MONUMENTS
commencé en 1441 , achevé en 1474, agrandi et restauré en 1856, et ainsi appelé du nom de son premier propriétaire. Son architecture pittoresque le désigne de loin aux regards. La porte de TE. est surmontée des statues d'Agrippa et de Marsilius, regardés, Pun comme 1r fondateur, l'autre comme le protecteur de Cologne. Le rez-dechaussée sert d'entrepôt. La grande salle du premier étage a 58 mèt.
33 cent, de longueur, 23 mèt. 33 cent, de largeur et 8 mèt. de hauteur.
C'est là qu'au moyen âge la ville donnait des fêtes aux empereurs qui venaient la visiter. Frédéric III (1474), Maximilien I" (i486 et 1505), Charles-Quint (1520) y furent reçus avec une pompe fabuleuse. Actuellement elle sert tour à tour de salle d'exposition de tableaux, de salle de concert et de salle de bal pendant les fêtes du carnaval. On n'y remarque guère que ses deux belles cheminées.
L'hôtel de ville, qui vient d'être restauré, est situé entre le Gùrzenich et la cathédrale; c'est, dit M. V. Hugo, « un de ces ravissants édifices-arlequins faits de pièces de tous les temps et de morceaux de tous les styles qu'on rencontre dans les anciennes communes qui se sont elles-mêmes construites, lois, mœurs et coutumes, de la même manière.
Le mode de formation de ces édifices et de ces coutumes est curieux à étudier. Il y a eu agglomération plutôt que construction, croissance successive, agrandissement capricieux, empiétement sur les voisinages; rien n'a été fait d'après un plan régulier et tracé à l'avance; tout s'est produit au fur et à mesure , selon les besoins surgissants. »
Cet intéressant édifice, commencé
en 1250 et terminé en 1571 , est situé d'un côté sur le Stadthausplatz et de l'autre sur YAlte Markt. Il est orné au second étage (porche de la Renaissance) , d'une série de petits arcs de triomphe accostés comme des arcades et dédiés par des inscriptions du temps à César, à Auguste, à Agrippa, à Constantin, à Justinien, à Maximilien.
Parmi les bas-reliefs sculptés, on remarque un homme terrassant un lion. Cet homme se nommait Gryn; il était maire de Cologne. L'archevêque Engelbert III l'avait, pour se débarrasser de lui, exposé à ce danger, auquel il échappa par son courage. Les habitants, furieux de cette perfidie, s'en vengèrent en pendant à une porte appelée encore aujourd'hui Pfaffenthor ou la porte du prêtre, le premier prêtre qu'ils rencontrèrent. La grande salle intérieure de l'hôtel de ville, où se tenaient les séances de la ligue hanséatique, est ornée de neuf grandes statues de chevaliers.
A côté de l'hôtel de ville, se trouve la chapelle du Conseil, qui renfermait autrefois le Dombild (F. cidessous) . Avant l'ex pulsion des juifs , elle servait de synagogue. Une mosaïque romaine, découverte en creusant les fondations du nouvel hôpital, y a été déposée ainsi qu'une petite collection de vieux tableaux (visibles le dimanche, de 2 à 4 h.).
C'est dans sa belle tour, ornée de statues, et construite en 1407 , que siégeait autrefois le conseil municipal : ce conseil tient actuellement ses séances dans le bâtiment voisin, bâti en 1850. La bibliothèque Wallraf, léguée à la ville en 1824, était encore installée en 1860 dans cette tour, en attendant qu'on pût la transférer au nouveau musée.
Au N. de l'hôtel de ville et à peu de distance s'élève la principale curiosité de Cologne, le Dom ou la Cathédrale, dont l'histoire et la description pourraient remplir un volume.
Deux autres cathédrales ont précédé à Cologne la cathédrale actuelle : l'une construite par saint Materne, l'autre fondée en 784 par Hildebold , le premier archevêque de la ville , consacrée en 873 et incendiée en 1248. La même année, le 14 août, l'archevêque, Conrad de Hochsteden, posa la première pierre de l'édifice actuel, à une profondeur de 15 mèt. Déjà l'archevêque Engelbert, comte d'Altona et de Berg, assassiné en 1225. avait conçu le projet de construire une cathédrale sur une immense échelle.
Quel fut l'architecte qui traça le plan de cette construction, que six siècles n'ont pu achever? Malgré toutes les recherches faites pour le découvrir, on ne l'a jama;s su.
Les luttes, trop souvent sanglantes, qui éclatèrent aux xm* et xiv*s.
entre la ville et ses archevêques, ralentirent singulièrement les travaux. Cependant, le 27 septembre 1322, le chœur fut consacré par l'archevêque Henri H, comte de Birnenburg. En 1437, la tour méridionale s'élevait déjà à la hauteur où on la voit aujourd'hui. Mais les travaux, si souvent interrompus pendant deux siècles et demi, cessèrent complètement à partir de l'année
Longtemps oubliée et délaissée, la cathédrale de Cologne fut indignement mutilée au xvnT s. par les chanoines sans esprit et sans goût qui composaient son chapitre.
Une espèce de pavillon grec remplaça son bel autel; ses quatre an-
ges de bronze se transformèrent en candélabres rococo ; de lourds fauteuils remplacèrent ses belles stalles de pierre ciselée; on démolit son admirable chancel de pierre pour entourer le chœur d'une grille en fer; des vitres ordinaires furent substituées aux vitraux de couleur jugés trop obscurs; enfin on détruisit le tabernacle, qui était un chef -d'œuvre de sculpture, pour en jeter les débris dans le Rhin.
La Révolution française, qui fit un magasin à fourrages de la cathédrale de Cologne, y commit moins de dégâts que cet absurde chapitre dont elle l'avait du reste débarrassé à jamais, et dont tous les membres (60) étaient, à l'exception de huit, ducs, princes, ou au moins comtes de l'Empire, et devaient faire preuve de seize quartiers. Quand le traité de Lunéville eut annexé à la France la rive g.
du Rhin . la cathédrale de Cologne, réduite à l'état de simple église de paroisse, n'eut pour la desservir qu'un curé et deux vicaires. Du reste, les ravages du temps qui s'étaient joints à ceux des hommes, et qui, depuis des siècles, n'étaient plus réparés, commençaient à inspirer des craintes sérieuses pour la solidité des parties achevées. La toiture s'effondrait. Un moment il fut question de jeter bas ces débris qui menaçaient de s'écrouler.
40000 francs demandés à Napoléon pour les consolider avaient été refusés. L'évêque français d'Aix-la- Chapelle, Berthollet, félicita un jour les habitants de Cologne de la belle ruine gothique qu'ils possédaient, et leur donna le conseil de l'entourer d'une plantation de peupliers afin d'en rehausser l'effet.
M. Sulpice Boisserée , qui rêvait son