Stratoôlès 1IUIH
eût été aké de tout pacifier. Mais loin de a'j creuse, on prétend qu'il souffla le feu de la discorde, et qu'il fut l'unique auteur de cet incendie uni' Versefl. Voici le fait, « dont Aristophane a fait » tant de bruit , dit Plutarque , que le peuplé » àTàit toujours ses vers à la bouche ».
Il y avait à Athènes une beauté' cëlèbi-e nommée Aspasie >, que son esprit et ses charmes rendaient l'oEacle de» Athéniens. Les plus grands person^ nages se faisaient honneur de la voir. Socrate même ne dédaignait pas de lui faire sa cour. Elle gouvernait l'État sans paraître se mêler de rien. Pcriclès en fut épris , et elle «e l'attacha si bien , ftt'il répudia sa femme pour l'^ouser. Elle avait enteet^nu diez elle des conrtkannes. Quel-r <ïae8 jeunes gens d'Athènes s'avis^ent dans l'i- 1rre»se d'àBér à Mégare, et d'enlever une courtisanneaomrawSimactha. Les Mégariens offensé* allèrent à leur tour à Athèneç, d'où ils enlevé^ Tfnt deux courtisannes d'Aspasie. Ce rapt de trois fenimes perdues fut phis fatal aux Grecs, que n'avait été aux troyens celui d'Hélène : car il en' coâta aux premiers près de vingt-huit ans de ia plus cruelle guerre qull» eœ*ent encore Couvée, et il s'en lallut peu que les Grec» conjura à «e perdre ne renversassent la plus brillante de leurs républiques, je veux dire Athènes.
' Plutarque, Fie dt Kéneti», t. Vt, éd&t. !*♦>. t»«ri,, Cussac.
4 l'Es ACHÀRmsrrs,
Périclès épousa , dit-on , les intérêts d'Aspasîe si vivement , qu'il porta un décret terrible contre les Mégariens. « Archidamus % roi des Lacédé- » moniens^ fit tout ce qu'il put pour accorder n la plupart des diflTérens , entre les Athéniens » trop fiers et le reste de la Grèce y en appaisant » et adoulcissant leurs alliez y de manière que les » Athéniens n'eussent point eu la guerre pour les M autres chaînes qu'on leur mettoitsus^ s'ils se » fussent voulu condescendre à révoquer le décret M qu'ilz avoyent fait contre les M<%ariens : Au » moyen dequoi Périclès , qui résista plusque nul M autre à ceste révocation y et qui aiguisa et incita M le peuple à persévérer opiniastrement en ce w qu'il avoit une fois ordonné contre les M<^a-^ M riens ^ fut seul estimé cause et autlieur de la >• guerre péloponnésiaque. Car on dit que les La-" )» cédœmoniens envoyèrent des ambassadeurs à >t Athènes sur ce poinct-là, et comme Périclès M alléguast une loy qui défendoit d'ôter le tableau n sur lequel un édict public auroit une fois esté >* écrit, il y eut Fun des ambassadeurs de Lacé- » démone , nommé Polyarcès , qui lui dit : Eh >» bien; ne Foste pas /mais tourne-le seulement; ». car V0U5 n'avez point de loi*qui vous défende » cela. Ce mot fut trouvé plaisant; mais non
' Plutovqve» traduction d'Anyot, ibidem, ptg. »4i et suiT-
GOMÉD». 5
M pour cela Përiclès n'en fleschit jamais : et pour-
» tant semble il qu'il avoit quelque occasion se-
» crette de propre et particulière malvueiDance
» contre eulx ^ Mais la voulant couvrir d'une
» cause publique et manifeste , il leur osta ex re-
» trancha les terres sacrées qu'ilzmettoyent au la-
» boui'age^ et pour ce fsûre meit en avant un dé-
» cret : Que l'on leur envoyast un bérault pour les
» sommer de s'en déporter , et que le mesme hé-
»> rault allast aussi devers les Lacédsemoniens
» pour en accuser devant eulx les Mégariens. Il
» est bien certain que ce décret fut mis en avant
» par Përiclès^ aussi n'y a il rien qui ne soit juste
» et raisonnable : mais il advint que le bérault
M qui y fut envoyé mourut y et pensa on que les
» Mégarîens l'eussent fait mourir. Parquoi Gha-
» fmus mconûnent {proposa un décret contr'eulx:
» Qu'ils fussent déclarés ennemis mortels des
» Athéniens à jamais sauA espoir de réconciliation
» quelconque : et que si un M^arien mettoit le
» pied seulement dedans le territoire d'Attique ,
» qu'il fost puni de mort , et que les capitaines
» annuels quand ilz feroient leur serment ordi-
n naire jurassent entre les autres articles , que
» tous les ans ilz entreroyent en armes par
» deux fois dedans le pays , et au dommage des
' Les Mcgarîèna.
6 LES ÀGHAR9I£NS^
» Mégariens^ et <pie le hi^rault Aajthëmoçritus » fut eateirë axilieu qui s'appdloit lorsles portes y Triasîeimesy et maintenant s'app^eDipylbn*. 3» Mais les Mégariens nians fort et ferme qu'ilz eus- » sent esté causes de la mort de cestui Anthémdr * » oritus^ en ri^ettdyept la cause* sur Aspàsia et sur » Përidès, alléguanspour tesmoignage ces vers du i> poëte Aristophane , en sa comédie intitulée les » jieharpeSy qui sont si vulgaires que le commun n du peuple mesme les a eri la bouche, » Nous en. avons dit Ip sens. Il s'agit du rapt des cour-: tissuH^s^. <c Ains estril bien mal aisé ^ continue » Plutarque , de scavoir dire à la vérité la pre-? ^1 mière origine et cause de ceste guerre : mais » bien* sont tous lès historiens d'accord , quéPéT M riclès fat 'pt'inoipalemeht autheilr de ce qufe^ oï le décret fait à l-eneontre ^ts Mégariens ne fut -9> point révoqué* »
A ce morioeau^y il en faut néce^airement joindre un autre du même anéien : et Sx descendirent 4 ]e$
' Dipyloii , une «U» portes fl'Alfcèv^ €(ette parte, reiMrqve )e savant ëditiBur de Plutarque, M* VMié ^Prottier, de.rAc^* 4éinie royale des Inscrip. et Belles-Lett. , est encore aujourd'hui l'nii des monmmens d'Atli^iies.
' L4 cause do second décret si foudiroyant contre eux.
3 Voyez ces vers , de la traduction d'i^niyot y dans l'acte I| ^ène V«
4 l^e de ff riclès , pag. 349-
GOMÉDIfi. 7
» Lacédsemonienfr et leurs alliez et cojofédérez^ » avec grosse puissance aux pays de FAltique , » soubs la conduite du roi Archidamus , et en ruî- » nant tout par où ils passoyent^ entrèrent jusques » au bourg d'Àchames , là où ils se campèrent , » estknans que les Athéniens no les y souffri- » royeat jamais ^ ains leur sortiroyent à Fencontre » pour défendre leur pays , et montrer qu'ils n*a- » voyent point le cueur failly. Mais Périclès con- » sidérdit qu'il seroit trop dangereux de hasarder » la bataille ; où il estoit question dé la propre » ville d'Athènes , contre soixante mille combat- » tans à pied , tant du Péloponnèse que de k » Bœocie : car autant y en avoit il au premier » voyage qu'ils y feirent. Et quant à ceulx qui » vonloyentccmibattre à quelque prix que cefust, » ei quiperdoyent patience deyoir ainsi destruire » Jeurs pays deyant leurs yeux , il les reconfortoit » et appafsoit^ en leur rcmonstrant, que les artw bres taillez ou coupez revenoyent en peu de » temps ^ mais qu'il est impossible de Srecouvrer )) les hommes 7 quand on les a une fois perdus, » En effet, suivant Thucydide et Plutarque , Périclès était sage. Car la vue des enne^^s, en déso lant ainsi le pays d^Acharnes qui faisait la plus belle portion de l'Attique et du peuple d'Athènes, était de venir à bout ou cf attirer les Athéniens à ime action générale , qui aurait sans doute décida
8 LBS ACHAUNIENS,
du sort d'Athènes ^ ou d'exciter les Acharniena à la révolte par la couisidération de riudifférence d'un^chef qui les abandouDAÎt au pillage. Péridè^ tint bon ^ et sauva Athènes ^ comme Fabius sauva Rome 5 en temporisant* Il 3e fortifia dans la viUe en se moquant de tout oe (ju'ou pouvait dire h son désavantage. Il avait de son càte d'assez l>dle8 actions pour ne rien appréhender du côté de I*honneur. Cependant toute la république était partagée de sentimens , et il se voyait comme un pilote au milieu de l'orage. Les Achamiens surtout voulaient q^'on donnât bataille. Cléon luitnéme , çpt homme pppu)i|ire et maflre du peuple que nous ferons bientôt connaître , était Je pre-^ mier à apimer la populace contre Périclés. Mais le ministre habile dévora tout, et alla son' train. Il fit porter la guerre dans le Péloponnèse par mer, et quand la ville n'eut plus bespin de sa pi^éseace pour la contenir dans le deyoir , il alla lui-même châtier les Mégariens«
Tandis que duraient ces pillagçs mutuels , et ils durèrent long-temps, les Athéniens trouvèrent mtcè& auprès de deus; on (l'ois rois qui les bercèrent de grandes errances de secours. Mais apparemment lei^r politique allait k amuser les deux partis, et à les laisser s'entre-détruire. Le ^énat athénien se repaissait de chimères au 3uje^ de ces ^coursqui ne venaient point ^ et il en rc
paissait le peuple pour tirer les affaires en Ion* gueur^ comme Aristophane le lui reprochait en (ace. Le premii^ de ces rois qu'on croyait avoir gagnés, ëtait SitalcèSf roideThrace, que son beaufrère Nymphodore Abdëritain ^ avait mis dans le paiti des Athéniens y et dont le fils et rhéritief présomptif Sadocus, avait été fait citoyen d'Athènes. L'Abdéritain promettait que le roi viendrait à bout de pacifier la Thrace , où la guerre était allumée y et que bientôt la népublique aurait les troupes Thraciennes à son service. Perdiccas, fil$ d'Alexandre 3, ix)i de Macédoine, était le second sûr qui l'on comptait; et le troisième était le roi de Peri»^. Nous dirons le reste dans le détail de
iffitde uxans rre du ilaseolym-
$ cette j me j'ai
dit^ que de montrer dans une allégorie , combien )a paix est préférable à la guerre. Il représente un
' Abdére, vUle maritime de Thrace , bâtie par Hercule après qu'il eat Yaincu Diomède, sc^on la fable.
'Alexandre y fils d'Aonyntaf.
^ Dariofl Notbop»
lO LES AGHARia£NS^
jbomme qu'il appelle bon oitpyen ^ quoiqu'il ne laissé pas de dire et de faire des bouffonneries fort basses> Le poëte feint que cet homme trouve le secret de faire seul sa paix avec les ennemis^ et de jouir seul àeê fruits de la paix , tandis que les Achan^iens, les Mégariens et le peuple d'Athènes souffrent toutes les rigueui^ de la guerre, amusés qu'ils sont par les promesses ou par les menaces du sénat , et par l'ambition du général Lamachus, dont l'intérêt particulier est de prolonger la guerre. Ni les généraux, ni l'Etat , ni la mémoire de Périclès ne sont épargnés dans cette singulière coipiédie.