‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 72 sur 125 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

IJNE FEMME EN HÉRAUT , CHŒUR DE FEMME^, MNESILOCHUâ, SEPT HARANGUEUSES,

LA FEMME HÉRAUT

Silence ] silence. Adressez des vœux aux Thesmophores, Cérès et Proserpine, à Pluton, àCallige'nie, à la Terre, mère des jeunes gens, à Mercure , aux Grâces , pour que la harangue et cette assemble'e-ci aient le plus grand succès possible , soient fort utiles à la ville d'Athènes , et tournent à notre propre avantage. Demandez que celle-là soit couronnée, qui aura le mieux mérité du peuple et de nous , par sa bonne conduite et par ses discours. Demandez aussi des biens pour vous. Voilà quel doit être l'objet de vos vœux. lo paean, io paean, io paean. Réjouissons-nous.

LE CHOEtTR*

Nous ne formons pas d'autres vœux, et nous conjurons toute la génération céleste de les recevoir avec plaisir. Venez au milieu de nous^ ô Jupiter^

resplendissant de gloire. 0 dieu , distingué par votre lyre dorée ^ , et qui fixez votre séjour dans l'île sacrée de D^os. Et vous, ô vierge ^, supérieure à tout> remarquable par vos yeux bleus et par la riche lance que vous portez. Vous aussi , qu'on peut nommer de mille manières , rejeton ^ de la belle Latone, vierge , la terreur des bétes féroces. Venez , ô vénérable Neptune , dieu des mers , et quittez le gouffre de Nérée , peuplé de poissons et agité de tempêtes. Joignez-vous encore à nous, ô Nymphes des vallées et des montagnes. Que les sons de la cithare se fassent entendre avec nos prières ! 0 nobles Athéniennes , que la harangue soit conforme à nos vœux !

LA FEMME HÉRAUT

Adressez vos prières aux dieux et aux déesses de l'Olympe , aux dieux et aux déesses pythiennes , aux dieux et aux déesses déliennes , enfin à toutes le^ autres divinités* Faites des imprécations contre tous ceux qui formeraient des desseins contraires aux intérêts du peuple -^femme , qui voudraient faire leur paix avec Euripide ou avec les Perses; contre ceux qui ambitionneraient le pouvoir souverain , ou qui concourraient à faciliter le retour

■ Apollon.

» Minerye.

3 Diane I

ag2 LBS FÊTES D£ GÉRÉS ^

d'un tyran; contre tout délateur d'une femme qui aurait supposé un enfant ; cbntre toute soubrette qui , après avoir servi les galanteries de sa maîtresse , irait en jaser à l'oreille du mari , ou qui , chargée de quelque message , rapporterait le contraire' de ce qu'on lui aurait dit; contre tout débauché qui , séduisant une femme par de belles promesses, n'en tiendrait aucune; contre toute vieille qui allécherait un débauche par des cadeaux ; contre toute prostituée qui ouvre la main aux présens d'un étranger , et trahit ainsi son mari : demandez enfin que tout cabaretier ou cabaretière , dont le congé ne contiendra pas la mesure ordinaire , périsse avec toute sa famille ; mais suppliez les dieux pour qu'ils comblent de biens tout le reste des citoyens.

LE GHOBUR*

Demandons toutes d'un commun accord , que nos vœux en faveur de la ville et du peuple, soient accomplis , et que nous donnions unanimement , comme il convient , la supériorité à celles dont les conseils mériteront la préférence. Regardons comme ennemies des dieux et de la patrie , toutes celles qui , pour leur propre avantage et au détriment de celui du public, n'ont point de paroles, 'Ct qui violent la forme des sermens reçue parmi nous, ou qui veulent introduire de nouvelles

lois et de nouvelles institutions , en abrogeant les anciennes ; en un mot, celles qui révéleraient nos secrets à nos ennemis , et qui introduiraient les Perses sur nos lentes pour les ravager. 0 vous^ Jupter , maître absolu de tout , ayefc nos vœux pour agréables ; faites que tous les dieux nous soient propicias , quoique nous ne soyons que des. femmes.

LA. FEMME-HÉRAirr.

Que toutes entendent le décret qui a été prononcé dans l'assemblée des femmes , présidée par Timoclée; Lysilla écrivait, Sostrata donnait ss conclusions : On s'assemblera le matin du jour qui se trouve précisément au milieu la . fête des Thesmophories ; c'est un moment où nous avons beaucoup de loisir ; on délibérera-d'abord sur Euripide , sur la peine qu'on doit lui infliger ; car nous n'avons pas d'ennemi. plus déclaré. Qui veut haranguer?.

UNS FEMME

Moi.

LÀ FEMME-HÉRAUT

Prenez donc cette couronne avantde haranguer..' Qu'on se taise , silence , attention ; car voilà la harangueuse qui. qrache , comme font tous les orateurs : elle a l'air d'en avoir long à dire.

PREMIÈRE HARANGUEUSE. '

O femmes! je jure, par nos déesses, qu'aucunt

304 LES ï'èTES DE CÉRÈS,

motif d*amour-propre ne me fait prendre laparole aujourd'hui parmi vous; mais uniquement la douleur cjue je ressens de voir que depuis 'plusieurs années vous êtes l'objet des outrages d'Euripide , ce fils d'une vile terbière ; . car de quels opprobres ne nous a-t-il pas accablées, ou ne ^ prend-il pas à tache de nous déchirer, quelque petit nombre qu'il y ait de spectateurs et de personnages dans ses tragédies et dans,se$ chçeurs? Il nous reproche d'être fausses , de courir çiprès les hommes, d'aimer le vin,, d'être calomniatrices, bavardes, de n'être bonnes à riea, et de faire le malheur dés hompies. Aussi , nos maris , au sortir de ses pièces , rentrent - ils chez eux en nous re^^ gardant de travers , et cherchant partout avidement si on aurait recelé quelque jeune homme. Nous n'avons plus nos coudées franches comme ci-devant. Depuis ce poêle, nos maris ont tellement martel en tête, que s'ils nqus voient tresser une couronne , ils nous disent que c'est pour un galant ; si quelqu'un , en courant par la maison , casse un vase , le mari demande aussitôt : En Phonneur de qui ce vase est-il cassé ? ce n'est pas ^ans doute pour d* autres y que pour cet étranger de Corinthe ^ ? Une tille soufTre-rt-elle , son frère lui dit sur-le-champ : Je n'aime pas ce teint pour U^e fille; une femme est-elle veuve sans enfans,

» Paroclie de deux vers de la S kénobée d'Euripide.

COMÉDtÊ. SigS

û ne lui sera pas possible de s'en supposer un;^ les hommes ne démarrent pas d'auprès d'elle. Autrefois les jeunes filles épousaient d^s gens sur le retour ; mais Euripide nous a tant noircies dans- " leur esprit , qu'aucun vieux ne veut plus se marier depuis qu'il a entendu ce vers :.

Qui vieux prend une femme , épouse son tyran '.

C'est à cause de lui que nos gardiens nous cèlent, mettent des verroux , et nous nourrissent ces gros chiens Molosses , la terreur des galans. Encore passe pour cela ; mais nous n'avons pas même la liberté , comme autrefois , de prendre dans le cellier, de la farine^ de l'huile et du vin. Les hommes ont toujours sur eux je ne sais quelles espèces de petites clefs à la Laconienne, faites avec. art, et à trois dents 2. Ci-devant nousavions encore su ouvrir ces portes , en nous procurant , pour trois oboles , une contre-empreinte des cachets qu'ils mettaient en outre sur les serrures 3;

' Parodie- d'un vers des Phéniciennes d'Euripide. ^

3 Plaute fait mention de ces clefs à la Laconienne, Most. U, I, 57:

* Clavem mihi harumce adium laconîcam ,

Jamjube effisrrî intus r Jtasce ego cèdes occludam ïânc Jbris.

3 Grec: En nous procurant un cachet trioholaire. J'ai cru devoir étendre ce texte , et y ajouter le commentaire propre à en^ faciliter l'intelUgeace. On. voit donc qjae les maris ^ outre !&.

mais maintenant cet Euripide , la perte des fa*^ milles , a conseille aux hommes de ne se servir que de bois pourri pour cachet. C'est pourquoi il paraît urgent que nous avisions à nous défaire de cet homme , d'une manière ou d'une autî'e , soit par le" poison y soit par tout autre expédient. Voilà ce que je déclare hautement : je consigaerai le reste avec le greflier sur les tablettes.

Je n'ai jamais entendu femme disserter avec plus de sagacité et d*éloquence. Tout ce qu'elle dit est à propos; elle a tout examiné, tout pesé; elle sait faire valoir ses raisons avec prudence et finesse; de sorte que, si Xénoclès, le fils de Carcinus, parlait à côté d'elle, vous jugeriez tous, comme je l'imagine, qu'il ne sait ce ^qu'il dit.

SECONDE HÀRÀSGtJEtJSE.

Je melèvepourajouter quelques d.e griefs à ceux que l'on vient d'alléguer contre Euripide. Je veux seulement vous parler des torts qu'il a vis-à-vis de

clef à la Laconienne, iqpttaient encore un cachet sur les serrures. Mais les femmes se faisaient faire un cachet semblable pour trois oboles , et par ce secours pénétraient où elles roulaient. Les maris s'en aperçurent, et eurent la précaution de n'avoir que de» cachets de bois pourri qu'ils portèrent avec eux, et dont il n'était pas possible d'imiter l'empreinte, parce qu^eHe variait aussi fouvent qu'on l'appliquait de fois : et c'est cette dernière précaution dont h harangueuse fait un crime à Euripide^

moi. Mon mari est mort dans l'île de Chypre ; il m'a laissé cinq petits enfans, que j'ai Lien de la peine ànonrrir en faisant des couronnes dans le marché aux myrtes. C'était à peine si j'y gagnais ma vie ; maintenant c'est bien pis ; je ne vends pas la moitié de ce que je vendais , depuis que cet Euripide a persuadé à tout le monde par ses tragédies, qu'il n'y avait point de dieux ^ Je dis et répète donc à un chacun , qu'il est essentiel pour' plusieurs raisons , que ce tragique soit châtié. Le mal qu'il nous fait^ ô femmes, se sent de la manière ^ossière dont il a été élevé. Mais je vais au marché ; car j'ai quelques personnes auxquelles je dois fournir vingt couronnes commandées.

LE CHOEUR

Je trouve que. celle-ci a encore une manière de présenter lés choses plus agréables que la première, tant elle a su mettre de piquant dans son accusation où elle n'est point sortie des bornes de l'à-propos , et où elle a réuni la finesse et la prudence. Tout ce qu'elle a dit était à notre portée,

I Je n'examine pas, observé très-judicieusement M. Brunck, si Euripide était athëe ou non. Mais je puis affirmer avec confiance que si Euripide eût été accusé comme Socrate, d'athéisme, on n'eût pas manqué de faiseurs d'anecdotes et d'histoires , qui eussent publié qu'Aristopïiane s'était laissé corrompre par l'ar-^ gent des ennemis d'Euripide , pour l'accuser d'impiété en pleÏA ^éàtre.

2g8 LES FETES DB CÉRÈS,

et propre à nous convaincre. Il faut tirer unè^ vengeance éclatante des torts que cet homme lui a faits. •

MMÉSILOCHTJS ) en femme*

Je ne suis nullement surprise, mes chères compagnes, que, d'a^jrès de pareil h s accusations, vous sentiez votée courroux s'allumer vivement j^ et votre hile s'échauffer contre Euripide, Oui , périssent mes enfans, si je ne le hais autant que vous ; vous devez m'en croire , à moins que vous ne me teniez pour folle. Je crois toutefois que nous devons balancer et comparer nos raisons. Nous sommes seules , et il n'y a pas à craindre qu'on révèle nos secrets. Pourquoi , je vous supplie , nous choquons -nous si violemment pour deux ou trois bagatelles qu'Euripide aura sues ,, tandis que nous faisons une infinité de maux qu'il, ne dit pas? car, pour moi , sans en chercher d'autre, je ne suis pas exempte de nombre de méfaits ; mais rien de plus affreux, que ce que je me suis permis, de nuit, après trois jours de mariage , étant couchée avec n)on mari. J'avais un galant qui m'avait séduite dès l'âge de sept ans ; l'amour l'aveugla au point de venir doucement gratter à la porte avec ses ongles ; je compris, survie champ , ce que cela voulait dire ; je me glisse

donc du lit : Où vas-lu , me dit mon mari ?

Où, lui répliquai-je? Des bprborismes me tour-

COMÉDIE. agg

mentent , j'ai la colique ; je me lève pou/ aller aux commodités..... Va, me dit-il; et là-dessus il se met à écraser dans ses mains des fruits de cèdre, de Tanis et de la sauge. Pour moi, j'ai versé de l'eau sur les gonds * , et me suis réunie à mon galant, qui a fait de nàoi de qu'il a voulu en me penchant sur l'autel d'Apollon , où je tenais fortement un laurier. Or, remarquez ceci , jamais Euripide ne nous a reproché de pareilles choses, ni tQutas les complaisances que nous avons pour des esclaves et pour des muletiers , au défaut d'autres galans ; ni notre méthode de manger de l'ail pour écarter nos maris , qui en revenant de monter la garde , pourraient s'apercevoir du libertinage auquel nous nous serions livrées toute la nuit, avec un autre homme. Vous le voyez, voilà ce qu'il n'a jamais dit. S'il maltraite Phèdre , eh! que nous importe? A-t-il jamais révélé l'astuce de telle femme qui fait admirer -à son mari la beauté d'un manteau étendu au soleil^ pour faciliter l'évasion du galant ? Non, il n'a pas dit mot de eela. J'ai connu moi-mên;ie une autre femme qui fit accroire qu'elle était dans les douleurs de l'enfantement pendant dix jours de suite ^ jusqu'à ce

' Plaut. Curcul. 1 , 3.

placide egre dereet sonitum proldbejbrum et crepiium cardinum % Ne quod hic agimus herus percipiat fieri , mea Planesium. Jifane , tuffundam aquulam.

3oO LES FÊTES DB CÉRÈS ,

qu'elle se fût procure un enfant. Son maricour rait par la ville , achetant des drogues pour hâter 1 accouchement. Sur ces entrefaites , une vieille apporte, dans une marmite, un enfant qui avait la bouche pleine de miel pour qu'il ne criât pas ; la vieille fait un signe ; la femme de s' écrier aus- • 'sitôt : Va, va, mon mari , je me sens sur le point d'accoucher (car le petit enfant donnait du pied dans le fond de la marmite) ; le mari se retire ; on ôte bien vite le miel qui était dans la bouche de l'enfant ; il crie aussitôt ; la vieille scélérate , qui avait apporté cet enfant, court avec joie au mari, et lui dit : Un lion , un lion vous est né; c'est votre véritable ressemblance en tout , naais surtout pour le sexe , car il est fait comme vous '. Ne sommesnous pas coupables de tous ces forfaits? Pour cela, si. Avons-nous droite après cela, d*en vouloir à Euripide, qui nous en dit encore moins que nous en faisons?

LE CHQE^R«

Hé ! hé ! où a - 1 - on pris cette pièce -là ? Quel pays a nourri une pareille effrontée ? Je n'ima-» ginais pas qu'il y eût parmi nous une femme asse» impudemment audacieuse pour même oser jamais parler publiquement de la sorte. Mais maintenant

1 Et la bechina tutta simile à la tua : et torta , corne la pelle dc: la capella.

COMÉDIE, Soi

on doit s'attendre à tout ; et j'approuve ce vieux proverbe : Il faut regarder sous^ toute sorte de pierre de peur qu'il n'en sorte un orateur * prêt à mordre. Il n'y a rien de pis en tout que les femmes, une fois qu*elles ont perdu toute pudeur naturelle.

TROISIÈME HARANGUEUSE.

Par Aglaure ^ , ô femmes , il faut que vous perdiez la tête, ou que vous soyez ensorcelées, ou accoutumées à de plus grands outrages , si vous vous laissez injurier à ce point par cette pestelà. Si cependant quelqu'une ^e vous?.... Sinon , nous-mêmes et nos se^:vantes , nous prendrons , quelque part, de la cendre, etnousl'épilerons^,

* Aristophane substitue ici le mot orateur ^ an mot scorpion qui est dans le proverbe rapporte dans les AIXMAAÛTOIS de Sophocle, et énoncé en ses termes:

3 Les femmes d'Athènes juraient^ dit le scholiaste, par Aglaure et Pandrose sa sœur, filles de Cécrops. On retrouve les noms des trois filles de Cécrops dans ces vers des Métamorphoses d'Ovide, II, 777:

Pars sécréta domus ebore et testudine cultot

Très habuit thaUuhoSj quorum tu, Pandrose, dextrum,

AgUmrosi lœ%fum , médium possederat JEfer^e,'

C'est dans le temple d' Aglaure que les orphelins, après avoir été inscrits sur le registre du lexiarchique , prêtaient serment. Voyez-en la formule dans Sam. Petit, leg* att, ifeg. a3i. Voyei sur Aglaure , Hersé et Pandrose, Pausan, attic. 1 , 18.

' Grec : Et andiamok àpelar la naturat.

5o2 LES FÊTES DE CÉRES ,

afin qu*'elle apprenne qu'étant femme , désormais elle ne doit plus calomnier les femmes.

MNÉSILOCBUS.

Oh ! vous ne m'ëpilerez pj^s tout-à-fait '. Est-il donc juste de me faire un pareil traitement, parce que j'aurai profité de la/ liberté qu'inspire la circonstance , et de la permission de parler que nous avons toutes tant que nous sommes , et parce que j'aurai exposé ce qui pouvait rendre Euripide excusable ?

TRpiSlÈME BkKkVaVEVSE*

N'est -il pas juste que tu sois punie, toi qui seule as eu le front de prendre le parti d'un homme qui nous couvre d'opprobres , qui choisit pour sujet de ses pièces de théâtre , tout ce qu'il peivt y avoir de méchantes femmes, des Mélanippes, des Phèdres, et non une Pénélope, parce qu'elle était vertueuse ?

MMÉSILOCHUS.

Et j'en sais la raison. Direz-vous qu'il y ait de nos jours une seule Pénélope? Hé ! toutes sont d^ Phèdres.

TROISIEME HARANGUEUSE.

Vous entendez^, ô femmes, ce que cette perwrse ajoute encore stu* notre compte.

X N6, nà, h. naturty ô doniie>

COH^ÉDIE. 5o3

MJNjÉSILOCBirs.

Mais en vérité^ je n'ai pas dit tout ce que je pouvais dire. Puisque vous ne m'en croyez pas, voulez-vous que je vous en dise davantage?

TI^OISIEME HARANGUEUSE.

Tu ne pourrais pas : tu as vomi tout ce que tu avais contre nous.

MNÉSILOCHUS.

Bah ! je n'ai pas dit la millième partie de ce que nous faisons. Tenez , par exemple , ai- je parlé de notre art à pomper du vin avec des petites feuilles ^ d'or?....

TROISIÈME HARANGUEUSE.

Puisses-tu périr !

hnésilochûs.

. ..... Ou de ce que pendant les apâluries nous

donnons la viandç à nos galans, et nous disons que le chat?....

TROISIÈME HARANGUEUSE.

Que je suis malheureuse! Vous plaisantez.

MNÉSILOCHUS.'

Ai-je fait mention de cette femme qui a tué son

' Ir^^iyyiç, espèce de feuille d'or dont les femmes décoraient leur tête. C'est une des trois différentes significations exposées par M. Brunck , sur ce vers 567 . Les femmes formaient de cette même feuille d'or une espèce de cornet ou de pompe, avec laquelle elles aspiraient le vin.

3o4 l'Es FÊTES DE GÈRES ,

mari d'un coup de hache; de cette autre dont le* philtres ont jeté le sien dans la folie; etcomqient Acjiarnica; depuis peu, a su enterrer sous le baJssin de la baignoire. ••••

TROISIEME . SÀRÂlIGtrEUSB.

Que la peste te crève !

HNÉSiLOCHtJS.

Son père?

TROISIÈME HlAÂNGtTEllSE.

Nos oreilles se ferontrcUes à de pareilles choses?

MUÉSILOCHUS*

Ai -je raconté comment, ta servante étant accoudiée d'un garçon , tu y as substitué ta petite fille?

TKOISikME HA.RAKGUEUSE.

Tu n'auras certainement pas dit cela impunément. Je vais t'arracher les cheveux.

MKÉSILOGHUS.

J'en jure par Jupiter, tu ne me toucheras pas«

TROISIÈME HA.RÀl!(GUBI7SEii

Tiens, vois.

liNÉSILOGHUS'

Tiens, vois aussi.

TROISIÈME BARANGiJEtrSS*

Prends mon manteau, Philista*

COMEDIE. 3o5

MNÉSILOCBCS. ^

Touche-moi seulement ; et, par Diane > je te... \

TROISIEME HARANGUEUSE. s

Queferas-iu?

MNÉiSILOGHUS,

Je le ferai rendre tout le gâteau de sésame que tu as mange'.

LE CHŒUR

Cessez vos injures : voilà une femme qui hâte le pas de ce côté-ci. Ainsi taisez-vous avant qu'elle nous joigne, pour que nous puissions entendre tranquillement ce qu'elle vient nous dire.

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