I.E MAGISTRAT
Comment? Dites.
LTSISTRATA.
Comme quand notre fil est embrouillé : nous le prenons par bouts et le retirons de dessus le fuseau , de côté et d'autre. Nous détruirons également la mésintelligence, si l'on nous le permet,
^ Kofiiuivovç»
' *vk«fiX^wT, chef de cayalerie d'une tribu.
420 LrSlSTEATA,
en l'affûiblissant par de$ ambassades de côté et d'autre.
Vous Verrez , bonnes femmes , que de la laine , du fil et des fuseaux , videront de grands intérêts*
liTSISTRATA.
Et vous , si vous aviez tant soit peu de bon sens , vous feriez, pour gouverner la république, ce que font les femmes dans le travail de leurs laines.
LE MAGISTRAT
Voyons donc, que font-elles?
LTSISTRATA.
Il fallait d'abord commencer par chasser de la ville , à coups de verges, tous les mauvais sujets, et par séparer cette engeance, de même que nous décrassons notre laine en la trempant : et quant à ceux qui se réunirent QQmm^ en un flocon, et s'entr'aident pour parvenir aux charges, c'était de les tenir loin les uns des autres, et de leur tondre la tête. Il fallait ensuite les jeter tous dans une corbeille pour le bien commun , en y mêlant les émigrans ', ainsi que vos hôte^ et vo^ amis, et tout
« WtoUm- C'est ainsi qu'on désignait ceux qui, sans être étiàngérs, Tenaient s'établir d'une viDe dans une autredc l'Attique. Ces émigrans étaient obligés de payer tous les ans le fitT^àttw. Iséee dans son Plaidoxer i:ontre Elpagoras- et Démophane^ éyalue le /*fT96ccov pour les hoxBnei i dôme 4r«chmes, et pour \o9 femmes
homme qui devait au trésor public ; et , par Jupiter^ même les villes qui sont habitées par des colons tirés d'ici , vous deviez savoir qu'il fallait nous les faire passer séparément et par pelotons. De tout ce mélange, il fallait tirer un fil , n'en faire qu'un seul , et former un gros peloton, avec lequel on eût tissu une tunique pour le peuple.
LE MAGISTRAT
N'est- il pas outrageant que des femmes qui ne prennent aucune part aux fatigues de la guerre , veuillent vous travailler tout cela comme de la laine?
LTSISTRATA.
Mais , ô détestable homme , nous supportons plus de la moitié du fardeau de la guerre , nous qui avons mis avec peine nos enfans au jour, et les avons vus partir chargés d'armes ^^
à six. Ceux qui ne pouyaient; satis&ire à cette espèce de capitation, étaient vendus comme esclaves. Voilà sans doute une loi un peu sévère, mais capable d*arrèter la mendicité dans sa source» en prévenant les suites funestes du vagabondage et du désordre des mœurs.
» nx?(^cs McXtVaç. Paulmier remarque ici, avec raison, qu'Aristophane veut faire entendre ici la dé&ite des Athéniens en Sicile ; défiiitc^ qui causa tant de larmes aux Athéniens. Mais admirons avec le même critique , Fadresse du poète qui ne laisse point reposer le spectateur sur ce souvenir affligeant : il faiit in^terrompre Lys strata par le magistrat, et rappelle aussitôt le: rire » qui est la seule âme de la Comédie.
422 LYSISTRATA
LE MAGISTRAT
Taisez -VOUS. Ne rappelez pas nos pertes.
LYSISTRATA
De plus , si nous voulons nous divenir, et jouir de notre jeunesse, il faut que nous couchions seules, à cause de la guerre. Mais passons sur ce qui nous regarde : je suis d'ailleurs désolée pour ces jeunes filles qui vieillissent dans leur lit.
LE MAGISTRAT
Eh quoi ! les hommes ne vieillissent - ils pas aussi?
LTSISTRAXA.
Oh! certes, ce que vous dites là est bien différent. Un homme qui a blanchi pendant une longue absence , épouse bien vite à son retour une jeune fille ; au lieu que la saison d'une femme est de courte durée : si elle n'en profite, personne ne veut plus l'épouser, et elle n'est bonne qu'a tirer des horoscopes.
LE MAGISTRAT
Mais quelqu'un peut encore être en état de....
LYSISTRATA
Qu'est-ce que vous faites là? Vous ne crèverez pas? Vous êtes un fruit mûr pour la mort ; achetez une bière; je vais vous préparer un gâteau emmiellé; prenez cette petite couronne, et ceignezvous la tête.
UNE FEMME
Recevez de moi ces bandelettes.