SCÈNE VI
PISTHÉTÉRUS , LE SACRIFICATEUR , MÉTON , géomètre.
MÉTON
Je viens chez vous, pour
PISTHÉTÉRUS*
En voici d'un autre. Que venez-vous faire ici», vous? Qnel est votre dessein?
MÉTON
Je veux arpenter l'air , et vous le partager en arpens.
Eh ! qui êtes-vous donc , de par tous les dieux?
MÉTON
Je suis ce fameux Méton, connu par toute la Grèce , comme à Colone même.
PISTHÉTÉRUS.
Mais, dites -moi, quels instrumens avez -vous là?
MÉTON
Ce sont des règles pour mesurer l'air ; car d'ahord vous saurez que l'air est entièrement fait comme un four : c'est pourquoi, applicant par en
haut cette règle courbe, puis posant le compas.... Vous m'entendez bien?
PISTBÉTÉRUS.
Moi? Je ne vous entends point du tout.
MÉTON
J'appliquerai une règle droite, et je prendrai si bien mes dimensions que je ferai un cercle quarrë^ et que je retracerai le forum au centre. A cette place aboutiront de toutes parts des rues droites , semblables aux brillans rayons du soleil,. qni est rond lui-même.
A ce <jue je vois, cet homme est un second Thaïes. Méton
MÉTON
Hé! bien, qu'est-ce?
PISTHÉTÉRtJS.
Monsieur le géomètre , je suis de vos amis ; je ne sais si vous le savez. Croyez-moi , retirez-vous au plus vite.
MÉTON
Qu'ai- je donc à craindre?
PISTBÉTÉRtJS.
On bannit d'ici certaines gens, comme on fait de Lacédémone; on leur donne la chasse; rien qtte coups de bâton pour eux par toute la ville.
MÉTON
Y a*t-il parmi vous des séditieu]^ ?
nSTBÉTÉKtrs.
Nullement.
MÉTON
Que voulez-vous donc dire?
PtSTHÉTÉRUS.
Nous avons résolu d'un commun avis de chasser d'ici tx)ute sorte d'imposteurs.
MÉTON
Je ferai donc bien de m'en aller.
PISTHÉTÉRUS.
Je ne sais si vous pourrez devancer les coups de bâton. Les voilà qui aqcourent au grand galop : ils vous ont parbleu atteint.
MÉTON
Malheureux que je suis ! on m'assomme.
PISTHÉTÉRtJS*
Ne vous le disais- je pas il y a une heure? Allez , allez , avec vos mesures^ mesurer aillews à votre manière.
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