‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 14Chapitre 9 sur 125 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

TROGLODYTE, valet de la Huppe, PISTHÉTÉRUS, ÉVELPIS.

TROGLODYTE

Qui va là ? Qui donc appelle mon maître?

ÉVELPIS.

0 ciel , quel gosier ' !

TROGLODYTE

Ah! dieux 9 que vois-je' Ce sont des oiseleurs.

' L'acteur avait un masque à fasre peur.

GOHÉDIfi. 96

ÈYBLPIS.

Pourquoi vous troubler , mbn ami ? Parlez mieux, s'il vous plaît.

TROGLODYTE

Traîtres, vous périrez tous deux.

ÉVELPIS.

Mais nous ne sommes pas des hommes.

TROGLODYTE

Eh ! qui êtes-yous donc?

Je suis rHypodédios » , Oiseau de Libye.

TROGLODYTE

Cela ne veut rien dire.

ÉVELPIS.

Regarde mes pieds, ils t'en diront assez î".

TROGLODYTE

Et cet Oiseau , qui est-il? Que ne parlez- vous?

PISTHÉTÉRUS.

Je suis l'Epicéchodos ^ du pays des bayeurs 4.

' raoMtùtÇf le trembleorl, le peureux.

3 C'est-à-dire , que la peur me fait tout faire sous moi.

4 fccT tocjuéi. L'Italien a saisi le yrai sens de ce vers, et Tallusion

1 ce qui précède : lo un* ucello fasianico che âpre la bocca

M. Boivin a omis «es quati'e vers-ci depuis : Je suis VUfpodè* iâb<,etc.

q6 ' LES OISEAUX,

ÉVELPIS.

Et qui êtes -vous , vous-même , de par tous les dieux?

TROGLODYTE

Moi? Je suis le serviteur d'uû Oiseau.

ÉVELPIS.

De quelque coq apparemment, qui vous aura vaincu à la joute?

TROGLODYTE

Non pas , mais d'un Oiseau nonimé Huppe. Quand mon maître fut changé eh huppe, il demanda aux dieux que je devinsse Oiseau , afin d'avoir quelqu'un pour le suivre et pour le servir.

ÉVELPIS.

Un Oiseau a-t-il besoin de valet?

TROGLODYTE

Comme celui-ci a été homme , il a quelquefois envie de se traiter à la manière des hommes. Pour lors , s'il demande des anchois de Phalère , je cours lui en chercher avec un bassin; s'il demande de la bouillie , je lui procure à la hâte une marmite et une cuillère.

ÉVELPIS.

C'est un vrai Troglodyte. Savez-vous ce qu'il

GOKÉDIE. * 97

faut que vous fassiez» ? Courez vers votre maître, et faites-le venir ici.

TROaLODTTE.

Mou maître vient de s'endormir , après avoir mangé des baies de inyrte et quelques fourmis.

ÉVBLPIS.

N'importe^ éveillez-le.

TROGLODYTE

Il le trouvera mauvais, j'en suis sûr. Cependiant, pour vous obéir, je vais Féveiller.

' Tp^xàoç o/oveç ovroio M. BoÎTÎn n'avait point rendu ceci. Il ^ est cependant essentiel de le rendre pour déterminer le caractère de rOiseau appelé Jp^xàoç chez les Grecs , Trochilus chez les JLatins, et Troglodyte dans V Histoire Naiurelle de M. de Buffon. L'auteur y distingue parfaitement bien le troglodyte et le roitelet. Aristophane assigne ici au trochile ou troglodyte cette vitesse, cette prestesse qui le distingue des autres Oiseaux. « Il se montre ■» un instant sur le haut des piles de bois, sur les tas de fagots » où il rentre le moment, d'après , ou bien sur l'avance d'un toit, 3» où il ne reste qu'un instant , et se dérobe vite sous la couver- » ture ou dans un trou de muraille; quand il en sort, il saù- » tille sur les branchages entassés, sa petite queue toujours rele- » vée : il n*a qu'un vol court et tournoyant , et ses ailes battent » d'un mouvement si vif, que les vibrations en échappent à l'œil \ » c'est de cette habitude naturelle que les Grecs le nommaient » aussi Trochilos, Sabot, Toupie. » tiùu NaUir. du Troglodyte, tom. X , pag. 48y édit. in-ia.

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