‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 75 sur 125 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

L^s PREGÉDENS , EURIPIDE, en Ménëlas^^

EURIPIDE

A quel maitre appartient ce superbe palais ? Peut-on espérer que des malheureux naufragés ,^ triste jouet des tempêtes , y trouveront Thospirtalité?

MNÉSILOGHUS.

Ce palais est celui de Protée^

EURIPIDE

De quel Prolée?

SEPTIÈME FEMME

Oh! quel affreux menteur. Protée est mort depuis plus de dix ans ■•

EURIPIDE

En quel pays suis- je transporté ?

MKÉSILOCHUS.

■ Dans VÉgypte.

EURIProE.

O malheureuse ! où les vents m^ont-ils/eté?

SEPTIÈME FEMME

Mais, bon homme^ est-ce que vous croyez ce jongleur, ce scélérat? Vous êtes dans le temple de Cérès.

EURIPIDE

Jte roi que tu m^as nommé , est -il dans ce palais ?

< Cette femme fait là an quiproquo semblable è celui de la comtesse d'Escarbagnas (scène XYI), qui ne savait pas mieux Thistoire. Cette éernière-ci entendant prononcer, au sujet de rers , le nom de Martial : Quoi , s'écrie-t-elle , Martial fait-il des Ter« ? je pensais qu'il ne fît que des gands. Thucydide fait mention d'ttn Protée, chef d'une flotte .athénieime : il ët^i.t fils 4>Épicl^.

SEI^TIÈME FEMME.

Certainement , ô étranger , vous n'êtes point encore revenu de votre peur. On vous a dit qu^ Protée était mort, et vous demandez s'il est chez lui ou ^on.

EURIPmS*

Ah , ah, il est mort ! Et où repose sa cendre?

MUÉSILOGHUS.

Ce monument^ près duquel nous voici y la renferma

SEt»TlÈM£ FEMME.

Puisses-tu périr misérablement! Oui, tu périras. Quoi ^ oser dire qu'un autel est un tombeau !

EURIPIDE

Pourquoi ces vêtemens lugubres ? Pourquoi , ô étrangère , vous tenir sur ce triste monument?

MJÏÉSILOGHUS.

Je me vois forcée de partager la couche nuptiale du fils de Protée^ qui recherche ma main.

SEPTIÈME FEMME

Pourquoi , scélérat, en imposer à cet étranger? Pauvre infortuné, ce maître en fourberie ne s'est glissé parmi nous , que pour nous riivir nolreor.

330 LES FÊTES DE pÉRES ,

MK^SILOGHUS.

Criez : versez toute votre bile sur mon individu ^

EURIPIDE

0 étrangère , quelle est cette vieille qui te dé- • chire par ses propos?

MNÉSILOCHUS.

Cest Théonoë yfiUe de Pwtée.

SEPTIÈME FEMME

Point du tout , j'en jure par les déesses. Je m'appelle Critylle, fille d'Antithée, .du Dème des Gargettiens. Pour tous , vous n'êtes qu'un scélérat.

MNÉSILOCHUS.

Dites ce que vous voudrez ; mais je n^ épouserai jamais votre frère y et Ménélas , armé sous les murs (Tllion , retroussera un jour une épouse fidèle.

EURIPIDE

Qu* aveZ'VOus dit , d femmes ? Tournez vos jeux de ce côté,

1 Aristophane tourne ici en ridicule une tournure familière à^ Euripide; voy, dans YAlceste, v. 637 :

il:: .J

kNÉSILOCBUS.

fdi honte de lever les yeux sur 7X)us , tant ma figure porte V empreinte des injures que f ai supportées.

EURIPIDE

Qù! est-ce que c'est?.... Uétonnement m^ôte

la parole O dieux ^ quels traits ont frappé

ma vue ? O femmes , qui étes-vous ?

MNÉSILOGHUSi

Vous-même y qui êtes-iH)Us? Je n* ai pas moins que vous y sujet d^être étonnée*

EURIPIDE

Étes-vous Grecque de^naissance ^ ou cette terre est' elle votre patrie?

MNÉSILOGBUS.

Je suis Grecque. A votre tour y apprenez-moi qui vous êtes?

Plus je considère ces traits, plus je crois voir ceux d'Hélène.

MNÉSILOCHUS.

Est-ce Ménélas que je vois? J'en jugerais pài;' Todeur d'iphyon '.

> Euripide dit dana 0011 Hélène, 7. 672 :

t-^o» (Tf M<vf ).ié^ yi 9 • §ui txc ri f^x-

EURIPIDE

p^ous voyez des^ant vous ce mortel infortuné.

KNÉSILOCBUS.

O cher mari y que tu as tardé à te rendre dans les bras de ton épouse! Reconnais^moi ^ recon^ nais -moi, et presse -moi dans tes bras. Hâte y fiate , kdte, hâte -toi de me retirer au plus vite de ce lieu.

SEPTIÈME FEMME

Par les déesses , quiconque voudrait vous en-p lever , aurait à souflFrir des coups que je lui donnerais avec cette torche.^

EURIPIDE

Tu veux ni" empêcher de conduire à Spartema femme ^ la fille de Tjrndare?

SEPTIÈME FEMME

Hélas donc ! vous ne paraissez pas mal d'accord avec lui , et non moins rusé. Ce n*est pas sans

Vous me semblez être Mënélas; c'est tout ce que je peux dire.

Aristophane a parodié ce vers avec un léger cLangement ; mûf 1 a conservé le même son , et a rappelé le métier de la feçune d'Euripide.

(yù cTf MfVf^oéo» s f offx y ix rôiv c«ûeov. if ùbt-j y ceglii dans l'italien , espèce de plante.

Toute cette partie de scène est parodiée â^HUène^

dessein que vous me disiez tout à Theure je ne sais quoi de l'Egypte. Mais celui-ci paiera de sa personne. Voilà le prytane et le licteur qui s'avancent.

EURIPIDE

Ceci est fâcheux.^ Il faut que je me relire^

KIÏÉSILOGHUS.

Et moi, pauvre diable, queferai-je?

EURIPIDE

Hestez tranquille. Tant que je vivrai , je ne trahirai pas votre secret, à moins que je ne trouve plus de ressource dans mon adresse inépuisable»

SEPTIÈME FEMME

Ce filet n'a rien pris ^

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