‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 67 sur 100 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

SILÈNE, LE CHOMEUR.

LE CHOBUR.

OÙ ^ cours-tu, ô toi qui descends de nobles aïeux ! Pourquoi grimper ainsi sur la cime des rochers ? Ce n'est pas là que souffle la douce haleine des zéphirs, ce n'est pas là que tu trouveras du gazon fleuri , ni cette eau pure de la rivière dont est rempli ton aUreuvoir , auprès de l'antre du Cyclope. Ce n'est pas là que tes petits t'appellent par leurs bélemens.

Psytta4.... là..., viens, viens, te dis-je. Sur ce coteau couvert de rosée. — O hé!... Je vais te lancer une pierre. Reviens, reviens, animal aux

' Danse propre aux Satyres.

'Althée, maîtresse de Bacchus , de laquelle ce dieu eut Déjàuire.

3 Ceci est divisé en strophes et antistrophes ; le chœur chante , et c'est à quoi font allusion les derniers mots de Silène.

4 Cri des anciens bergers de Sicile. On la retrouye dans Théo* crrite.

2J2 LB CTCLOPE

longues' cornes^ rentre dans la grotte solitaire da Gyclope sauvage.

Et toi y laisse presser tes mamelles gonflées de lait^ donne-les à tes jeunes agneaux que tu abandonnes dans leur couchette. Ces petits animaux ^ qni dorment tc^t le jour, te rappellent par leurs doux bélemens. Ne q[uitteras-tu* point les pâturages herbeux^ pour revenir dans ton étable à l'ombre des rochers de l'Etn^?

Bacchus n'est point en ces lieux, ni les danses^ ni les bacchantes armées du thyrse y ni le bruit des tambours frappés au bord d'une onde pure, ni les gouttes précieuses de la liqueur vermeille. Je ne suis point avec les nymphes sur les sommets de Nyssa S occupé à chanter un hjmne bacchique à Vénus , à la poursuivre avec les bacchantes aux pieds agiles et brillans. Bacchus , dieu cher et propice, où vis-tu solitaire? En quels lieux *erres-ta avec ta blonde chevelure que tu agites sur tes épaules? tandis que moi, ton serviteur fidèle, je suis esclave du Gydope au front percé d'un œil hideux , et que vêtu de cette peau de bouc , j'erre tristement loin de toi, sans jouir de ton amitié.

giLkm.

Taisez-vous, mes enfans, et dites aux valets de

' Partie du mont Parnaiie. Du» ce paisage f ai tuiTi Ho*grave.

DRAMB SATYRIQUF. * 2^5

rassembler les troupeaux vers l'antre creusé dans le TOC.

LE GHOOBUR anx yalets.

Allez, (à Silène J Mais, mon père , d'où yient

SILÈNE

cet empressement ?

J'aperçois un vaisseau grec sur le rivage , des rameurs avec un chef à leur tête , qui s'avancent vers cet antre ; ils portent des vases vides sur leurs têtes, manquant sans doute de vivres, et âont aussi chargés d'urnes propres à puiser de l'eau. Etrangers malheureux ! Qui sont-ils? Us ignorent quel est le caractère de notre maître Polyphême , puisqu'ils abordent sur ce rivage inhospitalier, et qu'ils viennent se mettre sous la dent de l'anthropophage Cyclope. Mais restez tranquilles, afin que je puisse apprendre d'eux d'où ils sont partis, pour venir en Sicile au pied du mont Etna.

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