‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 190 sur 219 · ION · texte numérisé non relu

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ont lieu, en hiver, au café Kobel, Schildergasse, tous les soirs à 7 h.; — Théâtre d'été, Victoria, au N. de la ville, à Mûlheim (5 à 8 h. de l'après-midi) , — Théâtre de marionnettes , Wehrgasse, i ; — Diorama : dans la Wolf- Gasse, au Marché-Neuf: représentations très-remarquables de paysages et de scènes historiques (château Stolzenfels, bataille de Kulm, etc.), avec un éclairage particulier que l'on change selon les effets que l'on désire produire ; l'entrée coûte 5 et 10 sgr.; le Diorama est ouvert tous les jours.

Parade et musique militaire, tous les jours, à il h. 1/2, au Marché-Neuf.

Bains. — Bains chauds, chez Siegen, dans la Schildergasse, 12 ; Willms, dans la Ursula Strasse; sur le Rhin, près du pont. — Bains froids (5 sgr.; dans le Rhin au-dessous de la Trankgasse, près du Bayenthurm, si c'est nécessaire, à Deutz. — École de natation, près de l'hôtel Bellevue (5 sgr.).

Gares. — Pour Mayence, Aix-la-Chapelle et les trains-poste de la ligne de Cologne-Minden, departdelagare centrale, près de la cathédrale; pour les trains ordinaires de Cologne-Minden et de Cologne-Giessen, départ delà gare de Deutz.

Situation et aspect général.

Cologne, en allemand Gœln, est située à 37 met. au-dessus de la mer, sur la rive g. du Ruin, en face de Deutz, son faubourg, avec lequel elle communique par un pont, de bateaux de 466 mètres de long.

Elle a la forme d'un arc tendu dont le Rhin fait la corde. On y comptait en 1858, 10 158 maisons, 30 églises, 108 680 hab. (94505 cath.) sans compter 4813 militaires, mais en y comprenant la population de Deutz. C'est une ville forte, de 2e classe, défendue par 11 forts et 2 enceintes, le chef-lieu de la province du Rhin, delà régence et des deux cercles de son nom, le siège d'un archevêché, le quartier général d'une division militaire, le siège

UORDS DU RUIiN.

d'une cour d'appel, d'un tribunal de lre instance, etc., etc.

Vue du Rhin ou de Deutz, Cologne offre un aspect animé et pittoresque. Ses murailles et ses tours du moyen âge, les clochers de ses églises, sa cathédrale inachevée, son pont majestueux, les beaux hôtels qui bordent le quai, son riche faubourg de Deutz, son île, sa petite flottille de bateaux à vapeur et de bateaux à voile, amarrés le long des rives du fleuve ou naviguant sur ses eaux rapides, forment des paysages aussi agréables que variés. Mais l'intérieur de la ville ne répond pas à son extérieur : c'est un amas confus, un labyrinthe malpropre de rues tortueuses, étroites, sombres, boueuses, pour la plupart encombrées de voitures et de passants, et qui, par l'agglomération irréfléchie et capricieuse de leurs maisons modernes, sans architecture et sans caractère, composent une des villes les plus mal bâties des bords du Rhin et môme de l'Allemagne entière.

Histoire.

Cologne doit son existence à unecolonie d'Ubiens, que Marcus Agrippa transporta, sous Tibère, de la rive droite du Rhin surla rive gauche, pour la défendre contre les Suèves, et qu il y fortifia dans un camp retranché. Agrippine, la fille de Germanicus, la femme de Claude, la mère de Néron, naquit dans ce camp , qui, ayant reçu une colonie de vétérans romains, échangea son nom de civitas Ubiorum contre celui de colonia Agrippina , d'où l'on fit plus tard Cologne. A peine fondée, cette colonie prit une grande importance. Elle devint la capitale de la Germania infe-

rior. Vitellius y fut proclamé empereur. Trajan y commandait, lorsque Nerva l'appela au partage du trône impérial. Sylvain y fut assassiné quelques jours après sa proclamation. Constantin le Grand y fit construire un pont détruit par les Normands, et dont on voit encore les piles quand les eaux sont basses. Les limites de la ville romaine (F. le plan) sont encore reconnaissables aujourd'hui. Du reste, les habitants de Cologne eux-mêmes n'ont jamais oublié .leur origine; jusqu'à l'époque de la Révolution française, les nobles se sont qualifiés de patriciens, les deux bourgmestres ont porté la toge consulaire et se sont fait accompagner par des licteurs, enfin sur les bannières de la ville, on pouvait lire cette inscription pompeuse : S. P. Q. C. (le sénat et le peuple de Cologne).

Au commencement du IVe siècle, les Franks prirent et ravagèrent Cologne. Julien l'Apostat la leur reprit, mais ils s'en emparèrent de nouveau et la gardèrent. Clovis, fils et successeur de Childéric, s'y fit couronner roi. A la suite du partage qui eut lieu entre les enfants de Clovis, elle resta une des principales villes du royaume d'Austrasie, dont Metz était la capitale.

Quand les fils de Louis le Débonnaire se partagèrent l'empire de Charleuiagne, elle fut comprise dans la Lotfiaringia , ou part de Lothaire (d'où est venu le mot Lorraine). Plus tard, elle dépendit de la Germanie. En 881 et 882, les Normands la ravagèrent. Enfin, Othon 1er, surnommé le Grand , l'ayant réunie à l'empire germanique, lui accorda de grands privilèges, et la mit sous la protection

de son frère Bruno, duc de Lorraine, archevêque et premier élec- :

teur de Cologne. Dès lors sa population s'accrut avec son importance.

L'empereur Frédéric Barberousse l'ayant menacée, l'archevêque Philippe de Heinsberg, qui l'avait du reste considérablement agrandie en la réunissant à ses faubourgs, l'entoura de murs et de fossés dans lesquels il fit passer un bras du Rhin. Mais ses fortifications actuelles, bien postérieures, datent des xn% xur», xiv et xv siècles.

En 1212, Cologne fut déclarée ville libre impériale. Elle était alors une des plus grandes, des plus populeuses, des plus riches villes du nord de l'Europe et de la ligue hanséatique. Elle pouvait mettre sur pied une arméede 30 000 combattants.

En 1259 , elle obtint un droit exor- , bitant, le droit d'étape ou d'entrepôt. Tousles bâtiments devaienty débarquer leurs marchandises qui ne pouvaient plus être transportées que sur des bateaux appartenant aux négociants de la ville. Ses marchands jouissaient de privilèges importants en Angleterre. Enfin elle avait des relations non moins actives avec le nord de l'Allemagne, la France, l'Espagne, le Portugal, et surtout avec l'Italie, qui lui transmit, outre son architecture et ses arts, quelques-unes de ses coutumes caractéristiques (le carnaval et les théâtres de marionnettes). On l'appelait la Rome du Nord et Cologne la Sainte. Aussi Pétrarque, qui la visita en 1333, écrivait à son ami le cardinal Colon n a : « Que cette ville est belle! quelle merveille de trouver une telle ville dans un pays barbare!

quelle dignité dans les hommes!

fR. 42] COLOGNE. — HISTOIRE. 363

que de grâce, que de tendresse dans les femmes f »

Elle avait atteint alors à l'apogée de sa puissance et de sa splendeur. Sa prospérité allait bientôt décliner. D'uue part, la découverte de l'Amérique donnait une direction nouvelle au commerce de l'Orient ; d'autre part, elle était sans cesse déchirée par des dissensions civiles. Ces luttes incessan tes avaient déjà eu les résultais les plus fâcheux, lorsque des mesures plus qu'imprudentes prises par les magistrats et le sénat, à l'instigation du clergé, vinrent hâter les progrès de sa décadence. En 1425 , le jour de la Saint-Barthélemy, tous les juifs furent exilés. En 1618 on expulsa les protestants.

Dans l'intervalle qui s'écoula entre ces deux proscriptions religieuses, une révolte ayant éclaté parmi les tisserands, les magistrats firent brûler dix-sept cents métiers. Les fabricants et les ouvriers, exaspérés par cet acte de vandalisme, émigrèrent à Aix-la-Chapelle, à Verviers, à Eupen, à Dûsseldorf, à Elberfeid, etc., ou les juifs les avaient précédés, où les protestants devaient les suivre. Enfin, pour achever la ruine de cette malheureuse ville, les Hollandais fermèrent, au xvi« siècle, la navigation du Rhin , affranchie seulement en 1837.

En 1794, lorsqu'elle tomba sous la domination française, Cologne était encore une ville libre impériale, mais sa population ne comptait plus que 40 000 hab. Grâce au régime qu'y avait établi le clergé, un tiers de cette population ne vivait que de mendicité. Il y avait à Cologne 12 000 mendiants, qui venaient chaque jour se ranger de-

vant les portes des églises et des chapitres où ils occupaient des places déterminées et dont leurs enfants héritaient. Le gouvernement français sécularisa les couvents, supprima un grand nombre d'églises , et prit en outre les mesures nécessaires pour réprimer ces déplorables abus.

La France conserva Cologne jusqu'en 1814. Pendant vingt années cette ville célèbre fut le chef-lieu d'un des arrondissements du département de la RoÔr, dont Aix-la-Chapelle était le chef-lieu, occupée militairement par les Russes en 1814, le traité de Paris la donna à la Prusse. Depuis, sa population, qui s'accroît constamment , n'a jamais oublié qu'elle doit demander au travail et non à la mendicité ses moyens d'existence. L'établissement de bateaux à vapeur sur le Rhin, l'ouverfure de la navigation du fleuve en 1837, la construction des nombreux chemins de fer qui viennent aboutir à Cologne ont imprimé, dans ces dernières années surtout, une grande activité à son commerce et à son industrie. Partout de nouveaux quartiers se fondent, des maisons s'élèvent ou se réparent.

Malheureusement, il est défendu de bâtir au dehors de la ville des maisons permanentes. Aussi étoufie-t-elle dans son enceinte.

Le résultat du moindre embellissement est une augmentation excessive des loyers.

Cologne est la patrie de saint Bruno.

Vélectorat de Cologne, un des États de l'empire d'Allemagne et l'un des trois électoiats ecclésiastiques, faisait partie du cercle du Bas-Rhin, et comprenait un grand i.ombre de provinces et de dowai-

nés qui appartiennent aujourd'hui à la Prusse. La ville qui lui donnait son nom était une ville libre enclavée dans le cercle de Westphalie.

Au xvi# siècle, Gebhard Truchsess de Waldburg, archevêque de Cologne, ayant embrassé la réforme, épousa la belle comtesse Agnès de Mansfeld, tout en conservant l'épiscopat. Il fut chassé par les Bavarois. Louis XIV s'empara un instant de Télectorat, que possédait alors l'archevêque Joseph-Clément, duc de Bavière. Le dernier électeur — l'électeur de Cologne portait le titre de grand électeur — Maximilien- François Xavier (le frère de Marie- Antoinette), mort en 1801, était aussi duc de Bavière. — L'électorat de Cologne a été supprimé en

L'école de Cologne a exercé une certaine influence sur l'art de la péinture en Allemagne. Elle fut le tronc commun d'où partirent deux grands rameaux qui, s'étendant à l'O. et à l'E. sur les deux bords du Rhin, brillent chacun d'une gloire particulière sous les noms d'école allemande et d'école flamande.

Monuments. — Curiosités.

Golleotlons.

A l'aide du plan ci-joint il sera facile aux étrangers de se tracer eux-mêmes leur itinéraire à travers le labyrinthe des rues sales et étroites de Cologne. On peut visiter avec intérêt, en partant dès hôtels du quai du Rhin : 1. le Gùrzenich; — 2. l'hôtel de ville ; — 3. la cathédrale ; — 4. le musée Wallraf ; — 5. l'église des Jésuites; — 6. l'église Sainte- Ursule ; — 7- Saint-Géréon ; — 8. la Tour romaine ; — 9. l'église des Apôtres; — io. l'église Saint-Paul; — il. l'église Sainte-Marie du Capitole; — ta. le Bayenthurm et le quai. C'est dans cet ordre, généralement suivi, que seront décrits ci-dessous les principaux monuments de Cologne.

Le quai de Cologne, défendu comme ceux de Mayence et de Coblenz par des murs qui ne sont pas partout pittoresques, offre une promenade encore moins agréable que ces derniers, car, il est en tout temps, principalement dans les environs du pont, obstrué de marchandises, de voitures, de brouettes, et d'une foule aussi active que malpropre. Du Bayenthor au Thùrmchenthor, il a 3800 pas. En le descendant, on voit d'abord le nouveau port de sûreté (Sicherheiishafen), construit en 1848 et séparant de la terre ferme l'ancienne île de Rheinau. Plus loin, au delà du Nagelsthor, du Holzthor et du Rheinthor, se trouvent les embarcadères des bateaux à vapeur. De l'autre côté du pont s'ouvre le pwrt libre {Frtihafen) , dont les magasinsentrepôts sont toujours encombrés de marchandises. Le plus beau de ces magasins a été construit eu 1838 dans le style du Gûrzenich.

Ses deux tours sont surmontées des statues d'Agrippa et de Marsilius.

Enfin, au delà de la porte fortifiée appelée Cunibertus-Cavalier, c'està-dire à l'extrémité septentrionale du quai , s'étend l'ancien port de sûreté, construit en 1810 par les Français.

Pourvoir le Rhin, il faut donc aller soit à Deutz , soit sur l'ancien pont de bateaux , soit sur le nouveau pont du chemin de fer plus en aval et qui est devenu une des curiosités de la ville (F. ci-dessous).

La rue Frédéric -Guillaume, qui s'ouvre en face du pont de bateaux , aboutit au marché au foin (Heumarkt), place sur laquelle se trouve un café, décoré du nom tie Bourse.

Un peu à l'O. s'élève le Gûrzenich ou Kaufhaus (douane), édifice

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