‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 12Chapitre 51 sur 112 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

DICJEOPOLIS, LAMACHUS, UN SECOND COURRIER , DEUX VALETS, personnages muets.

LE COURRIER

Dicaeopolis!

DIG^OPOLIS.

Qu'ya-t-il?

LE COURRIER

Le prêtre de Bacchus vous invite à venir à son banquet, muni d'une corbeille et d'un congé j mais hâtez-vous : on vous attend depuis longtemps. Tout est prêt : lits, tables, coussins,

I Géryon est rq>ré8entë ayec trois corps ou trois tètes : on lui fiiit tout cela quadruple ici. Bergler s'est donné la peine de copier sur cet endroit le scholiaste , qui remarque que xttpfoatùx^ y mis pojor TtTpuvtofAirtn OU TerfioottfuXtn , lait allusion au mot xtrpœaxtf p\ik\i^ i sauterelle, ainsi appelée à cause de ses quatre ailes. Le scholiaste prétend que Dicasopolis montrait à l4amaehus un de ces insectes en lui parlant ainsi.

GOMÉons. i5y '

eouvre-pieds > , couronnes ^ piarfums^ desserts : il y a couiti^annes^ galettes ^, gâteaux^ offrandes au sésame ^^ gaufir'es4, charmantes danseuses, en un mot , tout ce qui fait les délices d'un festin joyeux'^. Mais dépechez-vous au plus vite ^.

LAMÀGHUS.

Que je suis malheureux !

' çfiilifAocrcCf espèce de manteau qo^on portait sur soi quand on sortait , et qu'on étendait sur ses jambes quand on était à ta^ble.

* «nukoij dont 1^ farine n'a pas été préparée sous la meule.

^ r« fàTetf Afifto^ùv, les délices d'un Harmodius, e'est-àdire de ces festins où, libre de tous soucis, on chantait des airs consacrés à célébrer Harmodius.

^ l'ai déià&it observer (dans la note de la page 84 à 85) la beauté du style d'i^istophane , la richesse de son expression , et l'art merveilleux de ce poète pour se proportionner aux sujets qu'il traite. Yojez comme par l'usage heureusement multiplié de la lettre A, cette voyelle étant k première expression que la nature dicte au plaisir , il exprime ici la joie et la gaieté, qui font Fâme des festins :

ArrEAOî B.

ial dV%]vW tecx»

fiôc^i , ryv Mtçtfv ^ct€ùiv xeci xcnt jf^tSt* i r90 titat)tv99M yotp 9 uptvi pLiregaiftatroii. iXX' iyxovte' ^tiavtcf xcneototXvteç aotkcci» rec ^ SiyXec Ql«vr* ici» accptfjttuccv/ihec , xXlvcUf Tfiiat^cuf xafionttfôtkcttUf çpCafUtVKy

« m/AvXacj fakœxovvTti y CTfcec/AovvTiç f ïrpiet, ifiX^ÇP^^ty TOI fCkt«9* Jififi9Si9VfXKXec{.

l38 LES AGHARNIENS,

Oui , de porter ainsi une grande gorgone sur votre bouclier. Allons, qu'on ferme la porte, et qu'on dispose tout ce qui m'est nécessaire pour mon repas,

LÀMÂCHUS } à son valet.

Garçon, garçon , apporte ici mon mannequin *.

DICJEOPOLIS, àsony^ikt.

Garçon, garçon, apporte-moi ma corbeille 2.

LAMÂGHUS 9 à son yalet.

Voyons, des oignons et du sel broyé avec du thym.

DiCjEOPOLiS) à sonyakt* Voyons, du poisson : les oignons me répugnent.

LÀXAGH17S, à son yalet

Enveloppe dans une feuille ce petit salé rance , et donne-le moi.

I Lamachus ya nous donner en détail tout l'attirail d'un équipage militaire. Toutfy mérite attention pour ceux qui aiment à savoir ce qu'on a fait autrefois, et ce qn*on peut faire. On ne retrouvera rien ici de tout ce qui entre dans les équipages de nos petits-mattres actuels, quoique Lamachus fût le coryphée de ceux d'Athènes. €e mannequin renfermait toutes les provisions nécessaires peur une campagne.

3 Cette scèiie suppose autant de {oie et de gaieté dans la figure de Dicaeopolis^que de noir et de bourm dtas cette dt Lamachus.

COMÉDIE. iSg

vlCMOFQhls 9 à «on yalet

Préparc-moi, dans une feuille de liguier, di;i lail et de la graisse ^ toute fraîche de porc : je ferai moi-même cuire le tout.

LAMACHUa f à son yalet*

Mets-là ces plumes qui sont sur mon casque.

diGjEOPOLIS ^ à t<m valet.

Mets-là ce^ ramiers et ces grives.

LAmAGHUS y à son i^alet*

La belle plume d'autruche! Qu'elle est blanche î

BICjEOPOLIS, à son yalet.

Le beau coup-d'œil qu'a cette chair de tourterelle! Comme elle est blonde!

LAlitAGHlIS , à Dicœopolis.

Mon ami , tachez de ne pas vous moquer de mon armure.

DICjEOPOLIS j à Lamachus.

Mon ami, pou vez-vous vous empêcher de jeter un oeil de concupiscence sur ces grives?

LAMACHUS y à son valet.

Donne-moi l'étui où est ma triple aigrette

DIGAOPOtlS'j à son valet.

Donne-moi ce ragoût de lièvre.

I ^piOTf, mets particulier fait avec du lait et de la graisse de porc très-fratche , qu'on faisait cuire dans une feuille de figuier.

l4o LES AGHAimiENS,

LiLMÀGHUS.

Comme les mites crinivores ont ronge mon aigrette!

DIGjEOPOLIS.

Comme, dès avant le repas, je mangerais du ragoût » au foie et au sang de lièvre!

LiLlfACHUSi à Dicœopolis.

Voulez-vous bien , Fami , ne pas m'adresser la parole?

DICJBOFOLIS.

Je ne vous l'adresse pas ; mais je confère depuis long-temps avec mon valet, (à son valet.) Eh!

bien, gageons : et que Lamachus que voilà

nous dise si les sauterelles sont plus délicates que les grives.

LiiMACHITS.

Eh ! quel goguenard!

DICjEOPOXiIS.

Il donne la préférence aux sauterelles.

LAMACHUS.

Garçon, garçon, décroche ma lance, et donnela moi.

DICJEOFOLIS.

Garçon, garçon, décroche cette ando aille , et dortQC-la moi.

COMÉDIE. l4l

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