‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 79 sur 125 · scène; II · texte numérisé non relu

scène; II

LES MÊMES y excepté EURIPIDE, qu! paraît sous la figure d'ÉCHO.

EXJRIPIDE^CHO.

Bonjour , ma bien-aimée : que les dieux confondent votre père Céphée , qui vous a mise en cet état.

MNÉSILOGHUS.

Et qui êtes - vous , vous qui vous attendrissez sur mon sort?

1 II faut remarquer cette expression hnitëe des bouffisures tragiques : Kupfôfiêç ul9îfi09 Mt^p', c'est-iMlire> la fondre.

EUaiPIDE.

ce Je suis Echo la Babillarde y qui , Taa passé > dans ce même lieu j servis si bien Euripide. » Mais, â mon ^mie, il &ut que tous vous soumettiez à exciter la pitié par vos gémissemens.

* HNÉSiLCHtrS.

Et vous , à les ^répéter.

EURIPIDE

J'en ferai mon affaire , mais commencez.

KN^ILOCHUS.

Nidt sacrée , que ta course est longue, et que ton char roule lentement sur le dos de VÂE»ther étoile et du ^vénérable Olympe ' /

EURIPIDE

Olympe.

HVÉSILOCHUS.

Pourquoi , je vous le demande , mon Andromède, suis- je préférablement à toutes les autres , en proie aux maux?

Aux maux«

< Ge sont \^% propres expressions de XJndnmM^ d'Euripide. Ennius, cité par Yarron, lib. lY, de UnguàMnà, ayait ainsi rendu ces vers t

Qa9 cay4 c<eli signit^nentiliiia GoAictsbigis «... *

OOltÉDtS. 54s

amÉsiLocBiiB.

Malheureux par l'idée de la mort.

De la mort.

HNésiIiOGBXJS.

Tu m'assommes ; vieille babillarde.

EURIPIDE

Babillarde.

HNÉSILOGHUS.

Sais-tu que ta présence me déplaît beaucoup?

EURIPIDE

Beaucoup.

UNÉSILOCHUS.

0 mon ami , laissez-moi seul exprimer mes douleurs , et je vous serai obligé : laissez.

Laissez.

HNÉSILOCBUS.

Peste de toi.

EURIPIDE

De toi.

HStoU>Ç9US.

Quelle peste est-ce là?

• ■ siminDS.

Est-ce là. .. ,

344 l'es pAtbs de GÉRàS,

mrÉsiLocHvs.

Vous plaisantez.

Plaisantez.

iaiiSII.OGHU8.

Pleurez»

S1TRIPn>E«

Pleurez.

XHtoLOGBirS.

Lamentez-vous.

svRiPinB.

Lamentez-vous.

LE Licteur* Hë! hé! qu*avez-v6us à babiller?

EURIPIDE

A babiller.

LE LICTEUR

Je ferai venir les prytanes.

suripidb.

Piytanes.

LE LICTEUR

Quel prodige?

EURIPIDE

Prodige*

LS LICTEUR

D*où vient cette voix?

GOKÉDIE. 545

EURIPIDE

Cette voix. .

I«E LICTEUR

Parlez-vous?

EURIPIDE

Parlez- VOUS ?

LE LICTEUR

Il VOUS en cuira.

EURIPIDE

Cuira. .

LE LICTEUR

Vous VOUS moquez de moi.

EURIPIDE

De moi.

XNÉâILOCHUS.

Non pas moi certes^ mais bien cette fenimeici proche.

EURIPIDE

Proche.

LE LICTEUR

Où est cette malheureuse? Ah î elle se sauve. Où', où te sauves-tu?

EURIPIDE

Te sauves-tu?

LE LICTEUR

Ne Tarréterez-^vous pas ?

346 LES FÊTBS DE GERES y

ISfJRIPIDBf

Vous pas.

LE LICTEUR

Tu marmottes encore ?

EURIPIDE

Encore ?

LE LICTEUÏl.

Arrêtez la voleuse.

EURIPIDE

Voleuse.

LE LICTEUR

O bavarde et diabolique femme ^ SCÈNE IV.

LES BfiMES^ excepté EURIPIDE, qui réparait sous la fig«W^ de P^ftée.

EURIPIDE

0 dieux , dans quel pays barbare je me suis porté avec précipitation ? car , tel que vous me voyez , je suis Persée ^ avec une tête de Gorgone. Je me fraye un chemin au milieu des airs à Faide de mes pieds ailés.

Que dites - vous de la gorgone ? Vous appelez tête de gorgone ^ celle d'un scribe?

' Aristophane ne fait quWjMllIOi^ ^ttàmuÉKrrH^e^ùma^o.

BURIFIDB.

Prëdi^émeat*

Je vous appellerai donc Gorgo.

Ah ! ah ! quel rocher vois^je là? Quelle est cette fille belle comme ime dresse , et enchaînée avec autant de précaution qu'un vaisseau qu'on amarre au port ^ ?

EURIPID^.*

0 étranger , soyez touché de mon aflfreuse position : délivrez-moi de mes chaînes*

LE LICTEUR

Veux-tu te taire? Oses-tu , scélérat? Quoi ^ tout près d'expirer , tu as encore du babil?

EURIPIDE

0 jeune fille, je souffre de vous voir ainsi suspendue et enchaînée.

' Cette comparaison est familière aux poètes tragiques. Voyez Euripide lui-nlème, âsmaVUërGuUJMeux, y. 1097. Eschyle s'en était égd/iemenX servi 4ans un Prométhee Ut, qui ne nous est point parvenu. Voici comme Gicëron rend ces vers, dans le second livre des Tusculanes :

Titanum soboles , socia nostti sanguinis , ^ Geinçra^ ccelo, adft|âcitç religs^tum asperis Vinctumque saxis. Navem ut horrisono freto Noctem paventes timidi «dnectunt wtit«B ; Saturnins me sic infixit Ji^t^f «

348 LES FÊTES DE GÉRÉS y

LE LICTEUR

Ce n'est pas une fille , c'est un vieux fripon^ et un ruse y un franc scélérat.

EURIPIDE

Vous radotez , pauvre Scythe. C'est Andromède , fille de Céphée«

LE LICTEUR

Voyez- vous ceci ^ , cela vous paraît- il petit ?

^RIPIDE.

Donnez-moi la main , cher Scythe , pour que j'approche de cette fille ^. Tout homme a son faible : le mien est d'aimer cette fille.

LE LICTEUR

Je n'irai pas sur vos brisées. Je ne serai point jaloux de vous voir satis&ire votre goût ^.

Et pourquoi , ô Scythe, ne pas me permettre de délivrer ma femme, de ses chaînes, et de me jeter dans ses bras?

LE LICTEUR

Si vous êtes si curieux des embrassemens d*un

' Gmrdale '1 tanferlone, ti pare forci picciolo?

' Hor qui , dà quà la mano , che io toccaro una puttà.

3 ÙvKp t\ X9 ap(»ytT0 ^Op9 aipttÇ/Mt/A/AhtVf

vieillard , vous pouvez vous satisfaire sans le délier '.

EUJIIPIDE.

Bah, je vais rompre ses chaînes,

LE LICTEUR

Vous aurez doke les étrivières.

EURIPIDE

Je ne le ferai pas moins.

LE LICTEUR

Ce coutelas te coupera donc la tête?

EURIPIDE , à part.

Haï! haï! Que ferai- je? Que dirai -je? Mais un grossier comme cela n'entendra rien. Offrez aux esprits bornés deS' expédiens sages et nouveaux y VOUS perdrez votre temps ^. Mais il faut chercher de quoi faire impression sur ce drole-là.

LE LICTEUR

Le fin renard , comme il voudrait me tromper î

MNéSILOGHUS.

Ressouvenez- vous ^ Persée, de l'état d'abandon, où vous me laissez.

T^ ffeevt^OTfi^vecç t^9miff79mfi(»XTtV0V.

« Ce sont les propres expressions d'Euripide dans sa Médée , T. Soi. m. Prëvost a rendu cet endroit un peu différemment ^ t. VI , p. ao, parce qu'il n'avait pas sous les yeux cette parodie d'Aristophane qui détermine le sens de ^ô^m ixfi't^S'

35o LES FÊTES I>B GÉRÉS,

LE LICTEVR.

Voulez-vous donc des étrivières?

INTERMÈDE

LE GHOEUE.

Nous avons coutume d'appeler au milieu de nous Pallas, cette jeune vierge qui se plaît aux danses^ libre de tout lien conjugal , protectrice de notre ville qu'elle seul^gonverAe, et qui est connue sous le nom àt Porie-Ckf. Paraissez, ô vous, qui êtes avec raison l'ennemie des tyrans : l'assemblée des femmes vous en ccmvie ; venez accompagnée de la Paix, propice aux jeux. Venez aussi, ô vénérables déesses , avec joie et avec des dispositions £aivorables, dans votre temple > où les honunes n'ont pas la liberté de contempler vos brillantes orgies , et où , au milieu des flambeaux , vous découvrez votre visage immortel. Venez, approchez, nous vous en conjurons, 6 très-vénérables Tliesmophores. Si jamais, sensibles à nos prières, vous êtes venues am milieu de nous, laissez-votistôticher surtout aujourd'hui ; venez , nous vous le den&axiidons en grâce. •

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