SCÈNE V
TRAGALDABAS, MINOTORO.
MINOTORO.
En m'abîmant Dans mes réflexions touchant cette aventure, En mettant mon esprit longtemps à la torture, J'en suis arrivé presque à trouver singulier, Et même peu commun — qu'un jeune cavalier, Un garçon doux à l'œil et mis comme un ministre, S'expose pour sauver la vie au premier cuistre. Tu ne soupçonnes pas quel motif le poussait?
Nullement.
MINOTORO.
C'est assez particulier. Il sait Ton adresse. — Allons-nous manger une bouchée?
Regardant du cùté par lequel don Eliseo est parti.
Sa dame, que l'affaire avait effarouchée, Vient à sa rencontre.
TRAGALDABAS, regardant,
Ah!
Il reste stupéfait.
MINOTORO.
Le couple disparaît.
Remarquant l'immobilité de Tragaldabas.
Qu'as-tu donc à rester comme un chien en arrêt?
Une immense clarté se fait dans ma cervelle, Et je viens d'entrevoir une face nouvelle Du mariage. Fils, écoute-moi. Sais-tu Quelle victorieuse et splendide vertu Garantit à jamais l'existence d'un homme?
MINOTORO.
C'est?...
TBAGALDABAS.
C'est d'être cocu !
MINOTORO.
Comment !
Si l'on assomme Le mari d'une femme avec qui je suis bien, Libre de consacrer devant Dieu le lien Qui nous unit, il faut qu'à l'autel je la suive. Donc, avant tout, l'amant veut que le mari vive,