SCÈNE m
LES m£m£S , STRATYLLIS.
STRàTYLLiS.
Oh ! oh ! cessez* Qu'y a-t-il , ô les plus méchans des hommes? Jamais des gens honnêtes et vertueux ne se fussent portés à de pareils excès.
CflO&tJR DE VIEILLàRlis»
Voilà une chose que nou$ voyons, et à laquelle XIV 26
4o2 LYSI^TRATA,
nous ne nous fussions jamais attendus : tout un essaim de femmes qui sort de la citadelle*
CHOEUR D£ femmes.
Quoi , nous vous faisons peur? Esl-^e que notre nombre vous effraie ? Mais vous ne voyez pas encore la dix millième partie de ce que nous sommes
CHCNSUR d£ vieillards.
0 Phœdria , les laisserons-nous se permettre toutes ces fanfaronnades? Quelqu'un de nous n'est-il pas en droit de les frapper jusqu'à briser son bâton ?
CHŒUR DE FEMMES
Mettons aussi nos urnes à terre , pour que rien ne nous embarrasse , en cas qu'on lève la main sur nous.
CHŒUR DE VIEILLARDS
Si on leur avait deux ou trois fois bien frotté les oreilles comme celles d'un baudet , elles auraient plus de babil.
CHŒUR DE FEMMES
Eh bien î me voilà. Qu'on me touche : je présenterai mes oreilles de bonne grâce ; mais jamais femme ne te touchera ^
' £ mai niuna altra cagnav ti pigliar à i testicoli.
COMÉDIE. . 4o5
CHOEUR DE yiBiLLTRDS.
Si tu ne te tais , j'épuiserai tout mon reste de forces à te rosser.
CHŒUR DE FEMMES
Approche donc ; et touche Stratyllis seulement du doigt. . ,
G HOEUR DE VIEILLARD^*
Oui; et si je la roue de coi^ps de poings , que me ferez- vous?
GHGE0R DE FEMMES*
Je t'arracherai, sans pitié, le coçur et les entrailles.
CHOEITR DE VIEIIXiRDS.
. Il n'y a pas de poète plus instruit qu'Euripide. La femme ne le cède en impudence à aucun autre animal.
CHOEUR DE FEMMES
Prenons toutes ngs cruches d'eau , â Rhodippe«
CHOEUR DE VIEILLARDS
Pourquoi , ô toi maudite des dieux, es-tu venue ici avec de l'eau?
CHŒUR DE FEMMES
Et toi , ô vieil échappé de l'Achéron , pourquoi viens -tu avec ce feu? est-ce pour qu'on te fasse griller?
4f^ LYaiSTHATA,
Ceai pour fSûre brûler avec ce bûcher tes compagnes.
4moBim DB rsmof .
£t moa eau , c'est pour éteindre ton feu.
CHOBim DE VIBILLIEDS.
Tu éteindrais mon feu?
^HOBUa DB rÊMXÈS.
L'événement va te l'apprendre*
GBCBim HB ytEtLLkWDê.
Tu doutes (pie je puisse te brMer avec cette torche?
CHOBITR DB FBIMBS*
Je tedonnmai un bain ^«t^ es un peu couvert de crasse.
CHCBVa DE VIBILIràlUDS.
Un bain de toi , Mlaine malpropre?
cHOBim us nyKBs.
Oui certes , un bain nuptial*
CBCBm 99 VlBII4-illpl*
Voye^vous son impertinence ?
CBOBtUL XtfB FJdQCBS,.
Je suis ma maîtresse.
cBOBt» Dii vmi^juo^.
Je vais arrêter u jactance.
CHOBUm DP FBXlfBS.
Tu ne veux donc plus siéger dans Hëliaee ?
CHOBim DE VIEILLARDS.
Mettez le feu à ses cheveux.
CHOBVK DE reiOC».
Fais ton devoir^ Achëloë.
CHOEURS DE VIEILLARDS
Ah^ je suis perdu!
CHOBVR DE FBMXES.
£st*ce qu'elle est bouillante?
CHOBUR DE VIEILLARK^
Gomment bouillante? Ne finijez-vous pas? Que^ &ites-vous?
CHOBUR DE tlMeS^
Je vous an*ose , pour que tous reculiez.
CBCBUR DE VIEILLARDS.
Mais je suis tout dessëdé et chancelant.
CHOEUR DEIEHKES.
Eh bien ! puisque vou^avez du feu , rëchauflfez* vous donc vou»*mémes»
4o6 LYSISTRATA ,