‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 27 sur 125 · SCÈNE IV- LE SACRIFICATEim , PISTHÉTÉRUS, UN POÈTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV- LE SACRIFICATEim , PISTHÉTÉRUS, UN POÈTE

LE POÈTE

Chantez , mnses, chantez Néphélococcygie 5 Publiez sa grandeur chez cent peuples divers : Que du bruit de son nom la terre soit remplie Par vos hymnes et par vos vers.

l68 LES OISEAUX,

PISTBÉTÉRUS.

Qu'est -ce que ceci? D'où êtes -vous, je vous prie ? Qui étes-vous?

LE POÈTE

Je suis un chantre dont les sons égalent la douceur du miel. Je suis le serviteur alerte des muses, comme dit Homère, ,

PISTHÉTÉRUS.

Pour un valet , vous avez de bien grands cheveux.

LE POÈTE

Parlez mieux , de grâce. Les poêles sont les ministres alertes des muses , comme dit Homère,

PISTBÉTÉRUS*

Ce n'est donc pas sans raison que vous avez un surtout si sec. Mais , monsieur le poëte, où venezvous vous perdre ici ?

LE POÈTE

J'ai composé des* vers sur votre Néphélococcygie , plusieurs et excellens dithyrambes , des parthénécs * , et des vers à la Simonide.

PISTBÉTÉRUS.

Vous en avez fait? Eh ! depuis quand?

I Chansons faites pour être chantées par des troupes de jeunes filles. Voyez les Mëm. de l'Acad. des Inscript, et Bell. Lett., t. XJIJ, p. 262*, et Piutarque , t. XXII, p. 199. Paris , Gussac.

LE POÈTE

n y a long-temps. Il y a long-temps que je vante cette fameuse ville.

PI8THÉTÉRUS>lP

Mais quoi ! le sacrifice que je fais présentement, n est-ce pas celui de sa fondation, et ne viens- je pas de lui donner un nom , comme à un enfant qui ne fait que de naître * ?

LE POÈTE

Tel qa'nn coursier plus prompt qae les éclairs , Parcourt Tolympiquc carrière , Telle pour les Neuf Sœurs fend le yague des airs

Une infatîguable courrîère.

Bfais , ô père sacré , grand fondateur d'Etna^, Récompense mes soins

.PISTHÉTÉRUS.

Ce peste de poëte-là ne nous laissera pas en repos , si nous ne lui donnons quelque chose pour nous débarrasser de lui. Hé ! Manodore , tu as une casaque et une veste. Donne-lui ta casaque. Tenez, on vous donne cela : aussi-bien paraissez-vous tout morfondu.

' Dix jours après la naissance d'un enfant , le père rassemblait ses parens et ses amis , donnait un nom à son enfant, pffrait un sacrifice , et donnait ensuite un repas à tous ceux qui avaient comme servi de témoins. Voyez Meuraius , Gr. Fer. in A/*? t-

3 Allusion à un vers de Pind%re.

LE POETE

Ma mnse j noble et hautaine , Aime les cœurs bienfaîsans.

Sans s abf^^r et sans peine Elle accepte les présens.

Mais , 6 héros adorable , D'une oreille fayorable Daigne entendre ces beaux vers De FKarmonieux Pindare

PISTHÉTÉRUS.

Cet homme-ci ne nous laissera pas en paix,

LE POÈTE

> Sur une rive barbare ,

Affreux séjour des hivers , L'infortuné Straton en de vastes déserts

Erre avec le Scythe nomade.

Son corps languissant et malade , Aux injures de Fair en tout temps exposé , N'oppose aux aquilons qu'un vêtement usé j Sa veste par lambeaux , honteuse , méprisée y Craint les yeux du public, dont elle est la risée.

Comprenez- vous ce que je dis?

PISTHÉTÉRUS.

Je comprends bien que vous demandez aussi une veste. Hé î donne-lui aussi la veste. Il est raisonnable de faire du bien aux poètes. Prenez cela, et allez-vous-en.

LE POÈTE

Je m'en vais , et en m'en allant je ferai des vers en l'honneur de votre ville.

Muse , qui , sur an trône d'or y

Es assise au haut du Parnasse ,

Daigne seconder mon audace y Et prendre en ma faveur un plus rapide essor. Je suis venu , j ai vu cette plage brillante y

Cette ville froide et tremblante , ,

Cette plaine fertile en éclairs y en frimas^

La la la la la la la la ^ etc.

PISTHÉTÉRUS.

Oui , par Jupiter. Mais avec cette veste que tu as reçue de nous , te voilà sauv(^de ces frimas.

Eh ! qui diable se serait imaginé que cet homme dût si tôt entendre parler de notre ville ! Pour moi, je n'aurais jamais craint un tel malheur. Reprenez Taspersoir , et faites le tour de Taulel.

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