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DE MANNHEIM ET DE HEIDELBERG A FRANCFORT ET A MAYENCE

A. A Francfort.

11 8/lo mil. — Chemin de fer du Mein et du Neckar 5 convois par jour. Trajet en 2 h. 15 min. et 3 h. lo min. environ, pour 3 fi. 33 kr, 2 fl. 21 kr , 1 fl. 33 kr.

N. B. En allant à Dannstadt, il faut avoir soin de se placer à dr. pour voir les montagnes.

Deux convois de chemin de fer, partis à la môme heure des stations de Mannheim et de Heidelberg, arrivent en 20 min. à

1 2/10 mil. Friedrichsfeld, où ils n'en forment qu'un. On traverse ensuite le Neckar sur un pont de grès rouge avant de s'arrêter à

Ladenburg, ch.-l. de c, V. de 2882 hab. dont 1603 cath., le Lupodunum des Romains, dont la vieille église de Saint-Gallus domine les murailles flanquées de tours.

Le 15 juin 1849, les insurgés badois y livrèrent un combat acharné aux troupes hessoises et mecklembourgeoises , commandées par le général de Witzleben. Les traces des balles et des boulets se voient sur les murs de la gare. Le chemin de fer , qui se rapproche des montagnes, laisse à dr. Grou-Sachsen, colonie fondée par Charlemagne. A l'E. , au-dessus de Schriessheim, on remarque les ruines du château de Strahlenburg, dominé par l'Oelberg.

3 3/10 mil. Weinheim (hôt. :

Vf.rlzer Hof; CarUberg), ch.-l. dp

c. , V. de 6130 hab.. dont 1 101 cath. , située sur la Weschnitz, à l'entrée d'une jolie vallée boisée , entourée de murailles et de tours qui témoignent de son ancienne importance.

La maison des Templiers et celle des chevaliers de Tordre Teutonique sert aujourd'hui d'hôtel de ville.

On y remarque aussi* une grande fabrique de cuir, un établissement hydrothérapique et l'institution Bender (pour jeunes gens). La ville est dominée par les ruines du château de Windeck, remarquable pour sa tour cylindrique. Ce château, qui existait déjà au xii' s., servit souvent au moyen âge de retraite aux moines de Lorsch. Rebâti de 1126 a 1 130, il fut détruit par les Français, en 1689. La montagne conique qu'il couronne s'élève à 204 met.

au-dessus de Weinheim. On y jouit d'une belle vue. Le climatde Weinheim est très-doux; aussi récoltet-on sur le Hubberg des vins estimés. Les environs offrent de jolies promenades dans la vallée de Birkenau, arrosée par la Weschnitz, et dans celle de Gorxheim, d'où descend le Grundelbach. On peut aller de Gorxheim à Birkenau par les croupes boisées du Wachenberg.

On laisse à dr. Sulzbach (600 hab.), et Ton remarque la maison de campagne à deux tours carrées de MM. Rothschild de Francfort, entre Weinheim et

Hemsbach, v. de 1592 hab., dont le vin passe pour l'un des meilleurs de la Bergstrasse. On sort du grandduché de Bade pour entrer dans la Hesse-Darmstadt.

4 7/10 mil. Heppenheim (hôt.

Zum Halben Mond , bonnes truites et bon vin), V.'de 4600 hab. En 773 Charlemagne donna à l'abbaye

[R. 19] WEINHEIM. — HEPPENHEIM. — AUERBACH. 211

de Lorsch sa villam Hephenlieim.

Une pierre scellée dans le mur de l'église, à g. près de l'entrée, porte la désignation de ses limites. Une des collines voisines est couronnée par les ruines de la Starkenburg, ancienne forteresse, au milieu de laquelle s'élève une tour carrée, bâtie en 1064 par l'abbé de Lorsch, Ulrich, et possédée ensuite par les archevêques de Mayence qui y conservèrent une garnison jusqu'à la guerre de Sept ans. Les Espagnols s'en emparèrent en 1621; les Suédois en 1631. Tuftenne l'assiéga deux fois en vain (1645, 1674). Elle donne son nom à une province delà Hesse.

De ses ruines bien entretenues (30 min.) on jouit d'une belle vue. C'est près de Heppenheim, dans le village-frontière d'Ober-Laudenbach, à 20 min. du chemin de fer, qu'eut lieu, le 30 mai 1849, le premier engagement entre les troupes hessoises et les insurgés badois. Un monument en granit désigne la place où fut assassiné le commissaire hessois Prinz pendant une assemblée populaire.

On laisse à g. , entre Heppenheim et Bensheim (1 h. des deux villes) Lorsch, sur la Weschnitz, bourg de 2800 hab. , où les antiquaires peuvent visiter les ruines de l'ancienne abbaye de ce nom (Loureshamense monasterium) , fondée sous Pépin le Bref par un comte de l'Oberrheingau , nommé Cancor , rebâtie plus tard et consacrée, le 2 septembre 794, en présence de Charlemagne, de la reine Hildegarde et de ses fils Charles et Pépin, incendiée en 1090, rebâtie depuis (il ne reste qu'un fragment de l'ancienne église), donnée en 1232 à l'archevêché de Mayence, souvent pillée et incendiée, et appar-

tenant depuis 1803 à la Hesse. Elle fut une des abbayes les plus riches de l'Allemagne. L'église actuelle date de 1724. Le duc Thassilo de Bavière, déposé par Charlemagne pour crime de haute trahison, y finit ses jours « monachus. »

5 3/10 mil. Bensheim (hôt.

Sonne), jolie V. de 5000 hab., dont l'église, de style byzantin, a été bâtie par Moller, en 1830.

Une inscription placée sur la porte de la ville rappelle la résistance victorieuse qu'elle opposa , en 1504, au landgrave Guillaume de Hesse et au duc de Brunswick , qui ne purent l'emporter d'assaut.

De Bensheim on peut aller, en 1 h., à pied à Auerbach par le Schœnbergerthal, le château de Schœnberg et l'Altarberg. C'est une agréable promenade.

A Worms, R. 24, 2 1/2 mil., 4 diligences tous les jours, en 2 h., pour 36 kr., par Lorsch et Bûrstadt.

Les montagnes, dont le chemin de fer et la Bergstrasse longent la base, sont Couvertes, tantôt de champs et de vignes, tantôt de prairies et de bois. Leur aspect varie continuellement. Elles s'élèvent et deviennent plus boisées aux environs de

5 7/10 mil. Auerbach (hôt.

Krone), charmant village de 1800 hab., situé dans une forêt d'arbres fruitiers, et dominé par les ruines du château qui porte son nom.

Charlemagne fut, dit-on, le fondateur de ce château qui appartint longtemps à l'abbaye de Lorsch, puis à l'évêché de Mayence. Turenne Ta détruit en 1674. Une de ses tours s'est écroulée en 1821.

Elle a été remplacée par une autre élevée en 1853. Une plaque de mé-

tal contient rénumération des combats auxquels ont participé les troupes hessoises de 1796 à 1815. Il faut 10 min. poùr faire l'ascension de cette colline (333 mèt.)} la vue égale au moins, si elle ne la surpasse, celle du Melibocus. Un chemin ombragé et facile à trouver sans guide conduit de là (45 min.) au Melibocus (F. ci-dessous).

L'église d'Auerbach est située près du cimetière , sur une hauteur d'où l'on découvre aussi une belle vue et d'où l'on peut se rendre par des chemins ombragés au château du grand-duc, appelé Fùrstenlagety et situé sur l'Altarberg. De cette montagne on descend au N. , près d'un petit temple, élevé, le 18 février 1824, parles princes Louis et Étoile, à la mémoire de leur mère; et de là à la bonne fontaine , source minérale peu fréquentée, ombragée de tilleuls et de platanes.

6 mil. Zwingenberg (hôt.

Lœwe), V. de 1450 hab., où descendent d'ordinaire les touristes qui désirent faire l'ascension recommandée du Melibocus. Elle est encore entourée de murailles flanquées de tours. L'église couronne une hauteur d'où l'on jouit d'une belle vue (15 mèt.). Au-dessus s'élevait l'ancien château actuellement en ruine.

Le Melibocus ou Malchen, la plus haute montagne qui domine la Bergstrasse (on nomme ainsi la route de terre de Darmstadt à Heidelberg), est un cône granitique boisé, haut de 543 mèt., et couronné d'une tour carrée, de 28 mèt.

d'élévation, que fit bâtir, en 1777, le landgrave Louis IX. L'ascension en est aussi facile qu'agréable, car elle ne demande pas une heure. Un guide coûte 24 kr. : mais on peut

s'en passer. En partant de l'hôtel du Lion, on gravit la colline, en suivant la route de voitures, dans la direction de PB. En 10 min. on atteint un sentier qui traverse un bois de sapins et ramène, en 25 min. . sur la route où des poteaux indiquent la direction à suivre. En général, on redescend par le château d'Auerbach à Auerbach, et cette excursion, séjour compris, demande trois heures. On peut aussi monter au Melibocus en voiture (voit, à 4 places 4 fl. , et 6 fl. si Ton va jusqu'au Felsbeifc, pour revenir par Reichenbach à Zwingenberg).

— Ar. B. Lorsqu'on veut monter au haut de la tour, il faut avoir soin d'en prendre la clef soit à Alsbach (chez Brœder) , soit à Zwingenberg (chez Heil); pour une société, de 24 à 30 kr., pour une seule personne, 9 kr. de gratification.

Du sommet du Melibocus, que sa forme singulière fait reconnaître de si loin, et surtout du haut de la tour, car les arbres gênent la vue, on découvre toute la plaine du Rhin, au milieu de laquelle on distingue Spire , Mannheim , Frankenihal , Worms, Mayence, Darmstadt, et que terminent les montagnes du Haardt et des Vosges. Au S. on aperçoit la forêt Noire, au N. et au N. 0. le Taunus et les montagnes du Rhin; le Donnersberg attire surtout les regards. A PB. s'étend la chaîne boisée de l'Odenwald; presque en face se dresse le Felsberg; plus au S. on remarque le Schriessheimerberg.

1 h. de marche suffit pour aller du Melibocus au Felsberg, dont le sommet, haut de 504 mèt., offre un panorama encore plus beau, plus varié, plus étendu, et près duquel on va visiter la curieuse co-

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