INVOCATION D'OSSIAN A LA LUNE
O Bile de U nuit ! Ossian te salue.
Lorsque ton front serein , ton visage riant Sort des flots , et parole vers la sombre orient , L'ombre s'évanouit , et U volante nue D'un éclat foible et doux s'embellit a ta vue. Tn parcours l'univers dans un calme profond.
Ton silence me parle , et mon cœur lui répond. Sitàt que tu parois , les étoiles sans nombre Sentent pâlir leurs feux qui rayonnoient dans l'ombre. Maïs pourquoi si souvent un destin envieux Cache-t-il la moitié de ton front radieux ?
Même , quand ta beauté s'éclipse toute entière. Dis ; où vas-tu porter ta tremblante lumière? Reine du ciel, as-tu des palais , comme moi, Où la douleur te suit, et demeure avec toi ?
Quelque astre é tin celant, quelque étoile chérie, L'idole de ton cœur et ta plus douce amie , Se détachant du ciel et sillonnant les airs , S'est-elle ensevelie au sein des vastes mers ? Tes amis , dont les pas s'empressoient sur ta route f Sans doute sont tombés dç la céleste voûte , Sur ton visage, où règne une douce paîeur, Luna , je vois ta peine , et je lis ta douleur.
Mais
Mais quedis-je! ô destin ! j'y lis qu'un Jour, toi- môme
Comme eux , tu toucheras à ton heure suprême.
Tous ces astres , alors , qui ne paraissoient pas,
Et craignant tes regards , s'écartoient de tes pas ,
Eclateront d'orgueil , et leur joie insensée
Egalera leur peine et leur honte passée.
O Lune! dédaignant ce méprisable affront,
D'un éclat plus brillant orne aujourd'hui ion front.
Vents du nord, dissipes: la nuée orageuse.
Que la reine des nuits , dans sa marche pompeuse ,
Contemple sa beauté, voyant, de tontes parts,
Les plaines. et les monts sourire à ses regards ,
Et du vaste Océan les vagues écumantes .
Du feu de ses rayons rouler étincelantes.