‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 12Chapitre 64 sur 112 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

Cette opposition d'oracles, c'est-à-dire de belles promesses dont on tâche de repaître le peuple , XII i5

ig4 L^S CHEVALIEAS^

est traitée dahs le même genre de plaisanterie que tout ce qui s'est passé jusqu'ici entre les deux ri-vaux y mais d'une manière encore plus énigmatique. Cléon montre quelques papiers mystérieux, ajoutant qu'il en a un plein coffre. Les oracles pour séduire Athènes ne lui coûtaient rien. L'autre, pour enchérir, dit que sa maison en est remplie. Le premier oracle de Cléon est un ordre de garder le chien qui aboie : le chien , c'est luimême. Âgoracrite en donne un tout contraire contre ce cerbère qui se nourrit du sang du peupie. Cléon en produit un second où il se compare, à un lion qu'il faut conserver. Mais on lui fait remarquer que ce même oracle, mieux entendu, dît qailfaipt enfermer le lion et le mettre au Pilori '. Les oracles continuent toujours sur le même ton , plus obscur pour nous qu'il ne l'était pour les spectateurs. Cela montre que le peuple se laissait amuser par les sentences superstitieuses^ dont' ceux qui voulaient gouverner usaient habilement. Cléon , dans un de ses oracles, fait allusion à celui de Thémistocle qui est très-connu ,. c'est-idire aux murs de bois qu'Apollon conseillait aux Athéniens de construire, et que Thémistocle interpréta par le terme de vaisseau^ en les engageant à donner la bataille navale de Salamine.

< Dans un boit à cinq trous , ««yrroru^cyyw ^^u.

COMEDIE. ig5

Gomme il n'est ici question que du goût de la comédie ancienne , et non pas de grandes recherches d'érudition qui écarteraient du but principal^ on se dispensera aisément de l'explication pénible et souvent impossible de quelques autres oracles comiqueis dont les allusions sont moins aisées à démêler et feraient peu de plaisir.

Les oracles n'ayant pas réussi à Cléon , il. a recours à une autre adresse , c'est de promettre au peuple du blé. Mais le peuple ne veut pas en recevoir d'un pareil ministre d'Etat, parce que, dit-il^ on Ta souvent éprouvé trompeur^ ainsi que Théophane. Cléon ajoute qu'il est près de doijiner un festin au vieillard. Agoracrite fait la même o&e en termes plus magnifiques , de sorte que le vieïllard-:peuple qui se prenait aisément par ces repas et ces largesses , accepte le défi et les met aux prises y résolu de se livrer à celui qui saura mieux le régaler : cela dispose à l'acte suivant* •Car les deux athlètes vont préparer le festin , et duraat cet intervalle , les che^iliers font observer au vieillard qu'il est en eflFet le souverain d'Athènes, puisque tous les grands s'empressent à le caresser et à lui faire la cour; mais qu'après tout , il ne sait pas user de son pouvoir , puisqu'on le séduit comme on veut , par les pièges les plus grossiers. Le peuple répond que c'est un plaisir exquis pour lui d'enrichir des brigands qui Je

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flattent^ et de leur faire ensuite rendre leur proie.

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