SCÈNE IL
MYRRHINE, sans paraître d'abois 5 LYSISTRATA , CYNÉSIAS , UN ENFANT.
GTlsrÉSlAS.
Que je suis malheureux ! De quelle espèce de frénésie et d'ardeur suis-je donc tourmenté? Ces t comme si j'étais sur une roue !
ltsistrAtà.
Quel est celui qui se tient là en deçà des sentinelles?
CTNÉSIAS.
Moi.
LYSISTRATA
Un homme !
GTNÉSIAS.
Sans doute ; un homme.
ltsistrAta.
Ne vous retirerez- vous donc pas d'ici?
CYNÉSIAS.
Et vous , qui êtes-vous pour me repousser ainsi ?
LYSISTRATA
La sentinelle de jour.
GTNÉSIAS*
Au nom des dieux, je vous en conjure, appelez-moi Myrrhine.
LYSISTRÂTA.
Bon , suis-je donc ici pour vous appeler Myrrhine? Et vous, qiii êtes-vous?
GYNÉSIÂS.
Je suis son mari , Cynésias le Pœonide. lysistrâta.
O bonjour, mon très-cher : votre nom n'est point inconnu , ni ignoré parmi nous : votre femme vous nomme sans cesse. Qu'elle prenne un œuf ou une pomme : ceci , dit-elle, est pour Cynésias.
GYHÉSIAS.
O bons dieux !
XYSISTRÀTA. *
Oui , j'en jure par Vénus, si l'on vient à parler de maris, votre femme s'écrie aussitôt : Tout le reste n'est que fadaise au prix de Cynésias.
CYNÉSIAS.
Allons, faites-la donc venir.
LYSISTRATA
Quoi? Me donnerez- vous quelque chose?
GYZIÉSIAS.
Oh ! certainement oui , et tout de suite si vous
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voulez. Voilà ce que j'ai : je vous donne, comme vous voyez, ce que j'ai.
LYSISTRÀTÂ.
Je cours , et vais vous la faire venir. SCÈNE III.
MYRRHINE, CYNÉSIAS, UN PETIT ENFANT, MANES, domestique.
CYNÉSIAS, à part.
Au plus vile donc. La vie m'est tout-à-fait à
cliarge , depuis que je ne la vois plus à la maison ;
je crains d'y rentrer ; tout m'y paraît triste ; et
rien de ce que je mange ne me fait plaisir , car je
souffre.
MYRRHINE , à part.
Je l'aime, oui je ]'aime : mais il ne veut pas de mon amour. Ainsi ne m'engagez pas à l'aller trouver.
CYNÉSIAS.
0 ma très-chère petite Myrrhinelte , pourquoi en user ainsi? Venez ici.
MYRRHINE
Noii certes, je n'irai pas.
CYNÉSIAS.
Quoi , ô Myrrhine , même lorsque je vous appelle"^
GooQle
MYRRHINE
Vous m'appelez sans avoir besoin de moi.
CYJSrÉSiAS.
Moi , sans besoin? et je n'y puis plus tenir.
MYRRHINE
Je m'en vais.
GYKÉSIAS.
Non, je vous en prie : au moins écoutez la voix de votre petit enfant. Eh bien donc ! n'appelles-tu pas ta mère?