‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 46 sur 100 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SGÈNEPREMIERE.

SILENE 9 seul.

nÉLÂs , Bàcchus , que je souffre, et que j^ai souffert pour toi dès ma tendre jeunesse f RappelTeraî-je d'abord le temps où agite par les furies que t'envoya la jalouse^ Junon, tu quittas les nymphes des montagnes qui t'avaient élevé?' Rappellerai-je nos dangers dans la guerre des géans?^GTorieux souvenir ! Silène était à tes côtés^. Tu le sais : Je signalai ma valeur, et sans vanité Je perçai dte nia laiice Encelade, malgré son énorme Bouclier,.., ÇAux spectateurs. )ïi*on vient cette surprise? serait-ce un songe? Non certes ^; et je montrai moi-même les dépouilles à Bacchus,

"* A cause de S^mëlé , amante de Jupiter et mère de Bacchns.

' Silène ûât ici le fanfaron pour faire rire ; car rien de plut

lâche que 1efjilèileê< et les flBiyrei»

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Mais oublions les ihatix passés. Qtre som^ils en comparaison des infortuné pt^ntes? Ta dernière aventure m*a perdu* Junpn , pour t'écarter loin d'elle, s avise de. te faire enlever par des pirates ' Tyrrhéniens. Je vogue sur tes vestiges avec les satyres mes fils. Assis au gouvernail, je les encourage. La mer blanchit sous leurs rames. Nous cherchions Bacchus perdu pour nous» Vain projet! Peu loin de Malée^, un vent contraire nous }ette sur ce rocher d' JEltna > triste asile des hideux enfans de Neptune, de ces monstres avides ^ du sang humain , de ces habilans ténébreux des antres obscurs , en un mot des cruels Cyclopes. L'un d'eux nous surprend, et nous fait sesi esclaves t c'est le barbare Polyphéme. Quel changement de fortune ! Nous paissons ses troupeaux , après avoir servi l'aimable Bacchus. Mes fils encore jeunes, ont soin des jeunes agneaux. Mon emploi conforme à mon âge est de remplir de lait les vaisseaux , de tenir la grotte nette, et de- servir d'horribles festins k |non abominable maître. Il est temps de songer à ce cjui m'est p^-escrit et de n^ettoyer l'antre avec ce râteau de fer, pour recevoir bientôt le

' Voyez cette fable dans le« Métamorphoses cTOyide, liy. Uky Terslafin.

' Promontoire de Laconie.

3 Monstres qui n'ont qu'un cttl au vùhen du firont.

Cydope étires brebis. Mais j'aperçois mes iSls quireviauienten dansant avec les troupeaux. ••• Uolà.^ pourquoi ces danses légères ? Croyez-vous dmic aller au sosk des instrumens^ comme autre^ fi>is.; aceompagner Bacchus, aux festins d'AI-

( L'on voit par 1^ tour de ce prologue , moitié sérieux , mcndé comique , quel était le goût des prologues ou des expp^tions de pareils spectacles; etque souvent ce , pouvaient être de vraies parodies du style tragicp^e^ et de Fair dont marche la tragédie en débutant.)

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