LES MEMES ^ ULYSSE
ULYSSE
Me voici : mais bien, loin de toi. Reconnais
Ulysse.
L£ CTGLOPE.
Ulysse! D'où vient ce changement de nom?
ULYSSE
Sors d'erreur. Je suis le véritable Ulysse. Tu devais être puni de ta barbarie par mes mains. Vainement me serais-je glorifié d'avoir réduit Troie en cendres, si je n'eusse vengé mes compagnons si inhumainement immolés.
LE CYCLOPE étonné.
Hélas , l'oracle * est accompli ! Je me le rappelle avec horreur. Il m'avait trop véritablement prédit que ton retour de. Tcoie me serait funeste, et que je serais aveuglé par ton cruel stratagème. Mais
' Telemus Eurymedes , quem nulla fefellerat aies, TerribUem Polyphemon adit , lumenque quod irnum Fronte geris mediâ , rapiet tibi ( dixit.) Uljsses.
«c Télème, fils d'Eurimus y augure que nul oiseau n'ayait » trompé. Ta trouver l'effrayant Polyphéme. Ulysse, lui dit-il, » vous arrachera Tceil uniqne que vous avez an milieu du front. » Ovid. Mètam. Uv. XIII.
d'eURIPIDE'. 2^
tremble à ioi\ tour. Le même oracle me venge. Il t'annonce de longues erreurs sur les flots.
ULYSSE
Je me ris de tes prédictions; tu es aveugle, et je vois. Adieu, je vole au rivage. Je me jette dans mon vaisseau. Je vogue sur la mer de Sicile, et je rentre dans ma patrie.
LE CYCLOPE
Il n'en ira pas ainsi. Vois ce rocher que j'arrache ; je vais t'écraser avec tes compagnons. Je saurai me traîner sur la hauteur, tout aveugle cpie je suis.
LE CHOEUR
Allons , nous autres , suivons Ulysse , et servons désormais Bacchus.