‹ TragaldabasChapitre 16 sur 96 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Seulement, ta conduite Étant louche, on ne peut te permettre la fuite Qu'après le duc passé. Jusque-là, tu devras Nous tenir compagnie et nous offrir ton bras.

T R A G A L D A B A S , consentant.

Pour vivre!...

GRIF.

Et puis il faut une peine à ta faute. Nous sommes, ce seiïor et moi, — cela te saute Aux yeux, — d'humeur folâtre. En ce jour de gaîté, Tout à l'heure, en causant, nous avons projeté D'effarer brusquement toute la populace En tirant, quand le duc paraîtra sur la place, Un coup de pistolet. Ce sera, s'il te plaît, Toi qui le tireras.

Un coup de pistolet?

GRIF, bas à Minotoro.

Il donnera pour nous le signal de l'émeute.

Je serais en Afrique et j'aurais une meute

De tigres aux talons, que, j'en atteste Dieu,

Je ne tirerais pas un coup d'une arme à feu.

Les journaux ne sont pleins que d'accidents de chasse.

Toucher un pistolet !

,, GRIF.

Sans cela, pas de grâce.

Je tirerai; mais pas aujourd'hui...

Finissons !

Je vous demande un mois pour prendre des leçons.

MINOTORO.

Assez menti! Réponds d'un mot...

TRAGALDABAS, à part.

C'est lui le pire Des deux.

MINOTORO.

Conspires-tu?

Conspirer !

MINOTORO.

Je conspire.

Tu ne t'en doutais pas, tu le sais à présent. En es-tu? Tires-tu le coup?

En supposant Que j'eusse assez de chance, avec si peu d'usage.

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