‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 12Chapitre 46 sur 112 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

VALET DE LAMACHUS , DICJEOPOLIS.

LE VALET

Dicaeopolis !

mCJEOPOLIS.

Qui est-là? Que me voulez-vous?

LE VALET

Je viens delà part de Lamachus , vous prier de

I Le traducteur italien a très-bien rendu cet endroit : e sarai avTenturato per rispetto de calunniatpri.

GOMÉDIB^ 125

lui accorder , pour la fête des coupes * , quelques grives , moyennant ces deux drachmes : et en voilà trois pour une anguille de Çopaïs , qu'il désire avoir aussi.

DIGjEOPOLIS.

Quel est ce Lamachas qui veut manger de Tangui lie?

* X**» ' X^'^y X^^^s» x^'iy X^^^y mesures de liquides, contenant plus de neuf livres : elle se plaçait au milieu de la table chez les anciens, qui buvaient tous à cette même coupe, les uns après les auties. Cet usage entretenait Fintimité et la cordialité qui doivent régner dans les repas, comme l'observe très-bien Plutarque , dans la dixième question de son second livre sur les Propos de table* La fête des coupes n'était cependant point instituée en l'honneur de cet usage. En voici l'objet, tel que nous \e trouvons dans le scholiaste d'Aristophane. Oreste, après le meurtre de sa mère, vint à Athènes pendant qu'on y célébrait la fête de Bacebus Lénéen : il s'y retira chez Pandi<KQ , san parent, qui donnait dans ce moment-là un grand festin. Celui-ci ne voulut pas éconduire Oreste, il ne voulut pas d'un autre côté se souiller en communiquant avec un homme qui ne s'était point encore purifié du parricide qu'il avait commis. Pandion, pour obvier à cet inconvénient, fit servira chacun sa portion d'alimens solides et liquides, pour qu'il n'y eût aucun genre, ni aucun besoin de communication des uns avec les autres, soit de paroles, soit autrement. Be-là la fête des Choés ou des coupes; on/aisoit commandement de manger en silence , sans parler à ceux ijfui disnoient au Jèstojrement d* Oreste. (Les Propos de table, ib^) Hairpocration nous apprend, d'après Démosthène, que cette fête se célébrait le i3 du mois anthesterion, époque où Ton célébrait les fêtes lénéennes : ce qui est une nouvelle preuve que cette pièce fut jouée pendant ces dernières fêtes.

126 LES ACHARWIENS,

LE VALET

C'est rincroyable, l'infatigable Lamachus , qui sait si bien agiter son bouclier à la gorgone et son triple panache. ,

DICiEOPOLIS.

A celui-là ? Je n'en céderais pas , dût-il me donner son bouclier. Qu'il aille faire briller se» aigrettes vers les vendeurs de poisson salé. S'il prétendait faire violence, j'aurais bien vite recours aux agoranomes. Mais je vais me retirer avec mes provisions , soutenu sur les ailes des grives et des merles \

LE CHOEUR

Voilà , voilà , ô tous tant cjue vous êtes , un homme prudent et très-sage ! Il a su faire un traité qui lui donne la liberté d'acheter tout ce qui est utile dans un ménage , tout ce qui peut flatter le goût; choses que le commerce a coutume de faire abonder ici. Il en tire un grand parti , et il fait jeter devant sa porte ces plumes , qui sont un indice debonne chère. Oh! jamais nous n'accueillerons la guerre ; jamais admise dans nos festins, on ne la verra entonner son Harmodius'^.

» C'est-là une parodie de quelque chanson.

/» « Le nom d'Harmodius et d*Aristogiton, dit M. Larcher, » fut bientôt après leur mort dans la bouche de tout le monde; » et à table, une branche demyrthe à la main, on chantait des

LiTrée au vin et à d'autres exeès , elle est venue , en vraie (ébauchée ^.remplacer jpar toutes sortes de calamités^ tous les biens dont nous jouissions. Elle bouleversait , perdait et détruisait tout : nous avions beau user de procèdes honnêtes, et lui dire souvent : JReposez-vous y bu\fez et participez à cette coupe (famis : elle n'en était que plus ardente à mettre le feu à nos vignes, et à dessécher la source de nos vins^

DICjEOPOLIS.

paix, chérie de la belle Vénus et des Grâces ses favorites , d'où vient que , douée de tant de charmes , tu es restée si long-temps dans l'obscurité ? Plaise aux dieux que je fasse avec toi une union éternelle soûs les auspices de quelque fcimouT , couronné de roses , tel que celui que j'ai là sous les yeux ! Hélas ! peut-être me crois-tu trop vieux ? Cependant si nous nous unissons , il me semble que je pourrai enoMre te procurer trois choses qui ont leur mérite. Premièrement, je pra^ tiquerai un long sillon de jeune vigne, près de laquelle j'établirai ensuite de tendres rejetons de fi-

» chan^OfiLS en leur hoimeur. » Hérodote , liy. IV , pag. 238. Voyez Athénée y liy. XV; on y trouve tout ,1e commencement de la tcolie d'Harmodius, qu'on avait coutume de chanter dans tous les repas.

^ Tout ce morceau était inintelligible avant que M. Brunck eût rétabli l'ordre des vers et la vraie leçon de plusieurs mots.

128** LES AGHAKNIE1SS>

guier; enfin, tout vieux que je suis, je planterai moi seul un olivier , et garnirai d'olives tout le tour de mon héritage, pour que nous puissions Vun et Tautre nous parfumer aux néoménies.

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