SCÈNE III
MNÉSILOCHUS , EURIPmE.
MliÉSILOCHUS.
Qu'ai-je donc à faire ici?
EURIPIDE
Attendez, je vous prie : le voilà qui vient. i^A pari). O Jupiter ! quelle est ma destinée pour aujourd'hui !
MliésuLOCHUS 9 arec yiyacitë et inquiétude.
Et moi, je vous demande ^ au nom de Jupiter, ce que signifie tout cela? Que veulent dire yos^ larmes, vos frayeurs? Vous êtes mon gendre : vous ne devez avoir rien de caché pour moi.
EURIPIDE 9 d'un air triste et accable.
Oh ! je 'suis menacé du plus grand malheur.
MKÉSILOGBUS.
Quoi?
EURIPIDE
Dans ce jour il sera décidé si l'on doit laisser vivre ou condanmer à mort Euripide.
MNÉSILOGHVS.
Vous extravaguez ! Tous les tribunaux sont fermés. Le sénat ne s'assemble point. Nous n'en sommes encore qu'au troisième jour ou au milieu de la solennité des Fêtes de Cérès '.
EURIPIDE
Et voilà précisément d'où me viennent toutes mes inquiétudes ; car les femmes ont formé des projets contre moi. Leur assemblée d'aujourd'hui dans le temple des déesses , n'a pour but que ma perte.
MKÉSILOCHUS.
Mais, pourquoi cela?
EURIPIDE
Parce que je les ai fort maltraitées dans mes tragédies.
MMÉSILOCHUS.
Oh ! par les dieux de la terre et de l'onde , vous l'aurez bien mérité. Mais avez-vous quelque expédient pour vous tirer de là?
EURIPIDE
Je voudrais persuader au dramaturge Agathon de se faufiler dans l'assemblée des femmes.
* Ce passage est très-clair ; il détermine bien précisément le nombre des jours consacrés aux thesmophorieS| Le troisième étant le milieu de ces jours, il est évident que cette solennité était de cinq jours.
2y2 l'^S FÊTES DE GÉRÉS ^
MNÉSILOCBUS*
Qu*y fera-t-il, je vous demande?
EURIPIDE
Il y parlera , et fera valoir tout ce qui est en ma faveur.
HNÉSILOCB17S.
Sera-t-il déguisé, ou non?
EURIPIDE
Déguisé. •• Il prendra un accoutrement féminin.
MNÉSILOGHUS.
Oh ! la belle idée ! bien digne de vous ; car à vous la palme en fait d'astuce ».
EURIPIDE
Paix*
MNÉSILOCBUS.
Qu^a-t-il?
EURIPmE.
C'est Agatbon qui paraît.
MNÉsy^OCBUS*
Faites-moi-le remarquer.
EURIPIDE
Ne le voyez - vous pas juché en haut de sa machine^?-
« Voyez /e* Chepàliers ^y . ^'j'j ,
» Voyez la note du tome XII « page 7a.
MNÉSILOCBUS.
' Je n'y vois donc goutle ; car je n'aperçois pas trace d'homme ici ^ mais bien une Cyrèue ^
EURIPIDE
Silence : le voilà qui s'apprête à nous donner quelques airs.
MNÉSILOCHVS.
Oui : la marche des fourmis , qu'il va nous chanter avec sa voix grêle.