‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 59 sur 125 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MiTÉsiLOGHUS , fort fàché de se voir entraîné hors de chez lui avant le jour et en hiver, par Timportunité d'Euripide son parent, lui demande où il le mène; mais Euripide évite de le dire, en usant de subtilités philosophiques. «Il ne faut pas, » dit-il, <£ue vous l'entendiez, puisque vous Tallez «.voir. » Mnésilochus se fait répéter cette subtilité. « Il ne faut pas, dites-vous, que j'entende?»

EURIPIDE

. Ce que vous allez voir.

MNÉSILOCHUS.

Ni apparemment que je voie?..

Ce qu'il vous fa^t écouter.

Mnésilochus conclut qu'il faut n'avoir ni de» oreilles ni des yeux. Euripide, en philosophe^ lui fait une explication ridicule de la formation de

Toeil et de Toreille ; ce qui fait dire à son parent : rt 0 les belles choses ! Voilà ce qu'on gagne à avoir » affaire aux philosophes. » Aristophane , comme Ton Toit, veut s'égayer aux dépens de la philosophie et des' philosophes , d'Euripide surtout, et d'Anaxagoras, son maître , et dft Socrate, son ami. Comme le maître et l'ami avaient été taxés ou accusés d'impiété , le poète comique veut faire penser aux spectateurs , dans cette pièce ainsi que dans les Grenouilles , qu'Euripide e* était un peu entiché.

Cette scène toute badine consiste dans des jeux pareils à celui qu'on vient de voir, jusqu'à ce qu'Euripide, apercevant le valet du poète Aga thon, chez qui il avait dessein d'aller , prie son parent de s'arrêter devant la porte qu'il lui montre* Le valet , aussi fou que son maître , dit en sortant : « Peuple, gardez un silence religieux; cal* le chœur w des Muses est dans le cabinet de mon maître, et » médite de nouveaux chants. 0 ventsf , retirez » votre haleine , flots , suspendez votre course. » D veut dire qu'Agathon fait une tragédie nouvelle. Cela donne lieu à un jeu de théâtre qui rend ridicules Agathon et ses confrères les tragiques.

Euripide et Mnésilochus s'abouchent avec le valet , pour le prier d^aveitir Agathon. Le valet dit que son maître ne tardera pas; qu'aussi -bien en hiver il n'est pas aisé à un poëtedefairç des vers ,

s'il ne va au soleil : trait contre les pôëtes gueux« ^Euripide expose ici à son parent la raison pour laquelle il l'amène vers Agathon : c'est qu'Euripide a appris que rassemblée des femmes , qu'il a si souvent, drapées dans se^ tragédies ^ doit ce jour^là méme^ troisième jour des Fêtes de Cérès, lui faire son procès , et peut - être le condamner à mort. C'est pour prévenir ce malheur qu'il vient prier Agathon.de se trouver déguisé à cette assemblée ; coup f^e dei^t cruel contre l'efiféminé Agathon , et contre ceux qui se déguisaient pour se trouver à ces mystères , comme on accusa depuis Glodius * d'avoir assisté à ceux de la bonne déesse à Rome. Tout roule sur cette folle idée qu'Aristophane met dans la tête d'Euripide.

Agathon paraît; habillé en femme et suivi dlin chœur de Muses, ou de femmes autres que le chœur qu'on verra dans la suite. Il récite des vers en poète insensé et précieux : c'est l'intermède 4e l'acte.

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