‹ TragaldabasChapitre 10 sur 96 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Le galant par lequel une fille est priée

Lui démontre qu'il est sincère — en l'épousant.

La certitude est moins facile au cas présent,

Et tous les beaux discours que chez nous on déclame

Me laissent froide. On aime aisément une femme

Quand elle est mariée et qu'un solide hymen

Vous permet de lui tout demander, hors sa main!

Qu'est-ce qu'on risque? On est un passant; cela dure

Juste le temps qu'on veut. Ah! plus d'un qui me jure

Un amour sans limite et pour toujours fleuri

Est épris de mes yeux moins que de mon mari !

DON EL1SEO.

Je...

DONA CAPRIN A.

Don Eliseo, je suis parfois rieuse, Mais ce que je vous dis est chose sérieuse : Si vous avez jamais chance de m'adoucir, C'est lorsque je croirai que votre ardent désir Serait de me voir libre.

DON ELISEO.

En effet, c'est mon rêve,

Croyez-le

DONA CAPRIN A.

Sur parole?

DON ELISEO.

Ah ! qu'un malheur enlève Votre mari, soudain vous me verrez... — Mais tant

Qu'il est au monde, — il est toujours très-bien portant. N'est-ce pas? — quelle preuve ai-je que ma parole?

DONA CAPRINA.

Aucune! et c'est pourquoi votre poursuite est folle. Adieu.

DON ELISEO.

De grâce, un mot! et je vous convaincrai! Ma Gaprina! Par tout ce que j'ai de sacré, Je vous jure...

DONA CAPRINA.

Jurez aux maisons de la place.

Je sors d'un bal, voici le jour, et je suis lasse...

Ecoutez-moi

DON ELISEO, la. suivant.

DONA CAPRINA.

Seîior, ma porte est à deux pas, Et mon mari pourrait vous voir.

DON ELISEO.

Je ne veux pas Irriter contre vous le front de votre maître, Je reste, mais demain vous m'entendrez?

DONA CAPRINA.

Peut-être.

A moins d'un rendez-vous, baisé sur cette main, Je ne vous quitte pas !

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