SONNET
Les Soupçons*
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SONNET I V.e
Les Sermens.
JT our désarmer ton cœur je ne veux que mes larmes , Hylas , mon cher Hylas , tu peux les voir couler ,
Par d'injustes soupçons cesse de m'accabler, Sur ma fidélité ne conçois plus d'alarmes.
Que le printemps pour moi perde à jamais ses charmes 3 Que l'aspic vénéneux se plaise à distiller Son poison sur les prés que mon pied va fouler, Ou tourne contre moi ses dangereuses armes ;
Que mes jours soient en proie aux maux les plus cuisans, Si mon ame est trompeuse et mes vœux inconstans , Si tu n'es pas toujours aimé de ta bergère :
Ainsi juroit Alcine , Hylas de ses sermens , Pour assurer leur foi , prit à témoin les vents , Et sa main les traça sur l'onde passagère.
SONNET V.e
UEnigme expliquée.
J e cède aux fiers transports d'une ame bouillonnante ? La tristesse me suit et trompe mes souhaits , En vain la volupté sourit dans son palais , Le sort brise les nœuds d'une faveur naissante»
Comme Atlas je soutiens une masse pesante , Du ténébreux Léthé je franchis les marais , L'éclat de mon soleil éclipse ses attraits , Et devant lui pâlit mon étoile inconstante.
Mes niaux ont augmenté , sur le pôle obscurci , A travers les brouillards , le ciel paroit terni , La voix du sentiment ne se fait plus entendre.
Entends-tu, Fabio , ce que je dis ici ?
— Parbleu si je l'entends. — Vous en avez menti;
Car c'est moi qui le dis et je ne puis l'entendre.