‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 65 sur 125 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MNÉSILOCHUS, EURIProE.

MNÉSILOGHITS.

Autant l'on désire en hiver le retour de l'hirondelle, autant je désire, en vérité, voir la fin des caurses que je fais depuis le matin. ( Montrant Euripide et entrecoupant sesparoles). Cet homme a juré ma mort : je suis tout essoufflé; ma rate est prête à se rompre. (-^ £Mn/?iV/e). Mais auparavant, Euripide, est-il possible de savoir du moins où vous me traîne2i ainsi sur vos pas?

EURIPmE.

Laissez donc i il n^est pas nécessaire qu'on vous

:è64 L£S FÊTBS DE GÈRES ^

batte les oreilles (le tout ce que vos propres yçux vont vous apprendre tout-à-l*heure.

IfJilésiLOGBUS.

Comment dites-vous? Répétez?., • (Il répète en traînant ses mots). Il n'est pas nécessaire (ju'on m'entretienne d'une chose?

EURIPIDE

Eh ! non. Quand on va vous la mettre sous les yeux.

MNÉSILOCBUS.

Ni par conséquent qu'on me fasse voir un

objet?

EURIPIDE

Non encore : si vous pouvez le connaître en vous en entretenant.

MNÉSILOGHUS^

Que me dites- vous là? Cependant vous parlçz à merveille. Mais , suivant vous , je pourrais me passer de voir et d'entendre.

L'un va sans l'autre : Ne pas voir et ne pas entendre , sont deux fonctions que la nature a sé^ parées : sachez bien cela.

MNÉSILOGHUS^

\ Comment séparées?

EURIPIDE

Voici comme cela s'est fait dès l'origine des choses : quand les élémens furent sortis du chaos , pi que les animaux purent se mouvoir par euxmêmes , la vue leur devint d'une nécessité indis-» pensable ; aussi l'-^Ether forma d'abord le globe de l'œil à Tinstar de celui du soleil , puis il creusa l'oreille, seul entonnoir de V entendement *•

MIfésiLOGHUS.

Ainsi cet entonnoir fait que je ne vois, ni n'entends. Par Jupiter, je me réjouis en vérité de ce que vous m'apprenez là. Vive la société des philosophes 2.

£ITRIPIPE* ^

Je vous en apprendrais bien d'autres de cette espèce.

MNÉSILOCBUS.

Plût aux dieux que vous pussiez en outre m'indiquer le moyen de ne plus boiter!

Approchez ici. Tenez : écoutez.

HliésiLOCBUS.

Me voici.

I Mots burlesques qui répondent faiblement au jeu de mots d'Aristophane: Axo^v ^l x^^'^^^'

» hl c9foci ^wovviote doit être traduit avec le degré de ridicule qu'on attache quelquefois au mot philosophe.

EURIPIBE.

Voyez-vous cette porte?

HNÉSILOCHUS.

Oui , certes, je la vois : je le crois du moins.

EURIPIDE

Motus y maintenant.

MN ÉsiLOGHUS 9 faisant semblant d' écouter la porte.

Allons , soit : motus pour là porte.

EURIPIDE

Écoutez bien.

MNÉSILOGHUS.

J'écoute et respecte les secrets de la porte.

EURIPIDE

C'est là que demeure le fameux Âgatbon ' , poëte tragique.

MIfÉSILOCHUS. /

Quel est cet Âgathon ?

EURIPIDE

C'est un Agathon.

MNÉSILOGHUS.

Il est sans doute basané , vigoureux?

' EURIPIDE

Non. Ce n'est pas cela : vous ne l'avez donc jamais vu?

' Ay«^tov, fort, vigoureux.

GOMéms. 267

MIfÉSILOCHUS.

^n visage est couvert d'une barbe épaisse?,. ••

EURIPIDE

Vous ne l'avez donc jamais vu?

MNÉSILOCHUS.

Non , par Jupiter , autant qu'il m'en souvienne,

EURIPIDE

Vous l'avez cependant vu , mais sans le connaître; (car ce n'était pas son visage qu'il vous montrait ^). ( Euripide tire Mnésilochus par le bras et V emmène dans un coin). Ah! retironsnous à l'écart. Voilà son certain valet qui sort , portant du feu et des branches de myrtbe. Il va, j'imagine , offrir un sacrifice pour l'heureux succès du travail de son maître.

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