‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 12Chapitre 77 sur 112 · LES PRÉCÉDENS, CLÉON · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, CLÉON

GLÉON.

Que je périsse de tous les genres de supplices y si tu ne succombes de cette fois-ci , pourvu qu'il me reste quelques vestiges de mon ancienne fourberie.

LE VENDEUR DE BOUDINS

J'aime tes menaces. Les fumées de ta jactance me font rire. Allons, fais quelques gambades; je vais chanter à la façon des coucous.

CLÉON

J'en jure par Jupiter^ que jç ne respire plus , si je te fais disparaître en te croquant.

LE VENDEUR DE BOUDINS

Si tu ne me croques? Et moi, que je meure, si

COMÉDI«« 267

je ne t'avale comme une rasade , et si je n'en crèye après.

CLÉON

Je te perdrai : oui , j'en jure par la place élevée que Pylos ma value.

LE VENDEUR DE BOUDINS , en montrant le hant du marche.

La voilà, la place élevée: puisses- tu être rejeté du haut de celle-ci, jusqu'à la plus basse du théâtre !

J'en prends le Ciel à témoin ; oui, je t'attacherai à un pieu.

LE VENDEUR DE BOUDINS

Gomme tu es colère! Eh ! bien, que veux- tu manger ? qu'est-ce qui serait le plus de ton goût? la caisse pul)lique ?

CLÉjON.

Je t ari^^cherai les boyaux avec les ongles.

LE VENDEUR DE BOUDINS

Et moi jerognerai, comme on rogne des ongles, la portion qu'on t'envoie du Prytanée.

Page 1