SCÈNE IL
LE BÉOTIEN, DICJEOPOLIS, NICARCHDS, LE CHOEUR.
1IIGÂ.RCHUS.
A qui ces marchandises?
LE BÉÛTIEir.
A cet homme-ci , à moi , vous dis-je : elles viennent de Thèbes ,* Jupiter m'en est témoin.
IflCÂRCHUS.
Eh! bien, moi, que voilà, je les déclare saisies comme marchandises ennemies.
LE BÉOTIEN
Quel démon te pousse à faire la guerre aux ♦ oiseaux?
NICARCHUS.
Tu seras aussi dénoncé.
LE BÉOTIEN
En quoi ai-je méfait ?
nicarchus*
Le voici , et je suis bien aise que tout le monde ici le sache. Tu apportes des mèches de pays ennemi.
DIGJBOPOLIS.
Y a-t-il là de quoi dénoncer quelqu'un ?
122 LES AGHARiriENS;
NICARCHXJS.
Une seule peut embraser toute la flotte.
DIGJEOPOLIS.
La flotte avec une mèche?
mCÀRGHUS.
Je le crois.
DICiEOPOLIS.
Et comment?
NIGÂ.RGHUS.
Quelque Béotien peut en enflaùimer une , rattacher à quelque insecte aîle ^, , la diriger du coté de la flotte pendant un violent vent de bise : et le feu venant à prendre , tous le§ vaisseaux seraient bientôt en feu.
DICJEOPOLIS.
âme de boue ! C'est donc là ce qu'on doit craindre de Tinsecte et de la mèche ?
NIGÀRGHIJS.
Je le soutiens.
DIGJEOPOLIS.
Qu'on ferme la bouche à ce drôle-là : donnezmoi des liens bien souples, pour qu'après l'avoir entouré comme il faut, ce Béotien puisse l'emporter comme un vase de terre sans le briser.
LE GHOEtJR.
Homme de bien, serrez-moi fort cette marchandise-là, de crainte qu'elle «e se casse en la portant.
DIG^OPOLIS.
Je n'y manquerai* pas, d'autant plus que je remarque qu'elle rend un son grêle , comme si elle eût été cassée par le feu , un 3on insupportable aux dieux mêmes.
LE CHOEUR. t,
Que fera-t-il de cela ?
DICiEOPOLIS.
Il en fera tout : la coupe des malheurs , la boîte aux procès , la torche propre à découvrir les dénonciations ,. le vase en un mot où on brouillera toutes les affaires.
LE CHOEUR
Mais 5 qui osera se servir d'un vase dont les sons aigres se font continuellement entendre dans toute la maison ?
DICJEOPOLIS.
Il est fort et ne se cassera jamais, pourvu qu'on le suspende la tête en bas.
LE CHŒUR
Il est assez bien emballé.
LE BÉOTIEN
Je vais maintenant ramasser ma petite récolte.
LE CHOEUR à Dicsopolis.
Prêtez , ô* cher étranger , la main pour soulever
124 l'Es ACHARNIENS,
ce fardeau , et qu'une fois emporté , on jette où l'on voudra ce sycophante bpn à tout.
DIGiEOPOLIS.
Soulève donc , ô Béotien , et reçois ce vase : car pour moi , )e n ai pu ramasser que cette mauvaise marchandise.
LE BÉOTIEN-
Allons , Isménichus , présente ici tes épaules endurcies , et fais ensorte de porter ce fardeau avec précaution*
DIGiEOPOLIS.
Tu ne porteras pas grand chose de bon : voici cependant l'avantage qui t'en reviendra. On te fera du bien en faveur des sycophantes ' .