‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 113 sur 219 · R. 18] SPIRE · texte numérisé non relu

R. 18] SPIRE

sus du tympan Représente la Vierge, le Christ et saint Jean- Baptiste, saint Etienne et saint Bernard.

Sous le portique y appelé Kaiserhalle, on a placé, depuis 1858, dans huit niches en mosaïque d'or les statues des huit empereurs qui reposent dans la cathédrale : à g., Henri III, Henri IV, Henri V, Philippe de Souabe et Conrad II ; à dr., Rodolphe de Habsbourg , Adolphe de Nassau et Albert d'Autriche. Toutes ces statues ont été sculptées par Fernkorn , de Vienne , excepté celle de Conrad, qui est deDietrich.

Les bas-reliefs, par Pilz, représentent des scènes de la vie de Rodolphe de Habsbourg et la fondation de la cathédrale par Conrad II.

L'intérieur offre un aspect imposant. Douze piliers carrés séparent la haute et large nef des deux latéraux. Au milieu de la nef, on remarque à terre quatre petites roses de pierre qui indiquent la place où saint Bernard prêcha la croisade avec tant d'éloquence , en 1 1 46 , que l'empereur Conrad III se croisa immédiatement. Dix degrés conduisent au Kœnigsclwr (chœur du roi), sous lequel se trouve le caveau impérial où avaient été enterrés les huit empereurs d'Allemagne dont les statues sont placées à l'entrée de l'église.

Ces tombeaux avaient été ouverts, violés, pillés par les Français en 1689. L'empereur Charles IV fit rechercher les ossements de ses ancêtres; on en retrouva quelques-uns; mais on ne put découvrir à qui ils avaient appartenu. Deux monuments modernes ont été élevés à la place des monuments détruits : l'un (de SchwanthaJer) par le roi de Bavière (en 1843), à Rodolphe de Habsburg ; l'autre (d'Ohmacht) par le duc de

Nassau (en 1824), à Adolphe de Nassau.

Neuf degrés montent du Kœnigschor sous la coupole, haute de 48 mèt., où s'élève le maître -autel, construit à Munich par Viotti, sur les dessins de Bizklein (statues de Renn).

A dr. et à g. de l'entrée du chœur principal, on remarque deux anciennes sculptures en partie dorées, placées autrefois dans la crypte, et restaurées en 1853. Elles représentent chacune quatre des empereurs dont les sépultures se trouvaient dans le chœur du roi : celle de g., Conrad II , Henri III , Henri IV etHenri V; celle de dr. , Philippe de Souabe, Rodolphe de Habsbourg, Adolphe de Nassau et Albert d'Autriche.

Les fresques de Schraudolph , dont les esquisses en couleur et les cartons sont exposés au-dessus de la chapelle baptismale (côté S. du chœur) , représentent :

Dans la coupole : l'Agneau , Abel , Abraham, Melchisédech, la Manne, Josué, Jérémie, Ezéchiel, Daniel, saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, saint Jean.

Dans le chœur, <iu côté sud (voûte d'aréte) : sainte Catherine de Sienne, Elisabeth de Thuringe, Jean l'Êvangéliste, saint Paul l'Ermite. (L'autel), Lapidation de saint Etienne, (à g.) les Diacres, (à dr.) saint Etienne, (par derrière) Prière de saint Etienne.

Dans le chœur, du côté nord (l'autel):

la Vision de saint Bernard, l'Arrivée de saint Bernard à Spire, la Prière à l'autel : la Présentation de la bannière; (par derrière) Guérison d'un enfant, Départ du saint.

Dans le chœur du chapitre : Marie et saint Jean, la Mort de Marie, son Enterrement, son Assomption, son Couronnement.

Dans la nef, du côté nord : Adam et

Eve, la Promesse faite à Abraham, la

Vision de David , la Naissance de la Vierge, le Mariage de la Vierge, la Visitation, l'Adoration des mages, la Circoncision, Jésus trouvé dans le temple, la Mort de Joseph, Jésus parmi les docteurs, la Résurrection du Christ.

Coté du sud : le Sacrifice de Noé, le Buisson ardent, la Prophétie d'Isaïe, l'Offrande de Marie, la Salutation, la Nativité, la Prophétie de Siméon, la Fuite en Égypte, Jésus à Nazareth, les Noces de Cana, le Crucifiement, l'Assomption du Saint-Esprit'.

N. B. On voit mieux les fresques d'en haut, par les croisées des arca-

1. Lassus, de regrettable mémoire, a exprimé en ces termes, dans les Annales arché 'logiques publiées par M. Didron, l'impression que lui avait fait éprouver la restauration de la cathédrale de Spire :

« C'est certainement le plus complet travail de ce genre qui ait été exécuté depuis le moyen âge ; mais le résultat est-il satisfaisant? D'abord, la première impression est on ne peut plus désagréable : il n-gne , dans l'ensemble des murs et des piliers, une couleur locale d'un vert pistache fort peu harmonieux. Puis tous les sujets se trouvent régulièrement et sèchement encadrésdans des compartiments d'une régularité désespérante; c'est à croire que l'on voit une suite de tableaux accrochés à la muraille et encadrés dans leurs bordures. Très-souvent aussi les ornements sont véritablement hors d'échelle avec le monument; j'en citerai comme exemple les peintures des gros pilastres placés au milieu des pignons au transsept, et surtout les énormes enroulements de la première voûte du sanctuaire. Les compartiments du dôme accusent un besoin de symétrie et de répétition des fenêtres bien peu en harmonie avec les idées anciennes. Enfin, l'aspect général de cet ensemble de peintures murales est lourd, dur et triste à la fois. Maintenant, il est certain qu'il y a eu une grande somme de talent dépensée dans l'exécution de cette œuvre importante ; mais si nous devions juger toute l'école de Munich d'après les peintures de Spire, nous dirions nettement que cette école a complètement perdu le sens décoratif; bien plus, nous affirmerions qu'elle le repousse, pour se lancer à la poursuite du réalisme et de l'imitation matérielle. »

des extérieures. Un escalier de 103 marches monte à la galerie de la tour, et, de là, un autre de 45 marches à la paierie de la nef (pourboire, 30 kr.).

Sous la partie orientale de la cathédrale s'étend une crypte curieuse, soutenue par 20 piliers massifs et courts, derniers débris de l'église primitive et restaurée en 1857. On y voit d'anciens fonts baptismaux du ixe ou Xe s., un vieux tombeau de Rodolphe de Habsbourg avec sa statue couronnée (à en croit e la tradition, la téte aurait été sculptée d'après nature), et quelques traces des mines que les Français y avaient creusées en 1689 pour fairo sauter l'église.

De la galerie ouverte qui court au-dessous de la toiture, on découvre une belle vue sur la vallée du Rhin, les montagnes du duché de Hesse-Darmstadt , la Forêt-Noire et le Haardt.

Si l'on sort du Dom par le portail latéral S. , qui s'ouvre sur une place plantée de platanes (l'ancien cimetière a été transformé en jardins), on y trouve YOelberg (montagne des Oliviers). Cette masse de pierre, ornée de figures et de sculptures, date du xvi# s. Elle était autrefois placée dans une chapelle aujourd'hui détruite, dont l'intérieur représentait le jardin de Gethsémané et la captivité de Jésus-Christ. Elle a été détruite en partie par les Français en 1689.

Au delà de l'Oelberg s'élève, depuis 1858, dans un massif d'arbres (à dr.), le Domnapf, gigantesque coupe de pierre qui marquait jadis les limites de la juridiction de l'évêché et de la ville. Quand un nouvel évèque entrait à Spire, les bourgeois le conduisaient devant cette

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