‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 51 sur 125 · E TRIBALLE · texte numérisé non relu

E TRIBALLE

Saunacabactaricrousa.

HERCULE K

Il dit que c'est fort bien parler.

NEPTUNE

Sî vous êtes tous deux de ce sentiment , j'en, suis donc aussi.

HERCULE 9 s'adressant à Pisthétérus.

Ecoutez, nous sommes d'accord pour ce qui regarde le sceptre. On vous passe cet article.

PISTHÉTÉRUS..'

A propoa vraiment , il y a encore une autre chose, à quoi je ne pensais ^pas : je veux bien laiser Junon à Jupiter ; mais il faut qu'on me donne Souveraineté en mariage.

Je vois bien que vous n'avez pas envie de faire la paix. Retournons ohea nous.

PISTHÉTÉRUS.

Je m'en soucie fort peu. Hé! cuisinier, songez, qu'il faut faire une sauce douce

25o LES OISEAUX 9

HERCDXE*

Morbleu, Neptune, vous êtes un pauvre homirie. Quoi, nous ferons la guerre pour une seule femme?

NEPTUNE

Eh ! que veux-tu que nous fassions ?

HERCULE

Ce que je veux? Que nous fassions la paix.

NEPTUNE

Malheureux, il y a une heure qu'on te dupe, et tti ne t'en aperçois pas ! Vois comme tu te fais tort à loi-même : si Jupiter vient à mourir après avoir livré aux Oiseaux le pouvoir suprême , te voilà misérable. C'est à toi qu'appartiennent les biens que Jupiter laissera en mourant.

PISTHÉTÉRUS.

Pauvre Hercule , comme on vous en fait accroire ! Approchez , que je vous dise deux mots : votre oncle , idiot que vous êtes , se moque de vous; selon la loi , il ne vous appartient pas une obole des biens de votre père , puisque vous n'êtes pas né de légitime mariage , mais que vous^ êtes bâtard.

HERCULE

Moi bâtard! Que dites-vous?

PISTHÉTJÊRUS.

Oui, par Jupiter vous l'êtes; et, qui plus est.

votre mère était une étrangère* Eh! comment voudriez - vous qae Minerve ' fût considérée comme l'héritière de Jupiter, elle qui n'est qu'une fille , si elle avait des frères légitimes?

HERCULE

Mais si mon père en mourant me faisait don de ses hiens , comme chose que la loi permettrait en faveur des hâtards ?

PISTHÉTÉRUS

La loi ne le lui permet pas. Neptune, qui vous donne des espérances présentement , sera le premier à vous disputer la succession , comme étant frère du mort. Vous dirai-je les paroles mêmes de Solon ? Où ilj a enjans légitimes , les bâtards^ dit-il , n^ont keuj et oii il n'y aura enf ans légi* times , les plus proches du côté et ligne auront lieu.

HERCULE

Je n'aurai donc aucune part à la succession de mon père?

7ISTBÉTÉRUS..

Non certes.. Dites-moi , je vous prie , votre père

X Apollon , Mercure et tons les autres enfaiis de Jupiter , étaient des enfans naturels ^excepté Vulcain, que Jupiter at«it en quelque façon dësayouë^. Mars était fils de Jnnon seule. Ainsi Minerye pouvait être regardée comme la seule fille légitime, et l'unique héritière de Jupiter. M. Boiyin.

252 IjBs oiseaux,

vous a-t-il fait inscrire sur le registre de quelque

tribu ' ?

HERCULE

Non vraiment, et je m'en étonnais il y a longtemps,

PISTHÉTÉRUS.

Pourquoi regardez- vous en haut la bouche ouverte , la colère et la menace peintes dans vos yeux? Si vous •voulez resier avec nous, je vous pix)mets de vou$ faire roi , et de vous nourrir de lait de poule,

HERCULE

Votre demande , touchant la Soui^eraineté , m'a toujours paru juste. Je vous la livre.

PISTHÉTÉRUS.

Et vous, Neptune» que dites- vous?

NEPTUNE

Je m'y oppose*

^ PISTHÉTÉRUS*

Tout dépend présentement du Triballe. Cà, Triballe , de quel avis étes-vous?

' Voyez Petit, lib. II^Titul, IV, J. 8. Au aujet de la loi qui enjoignait aux Athéniens de porter leurs enfàas aux chefs des curies^ pour faire inscrire les noms de ces eiifans sur le cata« logue des noms des citoyens , cérémonie qui ayait lieu le troisième jour des apaturies. Mais les bâtards n'étaient point présentés aux chefs des curies , ni mis au nombre des citoyens.

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