ACTE IL
Mnésiloghus se moque finement d'Agathon ainsi déguisé. Celui-ci allègue l'exemple d*Àna-
* Gtcéron pour JEttUoa.
créon , d'Alcée et de Phrynicus, qui ne faisaient, dit-il, de bons vers, que parce qu'ils étaient propres et poupins. « C'est donc pour cela y dit Afne- » silochus , que Philoclès ' , le maussade > en fait » de si sots , et le méchant Xénoclès de si mé- » dians ,. et le froid Tbéogni»^ de si froids. » C*est sur celai même qu'Agathon prétend justifier ses airs de petit - maître. Eurimde soutient qvi'il a raison , et que lui - même a son âge en a hitautantv II vient aussitôt à présenter sa requête-, en se servant des vers de quelqu'une de ses tragédies; car la parodie est le grandrartd'AristopJ^ane dans cette pièce , ^ partout^ Euripide expose donc à son ami le besoin qu'il a de son secours ; mais celui-ci le fait souvenir d'un vers: de la tragédie d'^^e^te 3 ^ qù Admète reprochant^
» Poëte dëjà cité.
3 Renommé pour ses yers à la glacer
3 Voyez la tragédie d'Alceste , acte III ,8céne VI. Ces pare-^, dies ne montrent pas qu'on ait critiqué les vers d'Euripide comme mauyais ; au contraire , elles font voir qu'ils avaient Élit une très-yiye impression. Il y paraît bien, par celui à'Bip^ poljrtey ib. , acte III , scène II , qui est encore allégué dans cette comédie, Ma langue a juré, non mon cœur. Je prie le lecteui;: de se rappeler ce que nous avons dit dans les réflexions sur jilcestCf et de faire attention que , si ce qui a choqué les modernes dans cette pièce eût paru choquant aux spectateursatliéniens, Aristhophane , qui n'épargne nullement Euripide, n'eût pas. manqué dé le relever. Or , c'est ce qu'il n'a jamaisfait. Donc, les raisons que f ai alléguées pour jiutifier AhetfA
à son père Phérès la dureté qu'il a eue de laisser mourir Alceste , au lieu fi'oflFrir lui - même aux Parques un reste de jours usés , Phérès répond : « Il vous est dpux de, voir la lumière , et croyez- » vous qu'il me le soit moins?» Âgathon refuse donc nettement de se trouver à la Fôte pour défejidre son ami.
Euripide abandonné de ce coté-là, a recours h son parent , qui consent à l'aller d^endre. Agathon veut bien lui prêter ses ajustemens , et l'on habille Mnésilochus en femme. Il fait jurer Euripide d'accourir à son secours, si l'on vient à le découvrir. Le poëte jure par l'iEther, domicdje du roi des dieux , serment philosophique. Aussi pars^it-il suspect à Mnésilochus. Euripide, pour le contenter, dit d''iui ton un peu piqué : w Hé bien ! » je jure par tous les dieux. — Souvenez-vous donc, » reprend Mnésilochus, que votre cœur a juré, » et non pas seulement votre langue, w AUusimi à un vers d'Hippdyte. On entend aussitôt les cris des femmes dans le temple àe Cérès et de Proserpine. Elles paraissent, et Euripide s'enfuit. Tout le reste de la pièce est supposé -se passer dans ce temple , qui s'ouvre pour être vu des spectateurs.
sub^U^t dans leur entier. Gela me parait démonstratif | car» |U>ur les vers cité« ici , quand mémçj'accordeMii qu'Âristppbaiie les critique, ce qa'il ne £31^ pas, cela rendrait enfiorç plus fiprte la preuve que je t>re de son silence suivie reHe.
comédie; 24.9
V jpne Athénienne s ayance , suivie-d'un chœur de ses pareilles. Elle les anime à célébrer les mystères des deux déesses. Cela s'exécute dans la forme des chœurs grecs , avec les invocations ordinaires. Il est plaisant que celle qui porte la parole fasse faire aux autres des imprécations en cérémonie, « contre ceux qui formeraient quelque
» dessein contraire aux intérêts du peuple du
» peuple-femme , reprend-elle , contre ceux qui » voudraient faire leur paix avec les. Perses ^ , ou » avec Euripide ; contre ceux qui ambitionne- » raient le pouvoir souverain , ou procureraient » au peuple de noiïveaux tyrans. »-
A ces imprécations singulières^, on en mêle d'autres qui regardent plus particulièrement les femmes ; pas exenyple, contre celles qui révéleraient la supposition d'un enfant par une femme^ et choses semblables* Il y a trois ou quatre endroits , en cette pièce ^ qui montrent que la supposition des en&ns n'était pas rare à Athènes. Le chœur ratifie ces vœux et ces imprécations..
■ Ib étaient alors^ennemis d'Athènes..
aSo liES FÊTES DE CÉRÈS,