‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 12Chapitre 36 sur 112 · LES PRÉCÉDENS, DIC^OPOUS · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, DIC^OPOUS

mCjBOMLIS.

Que veut ce M^ai^ien?

' Grec : Vm îdèeMé^arique. Les Mëgariens étaient fort peu estimés. On peut consulter à ce sujet Toracle qui' leur fut rendu , et qui est rapporté par Suidas et par le scholiàste de Iliéocrite. Hs ne sont, y est4l dit, ni les troisièmes, ni les quatrièmes^ ni les douzièmes. Cette idée Mégarique ya nous en conyaincre.

> Suis fétus sacrificio die quinto parus est, dit Pline, HUtor, natur. VUl, jj, 'De Ik porci sacres, dkos Plante» Mea. 11,3 , i5y Budcni,iy,6.

COMÉDIE. loS

LE MÉGARIEN

Je viens pour votre marché.

DICJEOPOLIS.

Comment va-t-on chez vous?

LB MÉGARIEN

Nous périssons de foim , étendus près de nos foyers. ^ ^

DIGJEOPOLIS.

Quoi ! C'est charmant d'être auprès du feu, as-' sisté surtout d'un joueur de flûte. Mais que faitesvous encore ?

LE MÉGARIElff .

Le voici. Lorsque je suis sorti de Mégare, nos magistrats décidaient qu'il ne nous restait plus qu'k périr très-promptement et très-misérablemeùt.

Eh bien ! Vous allez être à l'abri de toutes peines.

LE MÉGARIEN

Gomment?

BIGJBOPOLIS.

. Que fait-on encore à Mégare? Combien le froment s'y vend-il?

LEMÉGARIEN.

C'est une chose sacrée pour nous , personne tt'y touche.

104 LES ACHARNIENS,

BICJEOPOLIS.

Apportes-tu du sel?

LE MÉG ARIEN.

Toutes nos salines ne sont-elles pas en voire possession?

DIGJEOPOLIS.

Tu n'ausais pas de Tail?

LE MÉGARIEIf.

Comment en aurais-je? Toutes les fois que vous faites une irruption sur nos terres, vous êtes pires que des lions : vous arrachiez avec desr piquets toutes les têtes d'ail.

Que vends-tu donc?

LE MÉGARIEN

De petites truies ' propres aux sacrifices.

* Xolfisvç.PeT^^etaus est, remarque très-bien le savant M. Brunck dont je vais rapporter la note en entier , perpétuas est in lioc diyerbio lusus ex ambigûitat^ nominis x^^fi^s* quod porcum significat, et pudendum muliebre. Posteriori significatu occurritapud comicum saepè, ut Thesm. 289, 338, Gonc. 724* B^dem ambiguitas in latino sermone seryari poterat.Testis est Varro, cujus adponam locum, L. II. de re rusticâ, pag. 73, édit. Henr. Stephani. a Ab suillo enim génère pecoris immolandi initium pri> » mum sumptum yidetur : cujus yestigia, quôd initiis Gereris por^ » ci immolantur , et quôd initiis pacis fœdus cum feiitur , porcus » occiditur , et quôd nuptiarum initio antiqui reges ac sublimes » yiri in Hetruria in conjunctione nuptiali , nova nupta et novus »maritus primnm porcum immolant. Prisci quoque Latini et

DICiEOPOLIS.

Fort bien. Voyons. •

LE MÉGÀRIEN.

Elles sont magnifiques : tenez, soupesez-les. Hem, ceHe-là est-elle grasse et bonne?

Ob! qu'est ceci?

LE MÉGARIEIÏ.

C'est un petit cochon.

DICJEOPOLIS.

Que dis-tu? et^e quel pays l'apporles-tu?

LE MÉGA.RIEN.

De Mëgare. N'est-ce pas un cochon comme un autre? ^

DICJEOPOLIS.

H ne me le paraît pas.

LE HÉGÀRIEN.

Cela n'est-il pas absurde? Voyez quelle incré-

dalité ! Nier que ceci soit un cochon ! Mais voyez^

je gage une mesure de sel broyé avec du thym,

si ce n'en est pas un comme tous les autres de ce pays.

» etiam Graeci in Italia idem fiictitasse yidentur. Nam et nostr» » mulieres, maxime ntitrices , naturam qua feminae sunt, in vir- » ginibus appeUtnt porcum, et grfpce yjiip^ : ligoificantes este di- » gnurn insigni nuptiarum. d

106 LES ACHARNIENS,

DICJEOPOL^S.

Oui, c'est un cochon ; mais de quelle espèce?

LE HÉGARIEN.

Oui , certes ' ; c'es une race qui m'appartient^ Que pensez-vous donc que cela puisse être? Voulez-vous les entendre grogner?

DICJEOPOLIS.

J'en serais ravi.

L£ MÉGABIEN.

Allons, vite, faites-vous entendre, mes petitesw H ne s'agit point ici de vous taire. J'en prends Mercure à témoin, vous retournerez à la maison.

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