‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 109 sur 125 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

MYRRHINE, sans paraître d'abois 5 LYSISTRATA , CYNÉSIAS , UN ENFANT.

GTlsrÉSlAS.

Que je suis malheureux ! De quelle espèce de frénésie et d'ardeur suis-je donc tourmenté? Ces t comme si j'étais sur une roue !

ltsistrAtà.

Quel est celui qui se tient là en deçà des sentinelles?

CTNÉSIAS.

Moi.

LYSISTRATA

Un homme !

GTNÉSIAS.

Sans doute ; un homme.

ltsistrAta.

Ne vous retirerez- vous donc pas d'ici?

CYNÉSIAS.

Et vous , qui êtes-vous pour me repousser ainsi ?

LYSISTRATA

La sentinelle de jour.

GTNÉSIAS*

Au nom des dieux, je vous en conjure, appelez-moi Myrrhine.

LYSISTRÂTA.

Bon , suis-je donc ici pour vous appeler Myrrhine? Et vous, qiii êtes-vous?

GYNÉSIÂS.

Je suis son mari , Cynésias le Pœonide. lysistrâta.

O bonjour, mon très-cher : votre nom n'est point inconnu , ni ignoré parmi nous : votre femme vous nomme sans cesse. Qu'elle prenne un œuf ou une pomme : ceci , dit-elle, est pour Cynésias.

GYHÉSIAS.

O bons dieux !

XYSISTRÀTA. *

Oui , j'en jure par Vénus, si l'on vient à parler de maris, votre femme s'écrie aussitôt : Tout le reste n'est que fadaise au prix de Cynésias.

CYNÉSIAS.

Allons, faites-la donc venir.

LYSISTRATA

Quoi? Me donnerez- vous quelque chose?

GYZIÉSIAS.

Oh ! certainement oui , et tout de suite si vous

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voulez. Voilà ce que j'ai : je vous donne, comme vous voyez, ce que j'ai.

LYSISTRÀTÂ.

Je cours , et vais vous la faire venir. SCÈNE III.

MYRRHINE, CYNÉSIAS, UN PETIT ENFANT, MANES, domestique.

CYNÉSIAS, à part.

Au plus vile donc. La vie m'est tout-à-fait à

cliarge , depuis que je ne la vois plus à la maison ;

je crains d'y rentrer ; tout m'y paraît triste ; et

rien de ce que je mange ne me fait plaisir , car je

souffre.

MYRRHINE , à part.

Je l'aime, oui je ]'aime : mais il ne veut pas de mon amour. Ainsi ne m'engagez pas à l'aller trouver.

CYNÉSIAS.

0 ma très-chère petite Myrrhinelte , pourquoi en user ainsi? Venez ici.

MYRRHINE

Noii certes, je n'irai pas.

CYNÉSIAS.

Quoi , ô Myrrhine , même lorsque je vous appelle"^

GooQle

MYRRHINE

Vous m'appelez sans avoir besoin de moi.

CYJSrÉSiAS.

Moi , sans besoin? et je n'y puis plus tenir.

MYRRHINE

Je m'en vais.

GYKÉSIAS.

Non, je vous en prie : au moins écoutez la voix de votre petit enfant. Eh bien donc ! n'appelles-tu pas ta mère?

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