SCÈNE V
lES ACTEURS PRÉCÉDENS , UN LABOUREUR.
LE LABOUREUR
Ah! malheureux que je suis!
SIC^OPOLIS.
Oh! par Hercule, qu'est-ce qur cela?
LE LABOUREUR
Un malheuredx.
DICJBOPOLIS.
Continue ta route.
XII ft
l3o LES AGHAHIflENS,
cher ami , puisque vous avez un traité particulier, cédez-moi une provision de paix , seulement pour cinq ans.
DICJEOPOLIS.
Quel malLeur t*est-il donc arrivé?
LE LàBOURBUR.
Je ne puis survivre à la douleur d'avoir perdu un couple de bœufs.
DIGjEOPOLIS.
Et comment?
LE LABOUREUR
Des Béotiens me Tout enlevé de Phyla ^ , où il était.
DiCJEOPOLIS.
Oh , trois fois malheureux! Malgré ce deuil , tu t'habilles en blanc?
LE LABOUREUR
Jupiter sait que ces bœufs me fournissaient un aliment ^ qui me tenait lieu de toutes délices.
DICJEOPOLIS.
jQue veux-tu donc?
> Bourg de l'Attiqae. Voyez Meursini.
^ IV Z3MI BoXtToii : ils me notifmsaiient de toute fiente i8#>er«£s est mis là pour kfxOoU : jeu de mots.
€OMÉÛtE. l3l
LE LABOUREUR
JTai perdu les yeux à pleurer ce malheur. Mais si vous vouliez quelque bien à Dercète le Phylasien, vous me donneriez du baume de paix pour les frotter^
BIGJIOPOLI&.
Ma recette n'est pas pour tout le monde.
LE LÂ*BOUREUR.
Oh! je vous en conjure, un peu de paix sur mes yeux, pour que je retrouve mes bœufs^ si c'est possible.
DIGJEOPOLIS.
Ce n'est point là mon affaire : va-t-en pleurer auprès des disciples de Pittalus ' .
LE LABOUREUR
Par grâce, versez-moi une seule goutte de paix dans ce chalumeau.
DICJEOPOLIS.
Tu n'auras pas la moindre chose. Va-t'en crier où tu voudras.
LE LABOUREUR
Oh, malheureux que je suis! plus de boeufs pour labourer!
LE CHOBUH , à part.
Cet homme-là s'est procuré, par son traité, ^ Il exerçait la médecine à AUiènes.
l32 LES AGHARmENS^
quelques avantages ^ et il ne paraît pas dispose à les partager avec tout le monde.
DICJEOPOLIS.
Arrosez ces tripes avec du miel : grand feu sous les sèches»
LE CHOEUR , à part.
Entendex-vous, comme il élève la voix?
DICJEO^OLIS.
Grillez les anguilles.
LE GHCEUR.
Mais la faim , Todeur de vos mets , et vos ordres répétés, nous donnent la mort et à tous vos voisins. ^
DICiEOPOLIS.
Feu vif sous ceci, et veillez à ce que cela prenne une belle couleur bien dorée.