A SON GÉNÉRAL EN CHEF HOCHE
« La vie de Hoche , dit M. Thiers , fut l'une des plus belles et des plus intéressantes de la République.
Soldat aux gardes françaises, il avait fait son éducation en quelques mois. Au courage physique du soldat, il joignait un caractère énergique, une intelligence supérieure, une grande connaissance des hommes, l'entente des événements politiques, et enfin le mobile tout -puissant des passions. Une circonstance particulière ajoutait à
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l'intérêt qu'inspiraient toutes ses qualités : toujours il avait vu sa fortune interrompue par des accidents imprévus. .. Du reste, si un beau souvenir dédommage de la vie, il ne pouvait ôtre mieux dédommagé de perdre sitôt la sienne.
Des victoires, une grande pacification, l'universalité des talents, une probité sans tache, l'idée répandue chez tous les républicains qu'il aurait lutté seul contre le vainqueur de Rivoli et des Pyramides, que son ambition fût restée républicaine et eût été un obstacle invincible pour la grande ambition qui prétendait au trône, en un mot, des hauts faits, de nobles conjectures et vingt-neuf ans , voilà de quoi se compose sa mémoire.
Certes, elle est assez belle! Ne le plaignons pas d'être mort jeune ; il vaudra toujours mieux pour la gloire de Rléber, Hoche, Desaix, de n'être pas devenus des maréchaux. Ils ont eu l'honneur de
mourir citoyens et libres
Dr. Keuwied (hôt. : Anker , Wilder Mann), V. industrielle et commerçante de 7500 hab. environ, et de plus de 10000 en comptant le faubourg de Heddesdorf , ancien ch.-l. de la principauté du même nom, médiatisée en 1806 et qui appartient aujourd'hui à la Prusse.
Neuwied doit son origine au comte Frédéric, et ne date que de 1657.
En la fondant à la place du v. de Langendorf , détruit dans la guerre de Trente ans, il y appela des colons de toutes les religions, promettant à chacun d'eux une égale tolérance pour l'exercice de leur culte. Aujourd'hui encore Neuwied compte parmi sa population des catholiques, des protestants, des frères moraves, des juifs, des qua-
kers, des mennonites. etc., qui vivent en parfaite intelligence. La colonie des frères moraves se compose d'environ 400 membres. La fabrication des gants en peau de daim et des poêles de faïence forme leur principale industrie. On visitera avec intérêt leurs divers établissements. La coifTe blanche des sœurs attire de loin l'attention.
Les petites filles portent des rubans rouge foncé, les jeunes filles rouge clair, les femmes bleus et les veuves blancs.
Un bâtiment attenant au palais du prince de Neuwied, qui a vue sur le Rhin, renferme une curieuse collection d'antiquités romaines, trouvées aux environs, et surtout à l'endroit où s'élevait jadis la ville de Victoria, près de Heddesdorf et de Niederbiber, à 20 et à 30 min. de Neuwied. Cette ville romaine, occupée par des vétérans, dut être détruite au iv- s., car on n'y a pas découvert une seule pièce de monnaie postérieure au règne de Valentinien !•% qui mourut en 375. Les antiquités conservées dans la collection de Neuwied sont trèsvariées. Elles consistent en armes, casques, charrues, couteaux de sacrifice, serrures, clefs, ustensiles de ménage, outils, tuiles, monnaies, os de daims, de cochons, de chiens, écailles d'huîtres, etc.
Dans le parc, qui offre d'agréables ombrages, se trouve la faisanderie, où l'on a réuni les intéressâmes collections d'histoire naturelle que le prince Maximilien de Neuwied a recueillies en 1817 au Brésil, et, en 1836, dans l'Amérique du Nord.
(11 suffit, pour visiter les collections, de s'adresser au concierge; pourboire, 10 sgr.)
Neuwied est une ville indus-
trielle; elle possède une douzaine d'usines à vapeur, fonderies, fabriques de pâtes, etc.
On peut faire d'intéressantes promenades aux environs de Neuwied :
dans la vallée du Wiedbach, aux forges de Rasselstein, à l'ancienne abbaye de Rommersdorf (F. cidessus) , mais surtout à (2 h.) Monrepos , résidence d'été des princes de Neuwied, qui attire de loin les regards, sur une/colline boisée, au N. E. Pour s'y rendre, il faut traverser Heddesdorf, où Hoche battit les Autrichiens, puis Niederbiber et la vallée du Wiedbach, en laissant à dr. Altenwied.
Presque en face de Neuwied, la Nette se jette dans le Rhin (rive g.).
De Neuwied à Coblenz et à Lint, V.
ci-dessous; — à Dierdorf, S rail.; diligence tous les jours, en 3 h., pour 18 sgr. ; Dierdorf est à 3 3/4 mil. de Coblenz, R. 36
Au-dessous de Neuwied , on laisse à dr. lrlich, village de pêcheurs, bâti près de l'embouchure du Wiedbach. Un petit chemin de fer à traction de chevaux met les forges de Rasselstein en communication avec le Rhin. On passe ensuite (dr.) devant le Friedrichsstein , que domine l'église de Feldkirchen. Le Friedrichsstein est un château commencé au xvii" s. par un prince de Neuwied et resté inachevé. Les paysans, qui avaient été contraints à le construire par corvées, l'avaient appelé du nom odieux de Teufelshaus, ou maison du Diable. Un peu au delà, à dr., est le petit hameau de Fahr.
G. Andernach (hôt. : Lilie, llackenbruch, Kroth), V. de 3800 hab.
Fondée par les Romains, qui l'appelèrent Antenacum (Statio ante
iïacum, c'est-à-dire poste en avant de la Nette) , prise par les Germains en 355, reprise par Julien en 360, elle devint, sous la monarchie des Franks, une résidence des rois d'Austrasie, qui y possédèrent un château, puis, au moyen âge, une ville libre impériale. Elle eut ensuite pour maîtres les archevêques de Trêves et de Cologne. Prise par les Suédois en 1632 , par les Français en 1688, et annexée à la France sous l'Empire, elle appartient aujourd'hui à la Prusse. C'est dans la plaine voisine que Charles le Chauve fut vaincu par son neveu Louis le Jeune (876) , que les Franks battirent les Normands (850), qu'Othon le Grand défit le duc Eberhard (940), que l'archevêque Frédéric de Cologne mit en déroute , les troupes de Henri V (1114), et que Philippe de Souabe remporta une victoire signalée sur Oihon de Brunswick (1198).
La plupart des fortifications pittoresques d'Andernach datent de la fin du xvi« s. (1577, 1583) ; mais la tour vigie , qui s'élève à l'extrémité inférieure de la ville, près du Rhin, ronde à la base et octogone au sommet, date de 1520, et la tour grue y située plus bas, a été construite en 1554. La première conserve encore la brèche que les Français y firent en 1688.
La porte de Coblenz, toute criblée de trous de mitraille noircis par le temps, n'est point un ouvrage des Romains, puisqu'elle est ogivale. A côté, le château de basalte, construit eu 1109, par l'archevêque de Cologne, Frédéric I,r, détruit et reconstruit plusieurs fois, enfin ruiné par les Français en 1688, et dont les deux tours datent de la fin du xv# s., « n'est plus qu'une
[R. 38] MONREPOS.