‹ Traduction en vers de quelques poésiesChapitre 3 sur 17 · SUR LA MORT DE SA FEMME · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE SA FEMME

Lope de Vega forcé par une affaire d honneur, dans laquelle il avoit blessé dangereusement son adversaire, de s'éloigner de sa femme qu'il adoroit , ne la retrouva , après une longue absence , que pour la voir expirer entre ses bras. Le séjour de Madrid , sa patrie , lui devint dès-lors insupportable ; cherchant à distraire sa douleur par le mouvement de la gloire et de l'ambition , il s'engagea dans la fameuse expédition de Philippe II, contre l'Angleterre, connue sous le nom de la flotte invincible. Outre le malheur général de l'entreprise , il essuya une infinité de traverses particulières et eut le chagrin d'y perdre son frère, officier de marine , qu'il aimoit tendrement. Revenu à Madrid , détrompé des espérances de la faveur et de la fortune , le sentiment de la perte de sa compagne devînt pour lui plus

amer et plus dominant, et lui inspira ces odes élégiaques. Il s'y représente sous l'emblème d'un nocher ou pêcheur , et son destin sous celui d'une nacelle. Il s'exhorte à ne plus s'exposer aux flots qui l'ont trompé, et n'existe que par le souvenir de sa félicité passée.

J'ai rendu, dans la première ode seulement , les vers espagnols de six syllabes et les stances de quatre vers, par des vers delà même mesure et des stances du même nombre de vers , et fait tous mes efforts pour conserver la concision poétique de l'original.

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