de totA le mokide , oli 4»èB-^heam moi'^ cean ; 3®. que les car actéres des princi|Kiu^ interlocuteurs, Po]|r« pbême , Ulysse et Silène , y sont parlaltement l>ien soutenus ; 4». q«e s'il y ^ dans cette |Éèeed«s g«éssièi«t«s, ^ l^y trou Ve «uèèl quantité de naïvetés et de plaisanteries vraiment comiques ; 5 ^ qui tëtte tatc& , 81 l^on veut l'appeler ainsi , ne laissé pas d'être intëi^ysMBleetvèpae «tudunle» par Ae péril d'tûi'lUfrîMÎtel^u'Ulygsèf l'adresse avec laquelle il s'en tire , et la juste jmnition d'un mons* tre aussi lial8sal)1e que t'olypbème ; 6^ que le di^ur et sur-tout ^^^mj dMiut^^vdffielwi te|^los teltts êiàoi«k 4u^ÉÉbttde.

Nous applsiudirons donc «u P. BnimAy» dont ^ 'ditfâours fur icelte matière nous paraît d'ailleurs un 4^ef«d'œuvre , nous appMiveraM iteoèsimttA lu fvéf^^mte q«Cil ^dènute âu gen^e no* ble, aux images gracieuses j mais nous ajonterons ijue le Cjfdaff d^feuripide> à quelques endroits près , ne nous a {>as paru tout-^ U^ si ii^ptf iâd^* Il nous miniit tôjIMii» él aliiMès â lA ^eùiikté lecture : la seconde et la troisième ont produit le même éSfit i nous en avofks conclu que les Ath^nitens , nourris de leurs fables # ^ient encore plus à portée de s'y divertir.

( NoU de Tanclefa éditéuie. }

ai» DISCOCM .

plumier de ces auteurs (pi fit paraîti^. des. satyres dans son charriot. Horace semble le désigner ^isans toutefois le nommer. Suidas veut que: ce soit ce Pratinas^ qui disputait le prix avec Eschyle et Choçrile. Certes y s'il s'agit d'un spectacle dialogué , l'on ne saïu'ait en attribuer l'invention qu'à Eschyle ■ > comme j'ai tâche de le faire voir. L'on . cite cinq pièces satyriques de ce père des specta* clcs , entr'autres le Protée , sept ou huit de Sophocle ^ quatre d'un certain Achaeus qui ne laissait pas d'avoir quelque célébrité, cinq d'Euripide, quelques-unes de Xénodès, de Philodès, de Morsimus , poètes dont parle Aristophane; qudques-unes encore d'Âstydamas le fils, d'Iophon,

etmâoiedu philosophe Platon, qui les brûla ausd

bien que^ ses trs^édies sans les fiiire représenter. Voilà à peu j)rès tous les auteurs du beau siècle cités : mais tous leura poèmes satyriques ne le sont pas, et il est hors de doute qu'ils en ont fait un plus grand nombre que ceux dont on a conservé 1^.

néfAs : en général , il est vrai de dire que tout poète tragique était en même temps poëte satyrique, puisque la petite pièce accompagnait presque

' Discoun êurVorigine de I4 tragédie , Tome !•

Sun LE SPECTACLB^ATTÏlIQtJE. 2l5

toujours les T^logiesimigiques, pour en faire ides Té&ïiiogiês complèies. De tous-ces poèmes, nous n Wm d'emier (|U0 le Qn^ qai estcenàinemeiit d'Euripide. Ses fii^equences sentences , je ne sais quel air<le philosofdie t^andu danscfadkjuèa C3idroits, son tour d'expression semblable à celui qui règne dans ses autres pièces, ne laisseraient pas lieu d'en douter , quand même on n'aumt pas le concert unanime des manuserits, et .le t^oignage -d' Ath^ée^

La scèû^^st conforme à celle des speètàclés de cette iiaturev Un rochieJr y un antre , des pâturages , de^tvovCpesiiixi Les satyres «e-couxi^sntcEe peaux de dbévr^. L'acMoû eUenoo^e est mbîtië sérieuse, mèitië burlesque. L'issue en est heureuse pour Ulysse». Le wjet cai est kislorique, comsûie eetut des 4jragéc£es. En un mot> tout ailnc^nce ici un qpectade satyrique, tA que je l'ai peint. Car,^ur ^*êquelque chose de la scène , dcmt îeii'ai^i^re rieuf dit, K il y en avait de troii. sortes, dit Yi^' » fnrre * r la scène tragique était décorée de 3^eolonnes, de frontons élevés, de statues,- et de » tout ee qui orne les palai&de&«ro& ; la coBMque

' Vitruve , lir^ V, chap. aS.

9l4 Di^OURS

» faisait- voir des maisoiiis parûculiè^es^avee leurs » baJlcou^etl^ursQrQiseeaeap^^ cDatme

». les r:i]i^ ordioi^refif l^sadtjrrvpie e«fiii était parée » de bocagj8&9 ds grotiea^ 4le iBpiiis^es:> et d'or- » nemens çhampéu^eti ^W; "f^ik d«i» les. paysan gje^ 11 Le9 .Mlyro^ ^ej^^ ^t, jeu»ea^ le» silènes, plu^ oiLiUQi]i& âgj^ élliieixkl.dÀ$tiB{piiâi par des.ina»> ques grotesquesr^ vraies téitas pofl^îdbea ay>ani l'air de celles des chàiares. Ces^^spècea de casques les. distinguaient par la coiffure à longs, poih. Une pea^ de bâte cou^rraîi A^îgemmeatka aatjres.

Les silèa^ étaient om^ade fieuirs.ai:tist^Baieat tis« sues. Les iw et le^ autres étaîeat qudqudEmireprésemé^ par des pantomimes grin^pâ^ sur des éçbassea. a&n de mieux imiter leura jumbea g^nedfisi ^ c^n^me cell^ de^ boucs* Le:fQn4 du speetade con* sistaijt 9 ainsi quQ 1^ ai«Utf^> da»s ka v^cs^ W diant et la daiaae*, M^ii^ tpui^ o^ plus gai était dans le satyrique, sur-tôuila daime^ qui a^iût été de tout temps affectée aux satyres. Leur danse* particulière se nommait sicînnis, à cause ou d'un Si* cmnus^soniniienteur^ ou d'un mot > qui signifie mouYement. Aussi était*^e tiréa^Tive , sans doute

SUR LE SPGTACLE SATYRIQUE. 2l5

comme la musique^ un peu villageoise , et nullement affectueuse, comme Tétait celle des tragéfies. Voilà en peu de mots ce qu'on peut dire du' spectacle satyriqué,

Pour ômer la pièce qu'on va voir, on a cru pouvoir emprunter de Casaubon une gravure anti(Jùe qu^il a puLliée le premier. On lui a seulemefit donne une grandeur quadruple de sa vëri'^ tablé grandeur. C'est une véritable pierife graVee et fort ancienne qui représente une baccbanale* La pierre est un jaspé de couleur veile tirant sur le noir avec des caches rouges. Il y a huit personnages. Bacchus est le principal ; il est soutenu en lair, par un silène d'un côté, et par un satyre de l'autre. Un enfant qui a le pied sur un masque ancien, lui soutient une jambe. Un autre marche devant avec une corne d'abondance , et paraît tirer un bouc. Un arbre sert de dais à Bacchus. Il est couronne de pampre, «t il tient d'une main des fleurs liées en forme de couronne, suivant l'usage des buveurs de l'antiquité. Sa coupe est renversée aux pieds du satyre. Trois bacchajites l'environnent ; l'une avec le petit tambour qu'elle frappe, une autre jouant de la doublcAûte. La troisième

3l6 DISCOURS, etc.

suit : de la main gauche elle semble cueillir .nu; fruit de Tarln^e, ou agiter (juelque instrument pour divertir Bacchus. Sa main droite est ocpupëe, à tcaûr une baguette ornée de lierre et de pampre, mais un peu différente du thyrse, qui était plus long et armé par une extrémité^ en forme de pique , ou même par les deux bouts. Quoique ce •ujet ne soit pas celui du Cyclope , il y a assez de rapport pour le placer ici , puisque c'est une bacchanale et une bacchanale de théâtre ^ee ijae montre a^se^ le masque renversé»

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