‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 62 sur 125 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Ce qui reste n'est ni curieux ni beau, du moitis pour nous. Ce ne sont que des parodies- et de^

' Le yendeuf de lampei .

258 « LES F]àTBS PE CÉRÊS ^

tours de souplesse pour rendre Euripide ridicule de tout point. Mnesilochus s'ennuie de ne le pas voir voler à son secours. « Cest qu'il rougit du » froid Palaméde S dit-il; cherchons quelque autre ^> tragédie pour l'attirer. . • Ah ! rien de mieux ima- » ginë; contrefaisons Hélène : aussi-hien ai-je un » vêtement conforme au sien. » Il faut remarquer que le chœur n'a laissé Mnesilochus en repos à l'autel qui lui servait d'asile , que jusqu'à ce qu'on eût le temps d'aller au prytanée pour faire venir quelque femme' de grand magistrat avec des licteurs.

Mnesilochus, sous le personnage d'Hélène, s'imagine voir le Nil et l'Egypte , comme celle d'Euripide S ^^ f^î^ une scène comique et de coq-cU^âney avec une autre femme qui n'est point au fait de cette nouvelle ruse. Euripide qui survient, entre dans l'esprit de ce jeu. Il demande à être introduit , conune le Ménélas de sa tragédie; autre jeu de même goût pour plaisanter sur la reconnaissance de Ménélas et d'Hélène. « N'est-ce » pas ici , dit-il au chœur , le palais de Prêtée , » roi d'Egypte? » Une des femmes répond qu'il

I En effet , Euripide , dans la dispute pour cette pièce , ne fut , nommé que le second, et fut vaincu par Xénoclès: ce qui met £lien de fort mauvaise humeur contre les juges des prix. £lien, vor. &>£. ï. I,c. VIII.

» Voyez VEéMVi d'Euripide.

qomediê* 367

eKtravague, et que Protéas est mort depuis dix ans. Ce quiproquo ressemble à celui de Martial le poète, pris pour un Martial, faiseur de gants, par la comtesse d'Escarbagnas ^ Protéas, filsd'Epicyclès et général athénien , s'était trouvé au combat de Sybote ^ , contre ceux dé Corinthe et de Corcyre ^. Dès la première année de la guerre du Péloponnèse il avait assiégé Méthone4; il vécut donc dix ou onze ans depuis.

Durant le badinage d'Euripide, déguisé en Ménélas, arrive la femme du magistrat avec un licteur ^. Cela déconcerte un peu le nouveau Ménélas , qui voulait ramener sa nouvelle Hélène. Il se retire donc ; mais il lui promet de la secourir , bien assuré de ne pas demeurer court en fait de ruses et de stratagèmes.

La prytanienne livre Mnésiloque au licteur, qui le lie , avec ordre de le garder à vue et d'écarter ^ tous ceux qui s'en approcheraient. Le chœur, flatté

1 Chez Molière.

a Sybote, lie devant Leucade ou Sainte-Maure, dan$ la mer Ionienne y près de TEpire.

3 Thucyd. , 1. 1.

4 Mëthone, yille du Péloponnèse, sur le bord occidental de la Messënie.

' Ces licteurs étaient Scytbes. ns gardaient la ville au nombre de mille, et avaient leurs casernes dans le marché.

6 A coups d'étrivièrei .

de Tespoir d'une vengeance signalée, décrit dans un divertissement une partie de sa danse , de ses tours et retours ; mais il serait difficile d'en tirer plus de lumières que ce que nous en avons dît au second discours ^ Ce qu'il y a de remarquable dans ce morceau , c'est un mot sur le jeûne du troisième jour des Fêtes de Ce'rès ; « jeûne que » Pauson même observe^ dit le chœur. » Pauson était un homme ruiné, qui méritait apparemment de l'être. •

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