UN ENFANT
Maman , maman y maman !
CYNÉSIAS.
Eh bien ! que faites- vous? N'avez-vous pas pitié de cet enfant, qui n*a été lavé depuis six jours, et qui est privé de letter?
MYRRHINE
Oui , il me fait pitié. ]^!ais son père est un paresseux.
GYNÉSIAS.
Venez donc , ô méchante / pour l'amour de l'enfant.
MYRRHINE
Ah ! voilà ce que c'est que d'être mère ! Il faut paraître : car, que faire?
Googk
446 JLYSISTKATA,
CTNÉSIÂS.
Elle me seUible beaucoup plus jeune, et avoir un regard plus tendre ; et , c'est précisément parce qu'elle se montre si peu trai table, et cju'elle me rebute , que je sens pour elle le désir le plus vif.
myrrhiue.
0 très -cher petit enfant d'un mauvais père, viens que je t'embrasse, toi, le plus chéri de ta maman*
GTNÉSIÀS.
Pourquoi donc, mauvaise, en user ainsi, et vous réunir aux autres femmes? Vous êtes cause de mes peines, et de vos ennuis.
MYRRHINE
Ne me touchez pas*
GYNÉSIÀS.
Vous allez donc laisser perdre tout ce que nous avons en commun à la maison*
MYRRBINE.
Je m'en soucie fort peu.
CYNÉSIAS*
Vous souciez-vous donc peu de ce que les poules détruisent tout votre tissu?
MYRRBIITE*
Oui , par Jupiter.
GYNÉSIÂS.
VoTis n'avez pas célébré depuis tant de temps les|orgies de Vénus ! Ne reviendrez-vous pas?
MYRRHINE
Non certes; h moins que vous ne fassiez la paix entre vous, et que vous ne cessiez de guerroyer.
GTNÉSIÀS.
Eh bien ! je ferai encore cela, suivant tes désirs.
MTRRHINE*
Eh bien! je retournerai chez moi, suivant les désirs ; mais maintenant je serai parjure.
GYNÉSIAS.
Au moins restons ici quelque temps ^euls.
MYRRHINÊ.
Point du tout; quoique je ne puisse dire que je ne vous aime pas.
CYNÉSUS.
Vous m'aimez? Pourquoi donc, ô Myrrhine , ne pas rester avec moi ?
MYRRHINE
Quoi, nigaud, en présence de cet enfant?
GYNÉSIÂS.
Hé non pas. Allons, Manès, porte cet enfant à la maison.
/GooqIc
448 LYSISTRATA